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jeudi, 29 novembre 2012

Les Gaspards - Tchernia, Serrault, Noiret, Denner, Galabru, Depardieu, Carmet, Chantal Goya, Annie Cordy

 

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Film : Les Gaspards (1974, durée 1h35)

Réalisateur : Pierre Tchernia

Musique : Gérard Calvi

Jean-Paul Rondin le libraire (Michel Serrault), Marie-Hélène sa fille (Chantal Goya), le facteur (Gérard Depardieu)

Le ministre (Charles Denner), son directeur de cabinet (Marie-Pierre de Gérando), le commissaire Lalatte (Michel Galabru), Ginette Lalatte son épouse (Annie Cordy), l'inspecteur Balzac son successeur (Gérard Hernandez)

Gaspard de Montfermeil (Philippe Noiret), Paul Bourru (Jean Carmet), Bougras (Jacques Legras), Helmut Von Strumundrang (Konrad von Bork)

 

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Un habitué de la librairie : Dites donc, ça avance les travaux, hein ?

Rondin : Oui.

L'habitué : Ils sont tout autour.

Rondin : Oui, si on veut. J'ai le sentiment d'être sur un petit rocher quand la mer monte. Asseyez-vous cher ami. J'ai trouvé des choses qui vont vous plaire.

L'habitué : Vraiment ?

Rondin : Regardez. Ce sont des photos du vieux Paris.

L'habitué : Oh, c'est extraordinaire. Ah mais oui, c'est la place de la Bourse. La rue du 4 septembre et le Théâtre du Vaudeville qui n'existe plus. Ils avaient déjà le parking. Ca, ah c'est l'Opéra.

 

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Rondin : L'Opéra vers 1900, à peu près. Ca c'est le percement de l'avenue de l'Opéra.

L'habitué : Très curieux.

 

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Rondin : Percement... ça correspond à la fin du second empire, 70.

L'habitué : Oui, c'est ça, c'est ça. Et ceci ? Ah c'est la place d'Italie ! Ca s'est beaucoup construit depuis !

 

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Marie-Hélène : C'est Paris, ça ?

L'habitué : C'était Paris.

Marie-Hélène : Je vais vous chercher une tasse de café.

L'habitué : Merci.

 

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Le facteur : Messieurs-Dames, bonjour, c'est le facteur !

Rondin : Bonjour facteur !

Le facteur : Monsieur Rondin !

Rondin : C'est lui.

Le facteur : Voilà... Votre livre, là...

Rondin : Oui.

Le facteur : Je vous en ai encore vendu deux.

Rondin : Vous en avez vendu deux ? Ca c'est gentil, alors, c'est formidable.

Le facteur : Ah benh j'suis content de vous aider, hein. Je vous en reprends encore deux, hein.

Rondin : Franchement, vous arrivez... vous arrivez à les vendre ?

Le facteur : Vous êtes écrivain, moi j'suis facteur, on est tous les deux des hommes de lettres !

 

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"Quand le bâtiment va, tout va", dit la sagesse populaire. Et pendant l'été, bulldozers et marteaux-piqueurs ne manquent pas à Paris. Aujourd'hui, sur l'un des grands chantiers de la capitale, le ministre des travaux publics a convoqué les journalistes pour les tenir au courant de son activité. Les efforts du ministre, chacun peut les constater dans les rues de Paris. Quant à ses projets futurs, il devait en révéler les grandes lignes cet après-midi, au ministère des travaux publics.

 

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Le ministre : Messieurs, dans vingt-cinq ans, c'est l'an 2000. L'avenir est pour demain, il faut aller de l'avant et j'irai.

Un journaliste : Monsieur le ministre, est-ce que vous rencontrez beaucoup d'obstacles ?

Le ministre : Des obstacles, pas seulement des obstacles, des menaces ! La lettre anonyme. Merci. Regardez ce torchon : "Tu déshonores Paris, arrête de creuser des trous sinon...!" Les grands travaux, ils appellent ça des trous. Mais moi, quand je suis en route, rien ne m'arrête. Voulez-vous me suivre, messieurs. Problème numéro 1, décongestionner Paris. C'est effroyablement simple. Il suffit de bétonner la surface de la Seine, tracer une ligne blanche au milieu et vous avez l'autoroute que la capitale mérite.

Un photographe : Une photo, monsieur le ministre.

Le ministre : Merci. Maintenant, venez voir ça. Je ne recherche pas QUE l'efficacité, je veux aussi marquer mon époque. Des deux côtés des tours de Notre-Dame, je bâtis deux tours de béton et d'acier. Le Moyen-Age et le vingtième siècle se tendent la main. Messieurs, je me résume. Le problème capital, c'est le problème de LA capitale. Donnez-moi les armes nécessaires et j'engage la bataille de Paris. J'enveloppe Belleville par l'aile gauche, je fais sauter le verrou de la Contre-Escarpe, je colmate les Batignolles, je fais charger les bulldozers par la percée de l'Hôtel de ville et je gagne la bataille de Paris, je la gagne !

 

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C'est avec ces images du ministre des travaux publics que prend fin notre dernier bulletin d'informations. Il me reste à vous souhaiter une bonne nuit.

 

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vendredi, 23 novembre 2012

La charge héroïque - John Ford, John Wayne

  

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Film : La charge héroïque / She wore a yellow ribbon (1950, durée 1h44)

Réalisateur : John Ford

Le capitaine Nathan Cutting Brittles (John Wayne), le lieutenant Flint Cohill (John Agar), le sergent Tyree (Ben Johnson), le sous-lieutenant Ross Pennell (Harry Carey Jr), le sergent Quincannon (Victor McLaglen), le docteur O'Laughlin (Arthur Shields), le sergent Hochbauer (Michael Dugan), Hench (Fred Graham), Mike Quayne (Tom Tyler)

Le major Mac Allshard (George O'Brien), Olivia Dandridge la nièce du major (Joanne Dru), Abby Allshard  la femme du major (Mildred Natwick), 

Le chef Red Shirt / chemise rouge (Noble Johnson), le chef Pony that Walks / poney qui marche (Chef John Big Tree)

Le narrateur (Irving Pichel)

Oscar pour la meilleure photographie d'un film en couleur.

 

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Voix off : Partout où le drapeau flotte sur un poste isolé de l'armée, il y a peut-être un homme, un capitaine, qui tiendra bientôt entre ses mains l'épée du destin.

 

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Quincannon : Bonjour, mon Capitaine ! Il est exactement cinq heures treize.

Brittles : Cinq heures douze.

Quincannon : Aujourd'hui il fait un très joli temps, aussi frais que l'enfer ! Et madame Janson--- a eu un bébé cette nuit. Le service de diligence d'ici à Sudwall--- est suspendu jusqu'à nouvel ordre. Un courrier est arrivé voici une heure du poste de Paradise River, mon capitaine. Le pauvre McKenzie a reçu une balle dans la tête.

Brittles : Un garçon ou une fille ?

Quincannon : Euh, c'est un futur cavalier.

Brittles : A partir de quand le service est-il interrompu ?

Quincannon : C'est, c'est fini depuis aujourd'hui, euh, terminé, euh, plus de diligence.

Brittles : Et McKenzie ? Est-il mort ?

Quincannon : Oui, mon capitaine.

Brittles : Ah, un très bon soldat McKenzie. Il serait devenu caporal dans cinq ou six ans. Tu t'es encore pochardé, tu sens l'alcool à vingt pas, ivrogne !

Quincannon : Mais, capitaine chéri, j'ai juré de ne boire que de l'eau après l'affaire des Capulti Peg--- !

Brittles : Et à Belron---, et à Gettysburg et à Shellow, et à la saint Patrick aussi !

Quincannon : Mais non, mon capitaine, je vous jure !

Brittles : Et le jour de ton anniversaire !

Quincannon : Ho-ho-ho, capitaine chéri, oh...

Brittles : J'aimerais savoir où tu caches ton whiskey. [...] Encore six jours. Six jours et je serai à la retraite. Eh bien...

Quincannon : Ce sera plus la même armée quand nous aurons pris notre retraite.

Brittles : L'armée est toujours la même. Le soleil et la lune changent, mais l'armée ne connaît aucune saison.

Quincannon : Nous sommes encore dans la force de l'âge et on nous met au rancart ! Ces gens-là abusent de l'argent que paient les bons et honnêtes citoyens !

Brittles : Toi, les seules taxes que tu paies, ce sont les taxes sur le whiskey !  

 

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Brittles : Votre rapport, sergent.

Le sergent : Touché d'une balle de fusil, il était mort à mon arrivée.

Brittles : Où ?

Le sergent : Près de la butte rouge. Les chevaux étaient claqués. L'argent a disparu, mon capitaine.

 

¤     ¤     ¤

 

Le commandant : Que pensez-vous de la blessure, docteur ?

Le docteur O'Laughlin : Je vous le dirai dans une heure, mon commandant. Qu'on le porte à l'infirmerie !

 

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Le sergent : Une flèche kiowa ?

Brittles : Non, ni une flèche Commanche, ni Arapahoes, à cause des bandes de couleur.

Tyree : Mon capitaine...

Brittles : Allez-y, sergent, parlez si vous en avez envie.

Tyree : Euh, j'ai déjà vu de ces flèches avec des bandes jaunes et rouges. Ce sont des flèches de Cheyennes du sud.

Brittles : Mais je sais que les Bannocks et les Snakes utilisent souvent ces couleurs.

Tyree : En effet, c'est exact. Mais regardez, on voit le signe du clan. C'est le signe du chien. Je suis sûr que cette flèche-là provient de l'arc d'un soldat chien des Cheyennes du sud.

Brittles : Mais, pour l'amour du ciel, qu'est-ce que vos Cheyennes viendraient faire dans cette région ?

Tyree : Cette question n'est pas de ma compétence.

Brittles : Alertez le poste, sergent.

Le sergent : Oui, mon commandant.

Brittles : Allez vous reposer, sergent Tyree.

Tyree : Merci, mon capitaine.

 

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Cohill : Vous alliez pique-niquer au bord de la mer ?

Pennell : Nous allions seulement auprès de la rivière mais je m'excuse...

Brittles : Evitez de vous excuser, c'est un signe de faiblesse. Monsieur Cohill, il n'y a aucune raison d'empêcher monsieur Pennell de sortir et de pique-niquer.

Cohill : Vos ordres seront exécutés.

Olivia : Merci, capitaine Brittles.

Brittles : Mais, mademoiselle, monsieur Cohill avait parfaitement raison de vous empêcher de quitter le poste car nous sommes en état d'alerte. Permettez-moi de vous raccompagner chez vous. Vous pouvez aller pique-niquer sur l'herbe, monsieur Pennell !

Cohill : Laissez-passer le lieutenant Pennell, sergent !

Le sergent : Laissez-passer le lieutenant Pennell !

Un autre soldat : Laissez-passer le lieutenant Pennell !

 

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Brittles : Voilà Mary, il ne reste plus que six jours à courir, et ton vieux Nathan quittera l'armée. Je n'ai rien décidé. Je ne sais où j'irai. Depuis des années, j'ai servi l'armée de toute mon âme, et maintenant je vais aller croupir dans quelque petite ville, à ne savoir que faire de mon temps. Non, je ne peux me faire à cette idée. Je vais peut-être me diriger vers l'ouest, vers les nouvelles colonies de Californie. Bien triste nouvelle aujourd'hui, Mary. Georges Custer, avec tous ses hommes, tués dans une embuscade. Miles Keogh, Mary, tu te rappelles bien, Miles ? Ce bel irlandais qui riait constamment. Celui qui valsait souvent avec toi. Oui, oui, je le sais, certains jours je t'ai fait des scènes de jalousie. Moi, je n'ai jamais bien su valser. Demain, à l'aube, je sortirai du poste avec la troupe. Il y a des Cheyennes aux alentours. Je rassemble au plus vite les patrouilles isolées, et je les ramène vers le nord. Probablement ma dernière mission, Mary. J'ai de la peine à le croire. J'ai de la peine à le croire.

 

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Olivia : J'espère ne pas être indiscrète, capitaine. Mais je vous ai vu venir ici, sur la tombe de votre femme. Alors, j'ai apporté ceci.

Brittles : Merci. C'est une pensée délicate, mademoiselle.

Olivia : Ce sont des cyclamens, c'est un mot grec qui signifie oreille de lapin, je crois.

Brittles : Ma femme les appelait flèches ardentes. Oui, toute sa vie, elle a aimé les fleurs.

Olivia : J'ai... capitaine, je suis vraiment confuse, je me suis couverte de ridicule ce matin.

Brittles : Ne soyez pas confuse, vous avez seulement tourné la tête à deux lieutenants. Mais il n'ya rien dans les règlements qui l'interdit.

Olivia : Vous n'êtes pas trop fâché ?

Brittles : Ah, laissons cela.

Olivia : Bien... bonsoir, capitaine.

Brittles : Bonsoir, mademoiselle Dandridge, et merci.

 

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Brittles : C'est une très gentille enfant. Quand je la vois, je pense à toi.

 

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Brittles : Alors, vieux camarade. Notre dernière patrouille, hein ?

Quincannon : La dernière d'une longue série, mon capitaine !

Brittles : Eh voilà, plus que cinq.

Quincannon : Trois, mon capitaine !

Brittles : J'ai dit plus que cinq.

Quincannon : Trois, mon capitaine !!

Brittles : Tu ne sais plus compter, Quincannon ! 

Quincannon : Je veux dire trois semaines avant que mois aussi je sois aussi à la retraite.

Brittles : Oh, les jours, les semaines, où est la différence ? Tu vas rester planté là toute la journée ?

Quincannon : Je prie de m'excuser, capitaine chéri...

Brittles : S'excuser est un signe de faiblesse ! Tu es prêt ?

Quincannon : Oui, mon capitaine !

 

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Brittles : Des selles d'amazone ?

Hochbauer : Oui, des selles d'amazone.

Brittles : Des selles d'amazone ? Mon commandant, qui est-ce qui a donné le damné... !

Allshard : Assez, assez, je sais, la voiture.

Brittles : Oui, la voiture, avec des vêtements de femme jusqu'en haut ! Je refuse d'encombrer une patrouille avec une voiture, en particulier cette patrouille ! 

Allshard : Nathan, je fais partir ma femme et ma nièce avec vous. Elles iront avec la troupe jusqu'à Sudowelles---. Là elles auront la diligence qui les conduira vers l'est et c'est un ordre, capitaine.

Brittles : Et moi je proteste contre cet ordre.

Allshard : Oh, je m'y attendais. Par écrit, sans doute.

Brittles : Oui et tout de suite.

Allshard : Nathan, je n'ai réfléchi qu'à cela toute la nuit. En aucun cas je ne peux les garder ici.  Il y a trop de risques à présent.

Brittles : Evidemment, pour les raisons suivantes.

Allshard : Du café ?

Brittles : Premièrement... Non. Oui. Nous savons qu'un parti d'Indiens Cheyennes du clan Chien fait une incursion sur ce territoire.

Allshard : J'ai l'impression que toutes les femmes sont...

Brittles : Un "R" ou deux à "territoire" ?

Allshard : Deux.

Brittles : Ah.

 

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Quincannon : Messieurs ! Je vous demande d'ouvrir bien grandes vos oreilles et d'écouter ce que je vais dire ! Il va y avoir des femmes qui suivront la troupe. Alors messieurs, tâchez voir à surveiller vos expressions !

Un soldat : Tâchez voir à pas abîmer la grammaire !

Quincannon : ... A qui est ce chien ? A qui est ce chien !? Joli chien... un setter irlandais, hu-hu huh ?

 

¤     ¤     ¤

 

Allshard : Pauvre Abby. Elle est furieuse, elle dit que tout le monde ici pensera qu'elle a peur. C'est aussi très embêtant pour moi, célibataire pendant tout un hiver.

Brittles : Et en conclusion, je me vois dans l'obligation de protester contre la décision de mon officier supérieur, qui désorganise la troupe en mêlant sa famille aux choses stratégiques...

Allshard : "Q", "U", "E", "S".

Brittles : ... à une heure critique. Signé : Nathan Brittles, et cæaetera.

Allshard : C'est très bien tourné, Nathan. Je vais le mettre dans mon tiroir.

Brittles : Hochbauer ?

Hochbauer : Mon commandant ?

Brittles : Vous avez dû hésiter longtemps, c'était une décision difficile à prendre, mais vous regretterez Abby.

Allshard : Je suis désolée d'avoir à vous encombrer de la sorte, mais entourez-vous de toutes les précautions.

Brittles : Mac !

Allshard : Vous avez raison, je n'aurais pas dû dire ça.

 

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Abby : Ca va, repos, Hochbauer ! Voilà ! Messieurs, je suis à vos ordres. Et qu'a dit ce bougon de capitaine quand il a su que la vieille dure à cuire partait avec lui ?

Allshard : Il a protesté avec énergie.

Brittles : Je l'ai fait par écrit, comme d'habitude. Ce sera avec grand plaisir que j'escorterai notre nationale Amélie ! Puisque c'est un ordre, il n'y a qu'à l'exécuter gentiment.

Allshard : Amélie, quel accoutrement ridicule ! Où avez-vous été dénicher ça ? C'est Quincannon qui vous l'a prêté ?

Abby : Oui !

 

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Olivia : Comment trouvez-vous mon uniforme ?

Cohill : Il est très joli. Et il vous va à ravir. Alors, félicitations, vous arborez le ruban jaune en l'honneur de Pennell.

Olivia : Que diriez-vous si c'était en votre honneur, monsieur ?

Cohill : Euh, j'en serais vraiment très flatté. Et extrêmement heureux. Oui, extrêmement heureux.

Brittles : Bonjour !

Olivia : Le soldat Dandridge est à vos ordres, capitaine !

Brittles : Ah, voilà un gentil petit troupier, très gentil ! Vous n'êtes pas ce cet avis, monsieur Cohill ?

Cohill : Oh si, tout à fait.

Brittles : Et qu'est-ce que je vois, mademoiselle, un ruban jaune ? Vous savez ce que ça signifie dans la cavalerie ? Un amoureux !

Olivia : Oui, vraiment ?

Brittles : Le nom de l'heureux élu ?

Olivia : Mais voyons, c'est vous, capitaine Brittles !

Brittles : Ha-ha-ha, c'est moi, ha-ha-ha ! Ces deux fougueux jeunes gens vont être jaloux !

Abby : Oh, bonjour Flint ! Ma chérie, tu es ravissante ! J'espère que John a vu ton joli ruban jaune.

 

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Pennell : J'ose croire que c'est pour moi que vous arborez ce ruban, Olivia.

Olivia : Voyons, ce n'est pour personne d'autre, John.

 

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Cohill : C'est romantique, mademoiselle. Les étendards flottent dans le vent, des hommes bronzés chantent à tue-tête, les chevaux caracolent,... on a les pieds en compote.

Olivia : Pourquoi est-ce qu'il faut que vous soyez si vulgaire, monsieur Cohill ?

Cohill : Dans la cavalerie, on n'a que faire du raffinement, mademoiselle.

Olivia : La cavalerie... Est-ce que vous ne trouvez pas ridicule d'être obligé de descendre de cheval toutes les heures. A ce compte-là, pourquoi ne pas être... dans l'infanterie ?

Cohill : Nous y serions rapidement si nous claquions nos montures. Vous n'avez qu'à aller dans le fourgon à l'arrière.

Olivia : Non merci. Pourquoi l'armée ne met-elle pas de ressorts à ses voitures ?

Cohill : Les soldats ont préféré avoir des rince-doigts, mademoiselle.

Olivia : Hinh, vous êtes un garçon très spirituel, monsieur Cohill. Avec votre permission, je vais aller un peu à l'arrière de la colonne. J'aime mieux avaler de la poussière avec monsieur Pennell.

Cohill : Je vous assure que vous lui avez assez jeté de poudre aux yeux. Pourquoi ne le laissez-vous pas tranquille ?

Brittles : Monsieur Cohill, relevez monsieur Pennell à l'arrière-garde !

Cohill : Oui, mon capitaine !

 

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Abby : Aaah l'armée... Moi, j'ai planté plus de vingt jardins dans les dix années qui ont suivi notre mariage, et jamais je ne suis restée assez longtemps pour récolter un légume ou une fleur.

 

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Brittles : Je ne sais pas qui vous a donné cette cervelle, sergent, mais c'est sûrement Dieu qui vous a fait cadeau de ces yeux-là. Ce sont des Arapahoes en effet. Et ils vont du même côté que nous. J'aimerais pourtant savoir pourquoi ils vont à SudoWells---. Sergent, vous avez une idée ?

Cohill : Ma mère n'a pas donné le jour à un fils pour jouer aux devinettes avec un capitaine.

Brittles : Bon, je le saurai bientôt. C'est un risque que je n'ose courir avec deux femmes.

 

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Brittles : C'est inquiétant, monsieur Cohill. C'est très inquiétant.

Cohill : Des Arapahoes sans doute.

Brittles : Nous allons les contourner, messieurs. En passant par l'est, nous approcherons de Sudo Wells- par Twin Forks.

Allshard : Mais ça va nous retarder d'une demi-journée, et ces dames vont manquer la diligence.

Brittles : Préféreriez-vous qu'il leur manque leurs cheveux, monsieur ? Allez en tête de la colonne, lieutenant Cohill.

Cohill : Oui, mon capitaine.

Allshard : Je m'excuse d'avoir dit...

Brittles : Oh, ça suffit !

 

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Pennell : Je vous relève, monsieur Cohill ! Je reprends l'arrière-garde.

Cohill : Je vous cède la place avec plaisir. Le vieux ne m'a pas dit un mot durant trois heures. "Mais ces dames vont manquer la diligence." Ho-ho, estimez-vous heureux si le vieux vous dit quoi que ce soit avant trois jours.

Pennell : Il n'aura pas d'autre occasion de le faire.

Cohill : Tiens ! Ainsi, le lieutenant Pennell veut toujours rentrer dans la vie civile.

Pennell : Sans aucune hésitation !

Cohill : J'aurai le regret de déchirer votre demande. Voyons, mon vieux, vous êtes dans le cas de tous les sous-lieutenants. Cette existence les décourage et ils ont le cafard de temps à autre.

Pennell : Moi, c'est différent. Je n'ai pas besoin de la solde que m'alloue notre gouvernement.

Cohill : C'est exact, vous êtes un gosse de riche. Je n'y songeais plus. Mais mademoiselle Olivia Dandridge le sait, aussi vous préfère-t-elle !

Pennell : Voulez-vous que nous réglions cette affaire à coups de poing, monsieur Cohill ? 

 

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Cohill : Pourquoi vous acharnez-vous à séduire John Pennell ? Sans vous, il ferait un excellent officier.

Olivia : Etes-vous chargé de veiller sur lui ou sur moi, monsieur Cohill ?

Cohill : Je vous dis ma façon de voir quand même. John est un enfant de riche, trop gâté, et l'armée est sa seule chance. Alors, puisque vous détestez l'armée, laissez-le en paix ! 

 

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Olivia : Tante Emilie, est-ce que vous êtes sûre ?

Abby : Oui, ce sont des buffles.

Quincannon : Ah, il y en a quelques milliers. Ca me rappelle l'époque où j'étais jeune. Hé-hé-hé, le whiskey ne valait que cinquante cents la bouteille ! Ha-ha-ha !

 

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- Je serais content de goûter la viande de ces bêtes-là.

- Moi aussi. J'aimerais en tâter.

- Mangez donc des haricots.  Croyez-moi, c'est plus prudent. Ah, vous allez voir les Indiens arriver à toute allure, et il y aura du vilain.

 

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Brittles : Quelle est votre idée, sergent ? Et ne me dites pas que vous n'êtes pas compétent.

Cohill : C'est-à-dire, mon capitaine, on ne me paie pas pour avoir des idées. En tout cas, voilà ce que je pense. Si j'avais autant d'ambition qu'un jeune peau rouge, et si j'étais très impatient de me faire valoir aux yeux des Cheyennes, je me planterais devant le feu de camp, le soir, et je leur parlerais. Je dirais que c'est moi qui, par mes sortilèges, ait fait venir les buffles ici. Je discourrais sur la puissance du grand manitou. Je crierais que les Indiens ont intérêt à s'unir, qu'ils ne doivent plus se quereller. Qu'ils doivent aider leurs frères Cheyennes, qui ont battu le général Custer, et infligé de grosses pertes aux soldats Yankees. Oui, c'est bien ce que je ferais. Oh, évidemment, je ne fais que deviner, mon capitaine.

Brittles : Oui, évidemment je devine aussi, sergent. Mais si j'étais agent officiel, comme l'est ce monsieur Rinders---, je m'adjoindrais un bon complice ou deux, pour faire de la contrebande d'armes. Je profiterais de cette magnifique occasion et je serais tout près du camps des têtes rouges, très décidé de leur offrir au plus haut prix mon stock de bons fusils.

 

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Quayne : Caporal Quayne, mon capitaine. Rapport de la patrouille de Paradise River. Les Arapahoes nous ont surpris au coucher du soleil !

McCarty: Avec Red Shirt à leur tête, mon capitaine ! Ce fils de chienne et ces sauvages nous tiré dessus !

Quayne : La ferme, McCarty !! Vous autres taisez-vous ! C'est moi qui fait ce rapport, oui ou non ? 

McCarty et les autres : Ca va, Mike, calme-toi, ça.

Quayne : Ils nous avaient encerclés mais, pendant la nuit, on s'est échappés. Après, on a été vous attendre au point indiqué. Vous n'y étiez pas à l'heure dite.

Brittles : Nous avons été un peu retardés, caporal. Mais continuez.

Quayne : De nouveau on a été attaqués, au lever du soleil. Et j'ai été touché.

Brittles : C'est un excellent rapport. Il sera dans votre dossier. Il vous aidera à passer sergent... dans deux ou trois ans.

Quayne : Merci, mon capitaine.

Brittles : Sonnez l'ambulance.

Quayne : Doucement.

Brittles : Bon travail. Bon travail McCarty, bon travail, mes amis ! On va vous donner du whiskey, Quayne. Après, ça ira !

 

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Le docteur O'Laughlin : Je vais tenter une opération très difficile. Il faudrait faire...

Brittles : Ah non, ce serait trop risqué.

O'Laughlin : Rien qu'une demi-heure, Nathan ! Vingt-cinq minutes et je suis certain de pouvoir le sauver.

Brittles : Docteur, arrêter la colonne serait une folie, je ne la commettrai en aucun cas. Quayne est un soldat, il doit courir les risques du soldat.

O'Laughlin : Il sait cela ! C'est moi qui le demande, Nathan.

Brittles : Je vais essayer de vous aider. Halte ! Pied à terre !

O'Laughlin : Je vous remercie.

 

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Abby : Avalez un grand coup.

Quayne : Après vous, madame, s'il vous plaît.

Abby : Ohhh, l'alcool, ça donne du courage. 

 

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Olivia : Je suis bien contente pour ce pauvre caporal Quayne.

Cohill : Pourquoi ? Ce n'est rien qu'un soldat quelconque, revêtu d'une sale vareuse bleue. Qu'il meure ou qu'il vive, quelle différence y'a-t-il ? Avez-vous dansé avec ce malheureux au fort ? L'avez-vous regardé ? Avez-vous dit quelque chose à cet homme ? Bien sûr que non, il n'a pas de galon d'officier, ce n'est pas un gentleman.

Olivia : Je commence à croire qu'on peut être officier sans être un gentleman.

Cohill : Vous êtes sûrement contente de la guérison de Quayne, mais seulement parce que ça vous donne un dénouement heureux à l'histoire que vous pourrez raconter entre le thé et les petits gâteaux. Eh bien, vous direz à vos amis que vous avez tout vu. Une charge contre les indiens, un soldat avec une flèche fichée dans les côtes...

Olivia : Monsieur Cohill !

Cohill : Votre villégiature ici aura été presque parfaite !

Un soldat : Oh-ho, madame Allshard a de gros ennuis là-bas, mademoiselle Dandridge, le chloroforme et le reste. Voudriez-vous aller l'aider ?

Olivia : J'y vais tout de suite, capitaine, j'en ai assez entendu.

 

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Brittles : Monsieur Cohill, est-ce que vous avez déjà reçu une paire de claques ou une fessée ? 

Cohill : Mais non, mon capitaine. C'est-à-dire oui, de mon père lorsque je faisais des bêtises.

Brittles : J'ai l'impression que je suis assez vieux pour être votre père, mon ami. Allez, au galop, maintenant !

 

 

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Cohill : A votre place, je n'irai pas plus loin. Nous sommes déjà assez éloignés du camp. Il y a probablement des Indiens autour de nous. Ils nous surveillent sans que nous les voyions.

On entend siffler.

Cohill : Ne croyez pas que c'est un oiseau. Venez, Olivia, retournons maintenant.

Olivia : Je reviendrai bien toute seule, merci.

Cohill : Olivia. Notre vieux capitaine dit qu'il ne faut jamais s'excuser, que c'est un signe de faiblesse. Mais j... je m'excuse... de ce que j'ai fait, et de tout ce que je vous ai dit jusqu'ici. Oh, chérie, je vous aime tant.

Pennell : C'est bon, Flint, finissons-en ! Enlevez-votre vareuse !

Cohill : Est-ce que vous êtes fou, Pennell ?

Pennell : Ce n'est pas parce que vous êtes mon supérieur que vous m'impressionnez. Vous êtes malade de jalousie !

Cohill : Veuillez reboutonner votre vareuse !

Olivia : John, je vous ne prie.

Pennell : Je vous interdis de faire la cour à la jeune fille que j'aime !

Cohill : Dans ce cas, monsieur, je suis à vos ordres. Réglons cette affaire tout de suite, je suis de votre avis.

Brittles : Mettez-vous en tenue, monsieur Pennell. J'avais meilleure opinion de vous. Il y a quatre ans que vous êtes ici, et vous agissez encore comme un cadet qui sort de l'école. Je voudrais savoir ce qui se passe, monsieur Cohill.

Cohill : Je regrette. Cette histoire ne regarde que nous, et je ne puis répondre.

Brittles : Monsieur Cohill, je suis extrêmement déçu de votre attitude. Il y a déjà neuf ans que vous êtes officier, vous avez l'expérience de la cavalerie. Et c'est à vous que je vais bientôt remettre le commandement de la troupe qui a été sous mes ordres. Est-ce que vous vous croyez capable d'être un chef, vous qui alliez vous battre à coups de poing comme un charretier ou un ivrogne avec un inférieur, alors que les tambours résonnent encore sur la tombe d'un homme a su se sacrifier. Le Seigneur protège la troupe quand je serai parti.

Pennell : C'est ma faute.

Brittles : Veuillez vous taire, monsieur Pennell !

Olivia : Capitaine, c'est un malentendu !

Brittles : Vous, je vous prie de regagner le camp ! Monsieur Cohill, veuillez dire aux hommes de faire de très grands feux ce soir. Je veux donner l'impression que nous nous installons pour quelques temps. Et nous partirons dans la nuit. Nous irons vers la rivière. Nous rentrons au poste.

Cohill : Je m'excuse, John.

Pennell : Je m'excuse, Flint.

 

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- Je viens de voir notre ami, monsieur Rinders---, non loin d'ici, en train de faire d'excellentes affaires.

Brittles : Monsieur Rinders---... j'en étais sûr. Avertissez monsieur Pennell à l'avant-garde. Suivez-moi. 

 

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Un Indien : *ù%§¤£µé"'_çè('-($$£^^$**§§ù !

Le traducteur de Rinders : Il dit que cinquante dollars, c'est beaucoup trop.

Rinders : Beaucoup trop ? Alors dites à ce fils de voleur de chevaux que je sais qu'il a volé l'argent de l'officier Peyer---. Dites-lui que je sais qu'il a tué le major Shilde---. Et que s'il ne donne pas cinquante dollars, il n'aura aucun fusil.

Le traducteur : *ù%§¤£µé"'_çè('-($$£^^$**§§ù !

 

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Abby : Il ne me dira certainement pas cela, Nathan, parce que le mot "adieu" est inconnu dans la cavalerie. Nous nous reverrons à votre prochain poste. 

Olivia : Moi aussi, je serais contente d'aller vous voir, capitaine.

 

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jeudi, 22 novembre 2012

Un été 1942 - Jennifer O'Neill

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Film : Un été 1942 (1971, durée 1h43)

Réalisateur : Robert Mulligan

Musique : Michel Legrand

D'après les mémoires de Herman Raucher

Dorothy (Jennifer O'Neill), Herbert (Gary Grimes), Oscar (Jerry Houser), Bernard (Oliver Conant), Aggie (Katherine Allentuck), Miriam (Christopher Norris), le droguiste-épicier (Lou Frizzell)

 

¤     ¤     ¤

 

Voix off : Quand j'avais quinze ans, ma famille est venue passer les vacances dans l'île. Il y avait beaucoup moins de maisons et beaucoup moins de gens que maintenant. Le caractère de ville et la singularité de la mer étaient beaucoup plus remarquables à cette époque-là. Pour qu'un garçon ne meurt pas d'ennui, il fallait que sa famille soir sure que d'autres familles du voisinage fourniraient à l'île son contingent d'enfants. 

Pendant l'été de quarante-deux, il y avait en plus de moi Oscar, mon meilleur ami, et Bernard, mon second meilleur ami. Nous nous étions donné le nom de "trio terrible"

Cette maison isolée était celle qu'elle habitait. Personne, depuis la première fois que je l'ai vue, ni rien de ce qui m'est arrivé ensuite, ne m'a donné une telle sensation de peur et de confusion. Aucun des êtres que j'ai connus n'a autant fait pour me rendre plus sûr de moi et plus incertain, plus persuadé de mon importance et de mon insignifiance.

 

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Bernard : Hé, hé Oscar, regarde, c'est encore cette femme.

Oscar : Oh, Herbert, tu vas pas encore recommencer à te mettre en transe, non ? Ah, j'te l'jure, je sais pas ce qui te prend avec elle. Tu ne t'es pas encore aperçu que c'était une vieille ? Je vois pas l'intérêt, moi.

Bernard : C'est pour son esprit ! Leurs esprits vont peut-être se rencontrer et se dire "salut !".

Oscar : Tu devrais aller lui dire bonjour à son esprit, Herbert ! Vas-y, va lui dire bonjour.

Herbert : Ca va, écrase.

Oscar : Allez, vas-y, si elle est l'amour de ta vie, il faut que tu ailles la saluer. Allez, dépêche-toi, on veut te voir lui dire bonjour. T'es peut-être un tombeur formidable ? On n'en sait rien après tout.

 

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Dorothy : J'ai reçu une lettre de douze pages aujourd'hui !

Herbert : Oh c'est chic ça.

Dorothy : Oui alors, c'est chic !

 

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Dorothy : Vous avez beaucoup d'amis dans l'île ? 

Herbert : Euh, deux.

Dorothy : Ah.

Herbert : Mais c'est des types... pas très mûrs, vous voyez ?

Dorothy : Et qu'est-ce que vous faites pendant les vacances ?

Herbert : Il y a évidemment le basket qui me plaît. Mais j'trouve que ça vaut quand même pas le baseball. Au moins, au baseball, on n'a pas les épaules tombantes à force de dribbler.

Dorothy : Non, c'est très juste. Vous aimez la musique ?

Herbert : Oui, oui, je suis très musicien.

Dorothy : Ah, vous jouez d'un instrument ?

Herbert : Oui, je chante. Moi j'trouve que la voix, c'est une sorte d'instrument.

Dorothy : Oui, moi aussi.

Herbert : Et puis on peut toujours siffler pour changer.

Dorothy : C'est évident.

 

¤     ¤     ¤

 

Oscar : Comment ça a marché ?

Herbert : Pas mal.

Oscar : Qu'est-ce que t'as fait ?

Herbert : Oh j'lui ai tenu un nichon.

Oscar : C'est pas vrai !

Herbert : Pendant près de onze minutes.

Oscar : Sans blague ! Formidable !

Herbert : Onze minutes pleines.

Oscar : T'as chronométré ?

Herbert : Ouais. Le plus que j'avais fait c'était huit minutes avec Lily Harrisson.

Oscar : Alors t'as battu ton record.

Herbert : De trois minutes.

Oscar : Quel effet ça te faisait ?

Herbert : Comment l'effet que ça faisait ? L'effet d'un nichon !

Oscar : Pas plutôt l'effet d'un bras ?

Herbert : Un bras ?

Oscar : Oui.

Herbert : Non, ça faisait l'effet d'un nichon.

Oscar : Et moi j'te parie que c'était comme un bras.

Herbert : Pourquoi ça aurait été comme un bras ?

Oscar : Parce que c'en était vraiment un.

Herbert : Non mais sans blague, t'es pas un peu cinglé ?

Oscar : C'que tu tenais, c'était son bras. J't'ai regardé, c'est justement pour ça que j'te dis ça. Tu lui a serré le bras pendant onze minutes, hé patate ! Alors ton record de huit minutes avec Lily Harrisson tient encore.

Herbert : T'es un menteur et un dégueulasse !

Oscar : Oh, j'te mentirais pas pour un bras, Herbert.

Herbert : C'était un bras ? Oh merde alors, dire que je m'excitais juste à cause d'un bras.

Oscar : Oui, mais c'était un très joli bras.

Herbert : T'es un beau salopard !

Oscar : Quoi ?

Herbert : Un beau salopard ! Pourquoi tu m'l'as dit ?

Oscar : Quoi ?

Herbert : Pourquoi tu m'as pas laissé croire que c'était un nichon ?

Oscar : Il fallait que tu saches la vérité. Il faut que tu t'instruises pour pas faire la même gourance une autre fois.

Herbert : T'as seulement voulu me gâcher mon souvenir, espèce de salopard.

Oscar : Oh, dis, moi j'en ai rien à foutre si tu passes toute ta vie en t'amusant à serrer des bras. Mais il faut que tu vois la réalité, surtout si tu chronomètres tes performances pour battre des records.

Herbert : Oh j'crois que t'as raison. Bon Dieu, je pourrai plus jamais la regarder en face.

Oscar : T'auras qu'à lui dire de mettre des manches longues.

Herbert : Un bras, c'est pas vrai !

Oscar : Un bras de onze minutes !

Herbert : Un bras ! Un bras !

Oscar : Lily Harrisson, ton record est toujours bon !

Herbert : Lily Harrisson ! 

 

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Dorothy : Mais qu'est-ce qu'il y a ? Vous vous sentez bien ?

Herbert : Euh oui.

Dorothy : Vos jambes tremblent.

Herbert : J'crois que l'escabeau est pas très solide.

Dorothy : Vous voulez que je vienne ?

Herbert : Vous pouvez me passer un autre paquet maintenant.

Dorothy : Voilà, c'est le dernier. Ca y est, vous pouvez descendre. Vous m'avez bien aidée. Ecoutez, cette fois, il faut que vous me laissiez vous donner un peu d'argent.

Herbert : Non-non, je veux pas d'argent, merci.

Dorothy : Oh, mais il faut accepter. Jamais je ne serais arrivée à monter ces boites au grenier à moi toute seule.

Herbert : Non, vraiment. Je vous aime bien.

Dorothy : Vous êtes très gentil, Herbert, je vous aime bien aussi.

Herbert : Je veux dire, il n'y a pas beaucoup de gens que j'aime.

 

¤     ¤     ¤

 

Oscar : Ah, j'aimerais les peloter toutes, les filles. Tu sais, j'aurais qu'à faire semblant de tomber dessus, et elles s'apercevraient de rien.

Herbert : Eh non, c'est pas comme ça qu'il faut faire.

Oscar : Non ? Alors comment il faut faire ?

Herbert : Faut leur dire des choses.

Oscar : Ouais, c'est ça, j'vais leur dire "Excusez-moi..."

Herbert : Tu sais très bien c'que j'veux dire. Tu peux pas accoster une fille et lui tomber dessus comme ça. Ca s'fait pas.

Oscar : Pourquoi ? Je l'ai fait à Gladys Potter.

Herbert : Ouais mais c'est une p'tite gosse de douze ans. Elle sait rien.

Oscar : C'est pas sûr. En tout cas, elle a pas rouspété.

Herbert : Elle a été surprise.

Oscar : Oui, moi aussi, y'avait rien à peloter. Hé Bernard, tu t'amènes, oui ? J'sais pas c'qu'on va faire de lui. Il n'a aucune émotion.

Herbert : Il est troublé, c'est de son âge.

Oscar : Oui. C'est comme moi. Je m'réveille au milieu de la nuit en ce moment. Toutes les nuits.

Herbert : Ouais, c'est normal. Moi aussi.

Oscar : Toi aussi ?

Herbert : Oui.

Oscar : Ben ouais, mais... je m'réveille comme un dingue. Et je pense à Vera Miller.

Herbert : Et alors ?

Oscar : Alors ? Je déteste Vera Miller. Tu crois que j'suis amoureux d'elle ?

Herbert : J'en sais rien, moi.

Oscar : Non, j'peux pas être amoureux d'elle, puisque j'la déteste.

Herbert : Quel genre de pensées tu as à propos d'elle ?

Oscar : Benh, j'ai oublié.

Herbert : Alors qu'est-ce que tu veux que j'fasse pour toi ?

Oscar : Personne te demande de faire quelque chose pour moi.

Bernard : De quoi vous parlez, tous les deux ?

Oscar : De choses que tu comprendrais pas.

Bernard : Oh, va te faire voir !

Oscar : C'est justement de ça qu'il est question, Bernard. Dis dons, si au lieu de m'envoyer aller m'faire voir, t'aller voir une fille, toi ?

Bernard : Ouais, d'accord.

Oscar : Haa, d'accord qu'il a dit ! Ca c'est quelque chose ! Tu saurais même pas pas où commencer.

Bernard : Si, j'saurais.

Oscar : Alors, par quoi tu commencerais ?

Bernard : Pas la peloter !

Oscar : Mais non, par l'embrasser.

Bernard : T'as pas embrassé Gladys Potter.

Oscar : Parce que j'avais pas le béguin pour elle. Quand on a le béguin pour une fille, on l'embrasse d'abord ! C'est pas vrai, Herbert ?

Herbert : C'est plus poli.

Bernard : En tout cas, c'est pas forcé.

Oscar : Mais si, c'est forcé, hé cloche !

Bernard : C'est pas vrai !

Oscar : Aah, qu'est-ce que t'en sais ?

Bernard : J'l'ai lu dans un bouquin.

 

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Bernard : Si ma mère savait que j'ai pris c'bouquin ! Il n'est pas à moi ! Il n'est pas non plus à ma mère ! Il appartient aux gens qui nous louent la maison. Si vous faites des taches, j'vous préviens, c'est vous qui trinquerez ! Ha, ma mère va s'apercevoir qu'il est plus là. C'est le plus gros livre de l'étagère. J'en ai fait tomber dix en le prenant !

Herbert : Dépêche-toi, quoi.

Oscar : J'peux pas lire aussi vite que toi.

Herbert : Allez, tourne !

Oscar : Tu crois que c'est vrai tout ce qu'ils disent là-dedans ?

Herbert : Oh oui, c'est un bouquin médical. Ils racontent pas d'histoires.

Oscar : Mais... mais comment ils prennent ces photos-là ?

Herbert : Ils doivent avoir des appareils spéciaux.

Oscar : Oh, penses-tu, aucun drugstore ne voudrait les développer ! Si on portait des trucs pareils au père Sanders, on s'ferait mettre en maison de correction.

Herbert : Oui, sans doute qu'ils les développent eux-mêmes. Oui, je pense que c'est comme ça qu'ils doivent faire.

Bernard : Laisse-moi voir.

Oscar : Oh, vas-t-en, Bernard ! Ca va te faire baver.

Bernard : Mais c'est à moi, c'bouquin !

Herbert : Oh tu peux le laisser voir, merde.

Oscar : Tiens, là ils le font !

Herbert : J'crois pas que ça soit ça.

Oscar : Benh si tu crois pas, c'est dommage pour toi parce que, quand ce sera ton tour de l'faire, il vaudra mieux que tu saches.

Bernard : Oh non, c'est pas comme ça. Mon père et ma mère font jamais ces trucs-là ! Jamais !

Oscar : Pourquoi ça ?

Bernard : Parce que c'est stupide.

Oscar : Oh écoute, je regrette beaucoup de te l'apprendre, mais c'est comme ça qu'on fait.

Bernard : Dites, vous avez intérêt à pas me charier, parce que ça pourrait être dangereux pour vos gueules.

Herbert : Oh écoute, Bernard, si tu regardes simplement les photos comme ça, bien sûr que ça a l'air bête. Mais quand deux personnes s'aiment, il paraît que ça peut vraiment faire plaisir.

Bernard : Oh, qu'est-ce que t'en sais ? Tu l'as jamais fait, alors tais-toi.

Herbert : C'est c'qui est marqué dans l'bouquin. En noir et blanc et en couleurs. C'est pour ça qu'on s'embrasse d'abord ! C'est la meilleure manière de faire connaissance. Une fois que les gens se connaissent, ils deviennent amoureux et une fois qu'ils sont amoureux, ils font l'amour.

Oscar : Pré-li-mi-naires, ça s'appelle "préliminaires" ! Euh, d'abord, tout le monde se déshabille, et après on fait les préliminaires. Ensuite, lui il fait ça. Et puis elle, elle fait ça ; lui, il fait, ça, et en moins de deux, ils sont en train de se grimper ! C'est tout ce qu'il y a de plus simple, tu avoueras ! Tu sais, moi aussi, avant de voir les photos, je croyais que c'était pas possible, ces choses-là. Mais c'est des photos prises d'après nature. C'est pas comme des dessins. Moi, j'en ai vu des dessins. Ca, c'est des vraies photos. 

 

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Herbert : Mais qu'est-ce que tu fous ?

Oscar : Eh bien je fais deux copies, une pour moi et une pour toi. Tu pourras l'avoir tout le temps sous la main pour l'étudier et la consulter.

Herbert : Mais à quoi ça va me servir ?

Oscar : Tu vas pas t'amener chez une fille avec un livre sous le bras, alors j'en fais un résumé point par point. Si tu suis exactement, ça marchera.

Herbert : Ecoute, j'suis bien embêté. J'crois que j'ai des sentiments profonds pour elle.

Oscar : Et alors ?

Herbert : Alors j'veux pas juste coucher avec elle. J'la respecte.

Oscar : Herbert, il y a une chose qu'il faut que tu comprennes. C'est très bien de respecter une fille, mais elle ne te respecte pas si tu n'essaies pas de coucher avec elle.

Herbert : J'crois pas à ça.

Oscar : Mais c'est vrai, c'est mon frangin qui m'la dit. Toutes les femmes sont comme ça. Elles veulent qu'on essaie, même si elles ne marchent pas. Parce que, même si elles ne te laissent pas faire, elles veulent que tu essaies.

Herbert : J'cois que je vois ce que tu veux dire, oui.

 

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Herbert : Vous allez bien ?

Dorothy : Très bien, merci, et vous ?

Herbert : Pas mal.

Dorothy : Bien. Quelle merveilleuse matinée ! Ca sera une belle journée, je crois.

Herbert : Ah oui, je crois aussi. Au fait, les boites qu'on a mises au grenier, tout va bien ?

Dorothy : Oui-oui, ça va très bien, elles sont toujours en place.

Herbert : Elles sont mieux là-haut.

Dorothy : Mmmmh.

Herbert : Oh je vous aurais invitée au ciné, mais c'est le même film. Vous voulez le revoir ?

Dorothy : Oh, non, non, merci.

Herbert : Au fond, j'vous comprends, quand on connaît la fin, ça perd tout son intérêt.

Dorothy : Oui. 

 

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Herbert : Vous n'avez pas chez vous d'autres objets lourds à déménager ?

Dorothy : Oh, non, je vois pas pour l'instant.

Herbert : Si vous vouliez quelque chose, faut pas vous gêner.

Dorothy : Entendu, j'y penserai, merci.

Herbert : Vous serez chez vous ce soir ?

Dorothy : Pardon ?

Herbert : Je pensais que je pourrais peut-être passer. Je dois justement aller par-là.

Dorothy : Alors vous n'aurez qu'à passer.

Herbert : Je suis pas tout à fait sûr de pouvoir, hein, alors comptez pas trop sur moi.

Dorothy : Bien. Oh, il commence à être tard, il faut que j'aille à la poste, je dois expédier des lettres.

Herbert : J'peux vous les porter si vous voulez.

Dorothy : Oh, non, non merci, c'est un peu compliqué, c'est pour l'étranger, merci quand même.

Herbert : Hé, dites, j'connais même pas votre nom.

Dorothy : Dorothy.

Herbert : J'ai eu une chatte qui s'appelait comme ça. Elle est passée sous un camion.

Dorothy : Au revoir.

 

¤     ¤     ¤

 

Herbert : Oh dis donc, c'est dingue !

Oscar : Quoi ?

Herbert : Le numéro III !

Oscar : Qu'est-ce que ça a de dingue ?

Herbert : Jamais j'ai entendu ce mot-là !

Oscar : C'est du latin. Les gars qui ont trouvé ça étaient des latins.

Herbert : J'sais même pas comment ça s'prononce !

Oscar : Ne le prononce pas, fais-le.

Herbert : Mais je sais même pas où ça se tient ! Et de quoi est-ce qu'ils parlent au numéro 4 ?

Oscar : C'est aussi du latin, tout est en latin, tu vois pas ?

Herbert : Ah oui, alors j'vais lui demander où se trouvent tous ces trucs-là ?

Oscar : Oh, ils sont tous à peu près au même endroit. Cherche t tu trouveras. Et puis d'ailleurs, elle sera là pour t'aider.

Herbert : Oh oui, j'espère, parce que je vais vachement avoir besoin d'aide.

Oscar : Le numéro VI, Herbert, c'est très important.

Herbert : Préliminaires ?

Oscar : Oui, c'est un mot qui revient à tout bout-de-champ.

Herbert : N'empêche que j'sais toujours pas quoi faire. J'vais pas lui dire "On fait un coup de préliminaires" ?

Oscar : Je t'ai déjà dit que tu n'avais pas besoin de parler.

Herbert : Tu crois ça ? Au numéro II, ils disent en toutes lettres qu'il faut converser.

Oscar : Oui, mais quand tu arrives au numéro VI, tu n'as plus besoin de rien dire, tu pousses des gémissements. Des gémissements, c'est tout.

Herbert : Mais elle croira que j'ai mal au cœur.

Oscar : Non, elle poussera aussi des gémissements.

Herbert : Ca risque de faire du chahut. Bon Dieu... Dis donc, Oscar, si je vais au bout des XII paragraphes, je vais lui faire un gosse ? J't'assure que j'tiens pas à avoir un gosse à mon âge ! Oh, j'aime mieux laisser tomber !

Oscar : Oh c'est pas croyable c'que tu peux être balo.

Herbert : J'suis peut-être balo, mais j'ai pas du tout envie d'être père. Deux maux ne font pas un bien.

Oscar : Prends des précautions. Mets une capote anglaise. T'as jamais entendu parler des capotes ?

Herbert : Si, bien sûr, j'sais c'que c'est.

Oscar : Alors ça va. Tu n'as qu'à en mettre une, c'est tout. Moi, j'ai déjà la mienne. Quand mon frère est parti à l'armée, il m'en a fait cadeau. J'la porte toujours sur moi depuis c'teps-là. Elle me sert de talisman.

Herbert : Combien tu m'la vendrais ?

Oscar : Elle me vient de mon frère. J'la vends pas, c'est un bijou de famille ! Tu n'as qu'à t'en acheter une autre. Y'en a au drugstore.

Herbert : Oh, j'peux pas risquer l'coup ! Puis il verrait bien que j'ai pas encore l'âge ! Et puis d'ailleurs, j't'apprendrais qu'il y a tout le temps des femmes dans le drugstore.

Oscar : Où et-ce que tu espères en trouver ? Dans un magasin de sport ?

Herbert : Enfin, si t'étais un vrai copain, tu me prêterais la tienne !

Oscar : Quoi ?

Herbert : J'te la rendrai !

Oscar : Oh-ho, Herbert, j'commence à croire sérieusement que tu dois être pédé !

Herbert : Tout va bien, j'te remercie.

Oscar : Non, non, j'veux dire que tu n'connais rien de rien. Une capote anglaise, ça ne sert qu'une fois. Seulement une fois et seulement pour une personne. On ne pet jamais la partager, même avec son meilleur ami.

Herbert : Oh... Y'a qu'à laisser choir, tant pis.

 

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Le droguiste : Qu'est-ce que vous cherchez ? J'pourrais peut-être vous aider à trouver.

Herbert : Oh,... je l'saurai en le voyant.

Le droguiste : Pourquoi ne me dites-vous pas ce que vous cherchez ?

Herbert : Oh,... j'vais vous l'dire. Je viens juste de me rappeler.

Le droguiste : Hein, oui ?

Herbert : J'voudrais une glace, à la fraise.

Le droguiste : Très bien, venez avec moi. Simple ou double ?

Herbert : Vous pouvez m'en donner une triple.

Le droguiste : Voilà, ça fait dix cents.

Herbert : J'aurais besoin d'autre chose, j'viens de me rappeler.

Le droguiste : Oui, qu'est-ce que c'est ?

Herbert : Un peu de chocolat.

Le droguiste : Bon, très bien. Du chocolat. Et voilà.

Herbert : J'vous remercie.

Le droguiste : Ca nous fera douze cents. Vous désirez autre chose ?

Herbert : Euh, oui, je regrette de vous déranger, mais je...

Le droguiste : Parlez, je vous écoute.

Herbert : J'peux avoir une serviette ?

Le droguiste : Oui, voilà. Et avec ça ?

Herbert : Est-ce que j'peux avoir des capotes ?

Le droguiste : Pardon ?

Herbert : J'ai entendu dire que vous en avez.

Le droguiste : Que j'ai quoi ?

Herbert : Oh, voyons, vous savez bien.

Le droguiste : Des préservatifs ?

Herbert : Oui ! Voilà.

Le droguiste : Et vous avez l'intention d'en acheter.

Herbert : Oui.

Le droguiste : Pourquoi faire ?

Herbert : Oh, j'pense que vous devez l'savoir.

Le droguiste : Très bien. Quelle marque ?

Herbert : Quelle marque ?

Le droguiste : Oui, quelle marque ? Quel modèle ?

Herbert : L'habituelle.

Le droguiste : Oh, vous savez, il y a plusieurs marques.

Herbert : Ne les étalez pas, c'est pas la peine !

Le droguiste : Alors, lequel voulez-vous ?

Herbert : Le paquet bleu.

Le droguiste : Et combien en voulez-vous ?

Herbert : Oh, trois douzaines ?

Le droguiste : Vous prévoyez une belle nuit !

Herbert : Oh, juste comme d'habitude.

Le droguiste : Ca nous fera douze dollars.

Herbert : Douze dollars !?

Le droguiste : Et pour le cornet de glace douze cents en plus.

Herbert : Ca ferait combien pour une douzaine ?

Le droguiste : Quatre dollars.

Herbert : J'en aurais combien pour un dollar ?

Le droguiste : Trois.

Herbert : J'en prendrai deux.

Le droguiste : Je regrette mais c'est en paquet de trois.

Herbert : Alors est-ce que vous pourriez me faire crédit pour la glace ?

Le droguiste : Ecoutez, mon garçon, on a bien le droit de s'amuser, mais quel âge avez-vous ?

Herbert : Seize ans.

Le droguiste : Quel âge ?

Herbert : A mon prochain anniversaire.

Le droguiste : Qu'est-ce que vous pensez faire avec ça ?

Herbert : Eh benh, c'est pour mon frère, mon frère aîné.

Le droguiste : Pourquoi est-ce qu'il ne vient pas les acheter lui-même ?

Herbert : Il est malade.

Le droguiste : Eh bien pourquoi en a-t-il besoin ?

Herbert : Pour quand il ira mieux. Il est dans les Rangers.

Le droguiste : Oh. Est-ce que vous savez quel usage on doit en faire ?

Herbert : ... Oh oui, on commence par les remplir d'eau et on les jette du haut d'une fenêtre.

Le droguiste : Très bien, je voulais seulement m'assurer que vous saviez comment on n'en servait.

Herbert : Bien sûr que je l'sais. Mon frère m'aurait jamais envoyé en acheter sans m'expliquer à quoi ça servait.

Le droguiste : Bon, alors ça fera un dollar tout compris, avec le cornet de glace.

Herbert : D'accord. Merci beaucoup.

 

¤     ¤     ¤

 

Oscar : On s'est disputés cet après-midi. Alors après, j'ai été chez elle pour lui dire que je regrettais. Elle avait l'appendicite, tu te rends compte !? Il a fallu la transporter d'urgence sur le continent. Oh, mais je regretterais qu'on lui coupe les nichons pour l'opérer !

Herbert : Oh, y'a pas d'raisons pour que l'entaille aille si loin.

Oscar : Elle me dit qu'elle veut plus de moi et après elle se paie une appendicite. Elle peut rien faire sans exagérer.

 

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Lettre de Dorothy : Cher Herbert, il faut que je reparte. Je suis sure que vous comprendrez, j'ai beaucoup de choses à faire. Je ne veux pas essayer d'expliquer ce qui s'est passé hier soir, parce que je suis sure que plus tard, dans votre souvenir, vous en trouverez la vraie raison. Je ne vous oublierai pas. J'espère que toutes les tragédies absurdes vous seront épargnées. Je vous souhaite tout le bien possible, Herbert. Rien que du bien. Toujours. Dorothée.

 

¤     ¤     ¤

 

Voix off de Herbert : Je ne devais jamais la revoir. Ni savoir ce qu'elle est devenue. En ce temps-là, les jeunes étaient différents. Nous n'étions pas comme ceux d'aujourd'hui. Il nous fallait plus longtemps pour comprendre ce que nous éprouvions. La vie est faite de changements, petits ou grands. Pour chaque chose qu'on acquiert, on en abandonne une autre. Pendant l'été quarante-deux, nous avons attaqué quatre fois le poste de garde-côte, nous avons vu cinq films et eu neuf jours de pluie. Bernard a cassé sa montre. Oscar a abandonné l'harmonica et d'une manière bien particulière, j'ai perdu Herbert, pour toujours.

 

> Pour écouter : lettre et voix off de fin.WMA

 

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> Et en musique, trois vidéos : http://fichtre.hautetfort.com/archive/2014/06/17/un-ete-42.html

 

mercredi, 21 novembre 2012

The Truman Show

  

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Film : The Truman Show (1998, durée 1h43)

Réalisateur : Pete Weir

Truman Burbank (Jim Carrey), Christof (Ed Harris), Meryl (Laura Linney), Marlon (Noah Emmerich), Lauren (Natasha McElhone), la mère de Truman (Holland Taylor), le père de Truman (Brian Delate), Truman jeune (Blair Slater), Lawrence (Peter Krause), Vivien (Heidi Schanz), Ron (Ron Taylor), Don (Don Taylor)

 

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Marlon : J'ai démarché un client potentiel à Wells Park. Il faudrait que tu ailles finaliser.

Truman : Wells... Wells Park ? Sur... l'île d'Harbor ?

Marlon : Oui, pourquoi ?

Truman : Je peux pas y aller, désolé, j'ai... rendez-vous, justement, dentiste, oui !

Marlon : Tu risques d'y laisser plus que tes dents si tu ne fais pas ton quota de clients. Truman, il paraît que dans un mois il y aura une réduction de personnel.

 

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Meryl : Regarde le beau cadeau que j'ai eu à la caisse ! Un couteau magique, triple fonction, pour râper, trancher, éplucher. Il va dans le lave-vaisselle, et il est affûté à vie.

Truman : Waou !! C'est épatant !

 

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Truman : Tu sais, Marlon, j'ai envie de partir.

Marlon : Ah oui, d'où ?

Truman : Du boulot, de Sea Heaven, de cette île, de tout ça.

Marlon : De ton boulot ? Pourquoi ? Tu as la chance d'avoir un emploi de bureau. C'est idéal comme boulot. J'aimerais bien bosser dans un bureau, moi. Tu veux réapprovisionner les distributeurs automatiques à ma place ?

Truman : Non merci.

Marlon : C'est passionnant.

Truman : T'as jamais eu envie de tailler la route ?

Marlon : Pour aller où ?

Truman : Aux Fidji.

Marlon : C'est où, les Fidji ? Au large de la Floride ?

Truman : Regarde. Nous on est là. Et à l'autre bout de la terre, les Fidjiiiii. C'est-à-dire que si tu vas plus loin tu reviens vers le point d'où tu es parti. Est-ce que tu te rends compte qu'il y a des îles dans les Fidji sur lesquelles aucun être humain n'a encore posé le pied ?

Marlon : Et alors ? Tu pars quand ? 

Truman : C'est là que ça se complique.

Marlon : Ah oui.

Truman : Il faut de l'argent et du temps. C'est ça le truc. Il suffit pas de vouloir.

Marlon : Ouais.

Truman : Mais je le ferai, t'inquiète pas pour ça. Le bonheur attend au coin de la rue.

 

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Meryl : Tu es trempé.

Truman : J'ai bien réfléchi. On dispose de huit cent dollars, là, tout de suite !

Meryl : A chaque fois que tu vois Marlon, tu rentres dans des états...

Truman : On peut bourlinguer pendant au moins un an avec ça !

Meryl : Mais qu'est-ce qu'on fera ensuite, Truman ? On se retrouvera au même point qu'il y a cinq ans. Tu parles comme un adolescent.

Truman : C'est possible, j'ai l'impression d'être un adolescent.

Meryl : Tu sais très bien qu'on a des remboursements en cours, on a une voiture à payer, on ne peut pas faire une croix sur les réalités financières, on a des obligations !

Truman : Je te parle d'aventure !

Meryl : Je pensais qu'on était décidés à faire un enfant. Ca ne te suffit pas comme aventure ?

Truman : Rien ne presse. J'ai envie d'aller voir ailleurs, de découvrir le monde, de l'explorer !

Meryl : Tu veux être explorateur, c'est ça ? Ca te passera. On a tous des lubies de temps en temps. Enlève ces vêtements tout trempés et viens te coucher.

 

Un téléspectateur : C'est énervant, on voit jamais rien. Ils tournent la caméra et ils balancent la musique.

 

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Truman : Lauren, c'est ça ? C'est sur... (indiquant son badge)

Lauren : Lauren, oui, c'est ça.

Truman : Truman Burbank.

Lauren : Je sais. Ecoute, j'ai pas le droit de t'adresser la parole.

Truman : Ah, bon, benh, je dois dire que je comprends, je suis assez dangereux comme garçon.

Lauren : Je suis désolée. Ca ne dépend pas de moi.

Truman : On t'a mise en garde ? T'as un copain peut-être, c'est ça ?

Lauren : Non.

Truman : Si.

Lauren : C'est pas ça.

Truman : Si, alors c'est à cause de Meryl, la folle avec qui j'étais en train de parler ? Mais on n'est pas... c'est pas ce que tu crois. C'est seulement une bonne copine.

Lauren : C'est autre chose.

Truman : Je suis pas ton genre. Je t'ennuie.

Lauren : Non.

Truman, lisant : "Comment cela va-t-il finir". C'est justement ce que j'aimerais savoir.

[...] 

Truman : On est à la veille des examens.

Lauren : Oui, je sais. Si on veut que ça se réalise, c'est maintenant ou jamais. Tu comprends ? Qu'est-ce que tu décides ?

 

¤     ¤     ¤

 

Lauren : On a très peu de temps. Ils arriveront d'ici quelques minutes.

Truman : Qui ça ?

Lauren : J'ai pas le droit de te parler, je te l'ai dit.

Truman : Alors ne dis rien.

 

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A la radio : ... Que ça ne vous empêche pas de boucler votre ceinture en écoutant votre émission préférée, et rappelez-vous qu'un bon conduc-cond-con-con-ccccc.... conducteur prudent-prud-prud-pru-pru-prudent... zzzzzz.... iiiiiiiii.... rrrrrrrr.... il roule vers l'ouest, sur le boulevard. Les figurants sont prêts ? Il sera sur vous d'ici une minute trente. Ne laissez rien traîner.

 

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Truman : Peut-être que je suis manipulé. Tu t'es déjà demandé, toi, si ta vie n'avait pas un but qui t'échappait ?

Marlon : Non.

Truman : Quand tu transportais des poulets pour Kayser, jusqu'où es-tu allé le plus loin d'ici ?

Marlon : Je suis allé partout. J'ai rien vu de mieux que cette île. Regarde ce coucher de soleil. C'est pas magnifique ?

Truman : Oui.

Marlon : C'est le grand manitou. Il a un sacré coup de pinceau.

Truman : Oui.

 

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L'agent de voyage : Que puis-je pour vous ?

Truman : Je voudrais un billet pour les îles Fidji.

L'agent de voyage : Vous voulez partir à quelle date ?

Truman : Ce soir.

L'ordinateur : bip... bip...

L'agent de voyage : Je suis désolée, il n'y a plus de place de libre d'ici un mois.

Truman : Un mois !??

L'agent de voyage : C'est la pleine saison. Je vous réserve une place ?

Truman : Tant pis. Je prendrai d'autres dispositions.

 

mardi, 20 novembre 2012

New York 1997 - John Carpenter, John Carpenter, Kurt Russel

 

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Film : New York 1997 / Escape from New York (1980, durée 1h45)

Réalisateur : John Carpenter

Musique : John Carpenter

Snake Plissken (Kurt Russell), Bob Hauk (Lee Van Cleef), Cabbie (Ernest Borgnine), le président des Etats-Unis (Donald Pleasence), Maggie (Adrienne Barbeau), le duc de New York (Isaac Hayes), Harold Helman dit "Brain" (Harry Dean Stanton), la fille blonde au Chock Full o'Nuts (Season Hubley) 

La narratrice (Jamie Lee Curtis)

 

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Snake : Qu'est-ce qui se passe là-dehors ?

La fille blonde : C'est les dingues. C'est la fin du mois, ils cherchent de la bouffe.

Snake : C'est ici que tu crèches ?

La fille blonde : Avec ces minables ? Hé, tu rigoles. Je vis avec les Turcs maintenant. J'étais coincée dans la rue après la tombée de la nuit, j'attends le matin.

Snake : Il y a 7 heures, y'a un avion qui s'est écrasé sur la huitième avenue. Tu as vu quelque chose ?

La fille blonde : Non.

Snake : Merde.

La fille blonde : Toi, t'es un flic ?

Snake : Non. Moi j'suis un con.

La fille blonde : Non mais attends un peu. J'te connais, je sais qui tu es. J'avais entendu dire que t'étais mort.

Snake : Je l'suis.

La fille blonde : T'es bien Snake Plissken, c'est pas vrai ? Qu'est-ce que tu fous ici avec un flingue, Snake ?

Snake : Je cherche un mec.

La fille blonde : Qui ?

Snake : Le Président.

La fille blonde : Ha, sans blague, le Président est ici ?

Snake : Oui, il paraît.

La fille blonde : Benh, si jamais tu l'trouves, tu vas l'ramener ?

Snake : M-hm.

La fille blonde : Emmène-moi avec toi, Snake.

Snake : Pourquoi ?

La fille blonde : J'peux trouver un tas de raisons si tu veux...

 

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Cabbie : Où tu vas comme ça ? C'est un quartier mal fréquenté, Snake. On marche pas à la quarante-deuxième rue la nuit. Ca fait trente ans que je conduis ce taxi et, crois-moi, c'est pas un quartier où on peut se balader pendant la nuit, ah-ho-ho, ah non ! Tu feras pas deux pas avant d'être descendu et dépouillé. Normalement je mets pas les pieds ici moi-même mais je voulais voir le spectacle. Tu sais que dans cette ville, ce truc-là ça vaut de l'or. Ha-ha-ha, hé Snake, depuis quand t'es là ? J'savais même pas qu'on t'avait épinglé. Ha-ha-ha, oooh, Snake Plissken, ça c'est pas vrai ! Ha-ha-ha, eh benh quand j'dirai ça à Eddy ! Hé, attention Snake. Hé, qu'est-ce que tu faisais dans la rue, Snake ?

Snake : Je cherche un mec.

Cabbie : Benh fallait t'adresser à moi. Oh j'connais tout l'monde dans cette sale ville. J'te l'ai dit, ça fait plus de trente ans que je m'ballade dans ce taxi et, crois-moi, rien ne m'échappe.

Snake : Justement, j'm'adresse à toi. Dis-moi où est le Président.

Cabbie : C'est le duc qui l'a pris. Tout le monde sait que c'est le duc qui a le Président. J'te l'aurais dit même sans le flingue hein, c'est pas un secret.

Snake : Qu'est-ce que c'est que ce duc ?

Cabbie : Le duc ? C'est le duc de New York. C'est le numéro 1, un homme important, le duc !

Snake : Alors dis-moi où je peux le rencontrer ce duc .

Cabbie : Celui-là, moins tu le vois et mieux ça vaut pour toi ! Y'a personne qui peut voir le duc. Tu le vois une fois, et c'est la dernière !

 

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Cabbie : T'inquiète pas, Snake, c'est mieux fréquenté par ici. Y'a plus rien à craindre.

Snake : Parle pour toi.

Cabbie : Ils ont une sacrée planque ici, une vraie forteresse.

Snake : Qui ça "ils" ?

 

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Maggie : Qui est là ?

Cabbie : C'est moi.

Maggie : Qui "moi" ?

Cabbie : Taxi !

Maggie : Qu'est-ce que tu veux ?

Cabbie : J'amène quelqu'un qui veut voir Brain, c'est très important.

Maggie : Fous l'camp.

Cabbie : Non-non-non, attends, c'est Snake ! Snake Plissken.

 

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Maggie : C'est toi Plissken ?

Cabbie : Il voudrait parler à Brain.

Maggie : Pourquoi ? 

 

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Snake : Est-ce que j'peux rencontrer le duc ?

 

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Snake : Qui c'est celle-là ?

Cabbie : C'est elle Maggie, la pute de Brain. Le duc lui a offert ça parce qu'il avait peur qu'il s'embête. Tu vois c'que j'veux dire ?

 

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Cabbie : Brain, Brain ! J'amène un pote qui veut te voir.

Snake : Harold Helman.

Brain : Snake ?

Maggie : Harold ?

Snake : Comment tu vas, Harold, depuis la dernière fois qu'on s'est vu ?

Maggie : Tu m'avais jamais dit que tu connaissais Snake Plissken ?

Cabbie : Eh benh en voilà une surprise. Dis-donc, Brain, tu peux m'filer un peu d'essence, je commence à en manquer.

Snake : Ca m'fait plaisir que t'aies pas oublié, Harold. Oui, c'est bien qu'un homme oublie pas son passé. Tu te rends compte, ça fait quatre ans que t'as filé, sans rien m'dire. Que tu m'as planté à Kansas City.

Brain : Tu n'avais qu'à pas être en retard.

Snake : On était potes avant, toi, moi, y'avait aussi c'pauvre Bob. Tu sais c'qu'ils lui ont fait ?

 

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Snake : Reste où tu es Maggie si tu veux pas que j'le descende et toi dis-moi où est le Président !

 

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- La bande, Plissken.

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- C'est fini.

- "Bip !"

 

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Le Président : Je vous remercie. Quoi que vous ayez à demander, je l'accepte.

Snake : Je ne vous demande qu'un instant.

- Dans trois minutes, Monsieur.

Le Président : Alors ?

Snake : Nous avons réussi à vous sauver, mais il y a eu plusieurs morts dans cette opération et je souhaite savoir ce qu'en pense le Président.

Le Président : Eh bien, je... Je suis reconnaissant de ce qu'ils ont fait. Toute la nation apprécie leur grand sacrifice. ... Ecoutez, je dois faire une allocution dans... il reste deux minutes, c'est ça ?

- Oui, Monsieur.

 

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Hauk : Alors, vous venez me tuer, Snake ?

Snake : Pas aujourd'hui, Hauk. Je suis fatigué.

Hauk : Allez prendre quelques heures de repos. Quand vous reviendrez, j'aurai une offre à vous soumettre. Une offre intéressante. Vous et moi, on fera une sacrée équipe, Snake.

Snake : Appelez-moi Plissken.

 

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Le Président : Bien que je n'assiste pas en personne à cette conférence historique, permettez-moi de... de vous faire entendre d'ici un important document. Je vous le soumets dans l'espoir que les nations libres pourront apprendre à vivre en paix.


 

document sonore pour la conférence historique dans l'espoir que les nations libres pourront apprendre à vivre en paix.WMA

 

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vendredi, 16 novembre 2012

Les Arcandiers - De La Brosse, Pinon (fin)

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Film : Les Arcandiers (1991, durée 1h35)

Réalisateur : Manuel Sánchez

Tonio (Simon de La Brosse), Bruno (Dominique Pinon), Hercule (Charles Schneider), Véronique (Géraldine Pailhas), "l'ingénieur" fan de Johnny (Yves Afonso), Lamotte (Rudy Moraes)

 

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Tonio, la bouche pleine de pomme : C'est quoi ton nom ?

Véronique : Véronique.

Bruno : Véronique ? Qui rit quand on la nique ?

Tonio : Fais pas gaffe, hein, il est pas cuit. Tu vas où ?

Véronique : A Nantes.

Tonio : Ouais, benh nous, on va au Brésil.

Bruno : Ouais, y'a un bateau qui nous attend, à Saint-Nazaire. T'aurais pas une cigarette ?

Tonio : Tu fumes des brunes ? Oh laaa, ça vaut de la thune, ça. (un briquet)

Véronique : Je l'ai trouvé avec les cigarettes.

Bruno : T'en trouves des trucs, toi.

Hercule : T'aurais pas une bière ?

Tonio : Hé ooooh, c'est pas un bar-tabac, hein.

Hercule : Qu'est-ce t'en sais, toi, elle aurait pu trouver une bière.

 

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Hercule : Moi j'vous dis qu'on n'arrivera jamais.

Tonio : Dans trois jours on y est, à Saint-Nazaire.

Bruno : Saint-Nazaire, mon cul. Saint-Nazaire.

Hercule : C'était qui saint Nazaire ?

Bruno : C'était un saint. C'était peut-être bien le saint des nazes. 

 

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Véronique : Ca vous dirait de faire l'amour avec moi ?

Bruno : Putain, j'suis pas bien réveillé.

Tonio : Tu peux répéter, là ?

Véronique : J'aimerais bien faire l'amour avec vous.

Hercule : C'est bien ce qu'elle a dit ?

Bruno : Ca fait plaisir à entendre.

Véronique : Ca vous gêne ?

Tonio : Non-non, c'est pas ça. C'est quand même pas courant de rencontrer une fille comme toi. Et ça t'arrive souvent de demander aux mecs ?

Véronique : Non, d'habitude non, mais vous, vous me plaisez.

Bruno : Dommage qu'on t'ait pas rencontrée plus tôt.

 

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Tonio : Ca fait du bien. Oh, la dernière fois que j'ai baisé, c'est y'a deux ans, sur le pont, à Fourchambault. Tiens, file-moi une taffe.

Hercule : J'la sens pas, cette gonzesse. J'suis sûr que c'est une pute.

Tonio : T'es pas pédé ?

Hercule : Pourquoi tu dis ça ?

Tonio : J'ai l'impression que t'aimes pas les femmes.

Hercule : Des nanas, j'en ai baisé plus que tu crois, hein.

Tonio : C'est marrant, j'les ai jamais vues.

Hercule : C'est parce que j'suis discret.

Tonio : Très discret.

Hercule : Benh ouais.

Tonio : C'est c'que j'dis, t'es discret.

Hercule : J'sais pas, j'ai l'impression que tu t'fous d'ma gueule, là. J'aime pô ça.

Bruno : J'y arrive pas, elle rigole tout l'temps. Elle dit que j'ai une tête qui la fait marrer. T'y vas, toi ?

Hercule : Rends-moi ma clope.

Bruno : J'comprends pas pourquoi j'la fais rire.

Tonio : Parce que tu lui plais.

Bruno : Ouais, benh, c'est pas toujours ceux qui les font rire qui les baisent.

Tonio : Bon, benh on va pas coucher là.

Hercule : On déjeune toujours pas ce matin ?

Tonio : Ah ouais, t'as des thunes ?

Hercule : On peut quand même s'arrêter dans une ferme acheter des œufs.

 

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Véronique : Ca vous dirait d'aller au restaurant ? J'pourrais faire la pute sur le bord de la route.

Tonio : Hé, on n'est pas des maquereaux, hein. 

 

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L'automobiliste : Bonjour !

Véronique : Bonjour, c'est deux cent francs.

L'automobiliste : Oui, on fait ça où ?

Véronique : Là-bas. 

L'automobiliste : On peut pas faire ça dans ma voiture ?

Véronique : C'est mieux dans la cabane.

L'automobiliste : Oui, oui-oui, je vous rejoins.

Véronique : Ca vous plaît pas ?

L'automobiliste : Si, si-si, si-si, je vous rejoins. 

 

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Bruno : Qu'est-ce qu'elle est bonne, la paëlla.

Hercule : On mange quoi au Brésil ?

Tonio : Beaucoup de riz.

Bruno : Je crois que tu confonds avec les Chinois.

Véronique : Comment vous auriez fait si vous m'aviez pas rencontrée ?

Tonio : T'sais, nous, on s'est toujours débrouillés tous seuls dans la vie, hein. 

Bruno : On aurait peut-être mieux fait d'être aidés.

Véronique : Vous avez des passeports pour partir ?

Tonio : On voyage en clandestins.

Véronique : J'pourrais partir avec vous au Brésil ?

Tonio : J'croyais que t'allais à Nantes.

Véronique : Benh j'ai changé d'idée.

 

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Hercule : Ca veut dire quoi ornithologue ?

Tonio : Un psychiatre, un machin comme ça.

Bruno : Mais non, ornithologue, c'est un toubib pour la gorge.

Tonio : Qu'est-ce t'en sais ? Un mec qu'a du fric, en tout cas.

[...]

Véronique : J'espère que vous l'avez pas tué.

Hercule : J'ai pas tapé fort.

Bruno : Le problème avec toi, Hercule, c'est que tu sens pas ta force.

Hercule : On tue pas un mec comme ça. 

 

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Véronique : J'aime bien comme tu m'as appelée cette nuit.

Tonio : Ah bon ? Qu'est-ce que j't'ai raconté encore comme conneries ?

Véronique : Tu te rappelles pas ? Ma p'tite fauvette.

Tonio : T'as dû rêver.

Véronique : J'rêve jamais.

Tonio : T'entends des voix alors.

Véronique : Regarde là-haut. Tu sais qu'on raconte que si on fouillait au pied de l'arc-en-ciel, on trouverait un trésor ?

Tonio : Si on devait pas repartir, j'irais bien vérifier si c'est pas des conneries.

Véronique : Regarde-moi ? J'aime bien la couleur de tes yeux.

Tonio : Arrête de raconter des conneries un peu. Laisse-moi bosser.

Véronique : T'es toujours comme ça avec les filles ?

Tonio : Laisse-moi bosser, j'te dis.

Véronique : Bon, benh écoute, moi j'vais me recoucher si tu veux me rejoindre.

Tonio : Tu penses qu'à ça ?

Véronique : Moi j'ai tout l'temps envie d'faire l'amour. 

 

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Bruno : J'sais pas c'qu'elle y trouve, à Tonio, on n'est pas plus cons que lui. Remarque, avec les femmes, faut pas chercher à comprendre.

Hercule : Quand même, on peut s'poser des questions ? Surtout avec celle-là.

 

¤     ¤     ¤

 

Véronique : Quand est-ce qu'on repart ?

Tonio : Bientôt.

Véronique : Ce serait bien si on sortait un peu le soir au lieu de rester tout l'temps enfermés ici, non ? 

 

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Bruno :  Ca fait quand même du bien de revenir à la civilisation.

Le patron : Alors, ce Noël, joyeux ? Qu'est-ce que je vous sers ?

Tonio : Y'a une sacrée ambiance chez vous.

Le patron : Ils vont arriver.

Le DJ, au micro : On va s'amuser, on va faire la fête. Comme promis, la direction est d'accord, go, c'est parti !

[....]

Véronique : Vous dansez pas ?

Bruno : On sait pas.

Véronique : Pas besoin de savoir. 

Bruno : J'ai souvent remarqué que les femmes préfèrent les cons. Qu'est-ce t'en penses, Hercule ?

Hercule : Ca dépend des femmes. 

 

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L'homme de la boite de nuit : Ils te font pas danser, tes copains ?

Véronique : C'est pas mes copains, c'est mes frères.

L'homme : Vous vous ressemblez pas. Remarque, avec mes frangins, c'est pareil.  J'peux t'offrir un verre, ils diront rien ?

Véronique : Ils aiment pas trop qu'on me tourne autour.

L'homme : Si j'avais une sœur comme toi, j'aimerais pas trop non plus, hein.

 

¤     ¤     ¤

 

L'homme : Alors comme ça, c'est votre frengine ?

Bruno, en désignant Tonio : C'est surtout la sienne. Nous, on serait plutôt ses demi-frères.

 

¤     ¤     ¤

 

L'homme : Hé, dites donc, j'peux pas laisser monter votre sœur là-dedans, hein. Elle a transpiré toute la nuit et j'ai pas envie d'avoir une morte sur la conscience le jour de Noël, hein. Tu montes avec moi, toi.

Tonio : Non-non-non, elle reste avec nous, elle.

L'homme : Mais t'inquiète pas, j'vais pas te la voler, ta frengine.

Véronique : Fais pas cette tête.

Tonio : Moi, j'm'en fous, tu fais c'que tu veux, hein.

Bruno : T'es jaloux, toi, maintenant ?

Tonio : J'suis jaloux, moi ?

 

¤      ¤       ¤

 

Véronique : J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Il est pas mort, l'ornithologue. 

Bruno : Comment tu sais ? 

Véronique : Le type de la boite, c'était un policier. Il m'a raconté qu'ils avaient découvert un type assommé dans une cabane de chantier.

Hercule : J'vous avais dit, les mecs, j'avais pas tapé fort.

Tonio : Et toi, t'étais où, toi ? Toi on te cherche partout.

Véronique : On s'est baladés, on a... on a roulé toute la nuit.

Bruno : Il a pas tellement une tête à se balader avec les jeunes filles, ce mec-là. 

Tonio : Qu'est-ce tu veux dire par là, toi ?

Bruno : Rien. Les flics, en général, c'est pas très romantique.

Véronique : Bon, benh j'vais m'coucher.

Bruno : Bon, on part quand au Brésil ?

Tonio : Behn on part demain. 

 

¤     ¤     ¤ 

 

Tonio : Il nous ramène des timbres, lui ! Passe-moi le flingue et mets-toi au volant !

 

¤     ¤     ¤ 

 

Un policier : Arrêtez le moteur, descendez du véhicule. On vient de me signaler le vol de la voiture.

Hercule : Vous m'emmenez où ?

Un policier : A votre avis !

 

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L'ingénieur : Douze mètres carrés, j'ai mesuré. Tu prends le pajot, là, à côté. Tu mettras les patins, hein ? J'tiens pas à ce que tu dégueulasses ma piaule. T'es tombé pourquoi ?

Hercule : J'ai volé une voiture. Et toi ?

L'ingénieur : Moi, j'me suis castagné avec les cognes dans un bal ! J'ai éclaté une couille au brigadier. Coups et blessures sur un représentant des forces de l'ordre. Six mois de cabane pour une couille. [...]Remarque, j'en profite pour me remplumer, parce que j'bouffais pas gras à l'extérieur. [...] C'est quoi ton blaze ?

Hercule : Hercule.

L'ingénieur : Hercule ? Qui rit quand on l'encule ? Tu veux un canon ?

Hercule : T'as de l'alcool ?

L'ingénieur : Benh qu'est-ce tu crois ? Il suffit de sonner puis t'as un larbin qui te demande ce que tu veux. T'es comme à l'hôtel ici, sauf que tu paies pas. C'est pas beau ? Tiens.

Hercule : Qu'est-ce que c'est ? On dirait de l'eau de Cologne. 

L'ingénieur : Mais tu sais que t'es pas con, toi ? On devrait faire équipe tous les deux. Puis en plus, ça empêche de puer de la gueule. Parce qu'avec ce qu'ils nous donnent à becter ici, on aurait tendance à puer du bec. Tu veux de la lecture ?

Hercule : Ca dépend ce que t'as.

L'ingénieur chante : Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir. Oui gris, c'est gris, et c'est fini, oh oh oh oh. Ca me rend fou. J'ai cru à ton amour... [...] Oh putain, quand j'écoute ça, moi, tu vois, ça m'donne une de ces pêches, moi ! T'as vu les super gonzesses là-dessus ? J'me demande où elles crèchent. J'en ai jamais vu des comme ça dans l'coin.

Hercule : T'sais j'crois qu'il faut monter à Paris pour en trouver des comme ça. 

L'ingénieur : Eh benh ils doivent pas s'emmerder, les Parigots. T'es page combien, là ?

Hercule : Trois cent trente-trois. 

L'ingénieur : Qu'est-ce que tu penses de celle à cent soixante-cinq francs ?

Hercule : J'aime pas trop les blondes, moi. 

L'ingénieur : Mais tu trouves pas qu'elle ressemble à Sylvie Vartan ?

Hercule : Euh, non. Mon genre à moi, ce serait plutôt celle à cent quatre-vingt neuf francs, là. 

L'ingénieur : Chacun ses goûts ! Puis comme ça, chacun la sienne. T'es du coin, toi ?

Hercule : Non, de Nevers. 

L'ingénieur : Mais qu'est-ce que tu me racontes là ?

Hercule : Enfin à côté de Fourchanbault. 

L'ingénieur : Mais c'est extraordinaire c'que tu m'racontes là ! Mais j'suis né là-bas ! Mais c'est quand même incroyable ! Oh putain, j'sentais quelque chose. Quand j'tai vu débarquer, j'me suis dit : mais qu'est-ce que c'est que cet arcandier là ? Mais tu connais la Mireille alors !?

Hercule : Et le Trousier ! 

L'ingénieur : Trousier ? Celui qui se prend pour Einstein ?

Hercule : Benh oui !

L'ingénieur : Il est toujours là-bas ?

Hercule : Benh oui !!

L'ingénieur : Oh, mais nom de Dieu, mais qu'est-ce que t'es venu foutre dans l'coin, hein ?

Hercule : Benh j'suis parti pour aller au Brésil avec des copains. 

L'ingénieur : Qu'est-ce que tu m'racontes là ? Le Brésil ? C'est extraordinaire, c'est extraordinaire.

Hercule : Tu connais ?

L'ingénieur : Non, mais c'est extraordinaire. Tiens, torche-toi l'cul. C'est extraordinaire.

 

¤     ¤     ¤

 

Hercule : J'peux te demander quelque chose ?

L'ingénieur : Tu peux m'demander c'que tu veux. Mais faut pas en profiter, hein.

Hercule : Tu crois en Dieu ?

L'ingénieur : Mais t'es con ou quoi ? Si y'avait pas de bon Dieu, on serait pas là. Tu penses, j'ai eu le temps de gamberger tout ça, tu sais. Deux ans de taule. C'est vrai que t'as bien une tête d'arcandier, toi !

 

¤     ¤      ¤ 

 

Hercule : Sympa d'être venus me chercher. Fallait pas.

Véronique : On allait quand même pas partir sans toi au Brésil ?

Tonio : T'as grossi, toi.

Hercule : Ouais, benh vous, par contre, vous avez mauvaise mine, hein.

 

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Tonio : C'est une voiture de collection, hein.

Le ferrailleur : Ah, j'vous l'achète au prix de la ferraille.

Tonio : Combien ?

Le ferrailleur : Deux cent francs. Moi, c'est pour vous rendre service. La ferraille, j'en ai des tonnes.

Hercule : Il est pire que Lamotte, lui.

Le ferrailleur : Qu'est-ce qu'il dit, lui ?

Hercule : Non, rien, j'parlais à...

Tonio : C'est d'accord pour les deux cent balles.

 

¤      ¤       ¤

 

Hercule : Mais qu'est-ce que tu fous là ?

L'ingénieur : Mais j'te chercher depuis hier soir. J'ai fait tous les bistrots. Hé, j't'avais dit qu'on se reverrait, hein. [...] Dis donc, tu pourrais m'présenter là ?

Hercule : C'est Véronique.

L'ingénieur : Véronique ? Celle qui rit quand on la... !

 

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Tonio : Hé Hercule, il nous a dit que tu connais bien ici.

L'ingénieur : Ah j'connais tout le monde, moi, tout l'monde me connaît. Tu peux demander à n'importe qui. Pas vrai, Hercule ?

Tonio : Tu vas nous aider. On cherche à embarquer, on connaît personne.

Hercule : Ouais, on voudrait trouver un bateau où on pourrait bosser.

L'ingénieur : D'abord, qu'est-ce que vous allez foutre au Brésil ?

Tonio : Du commerce.

L'ingénieur : Du commerce, mais du commerce de quoi ?

Bruno : Benh euh, on sait pas encore. On s'est pas décidés.

L'ingénieur : Remarquez, c'est vos oignons.

Tonio : Y'a bien une combine pour embarquer, quoi ?

L'ingénieur : Y'a toujours moyen, mais qu'est-ce que vous savez faire ?

Tonio : Un peu tout.

Bruno : Ouais, on peut tout faire.

L'ingénieur : Bon benh ça va pas être facile. On verra ça demain. Vous créchez où ?

Hercule : Benh justement, on a vendu la voiture où on dormait. Mais putain, vous êtes dans la merde, alors !

Tonio : Tu peux nous trouver un endroit, toi.

Bruno : Benh ouais, avec toutes les relations que t'as ici.

L'ingénieur : Benh j'vous emmène à mon hôtel.

Tonio : On n'a pas de thunes.

L'ingénieur : Mais j'vous invite, moi, pauv' malheureux !! Heureusement que l'ingénieur est là ! 

 

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L'ingénieur : C'est ici ! Mais va falloir fermer votre gueule, hein. J'tiens pas à voir rappliquer tous les clodos de la ville.

Hercule : Qu'est-ce que j't'avais dit ? L'ingénieur, c'est pas un arcandier.

L'ingénieur : Et y'a tout le confort.

Véronique : C'est la première fois que je rentre dans une prison. Ca raisonne.

Hercule : Et toi, tu crèches où ?

L'ingénieur : En haut dans la quinze, c'est la date d'anniversaire de Johnny.

 

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Hercule : Tu crois qu'on va trouver un bateau pour le Brésil ?

Bruno : Dans l'fond, si c'est pour s'faire chier, on est aussi bien chez soi.

 

¤     ¤     ¤

 

Tonio : Moi, j'ai pas fait tout ce chemin là pour rien, les gars. Vous êtes vraiment des nazes, tous les deux, hein. Vous allez rester des arcandiers toujours.

Bruno : A Nevers, on s'faisait moins chier. Et au moins on bouffait tous les jours.

L'ingénieur : Hé les gars ! Oh, j'vous ai trouvé du boulot !

Hercule : Ah ouais ? 

 

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Tonio : On n'a pas l'air de cons, nous.

L'ingénieur : Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre ? 

 

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Véronique : Tu m'aimes ?

Tonio : Quoi ?

Véronique : Est-ce que tu m'aimes ? On m'a jamais dit qu'on m'aimait.

Tonio : Tu veux qu'on t'aime ou t'as besoin qu'on te l'dise ?

Véronique : Les deux.

Tonio : T'es vraiment secouée, hein.

Véronique : J'suis enceinte, Tonio.

Tonio : Ah bon ?

Véronique : C'est tout ce que ça te fait.

Tonio : Qu'est-ce tu veux que j'fasse ? Que je m'tape le cul par terre ?

Véronique : J'sais pas. Tu pourrais m'dire que t'es content.

Tonio : Ah bon ?

 

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Tonio : Ca marche, on part ! J'ai trouvé un bananier, il part la semaine prochaine. 

Bruno : Et on voyage à l'œil sur ton bananier ?

Tonio : Tout est arrangé. En échange, on va bosser sur le bateau. Hé, qu'est-ce que j'vous avais dit, là ? C'est pas un démerde, le Tonio ? Hé, l'ingénieur, ça t'dirait de venir avec nous ?

Hercule : Benh ouais, tu pourrais venir avec nous.

L'ingénieur : Si vous m'emmenez avec vous, ... c'est que vous avez confiance en moi ? Oh c'est incroyable, ça. C'est extraordinaire ! J'sais pas si j'dois vous croire.

Tonio : Qu'est-ce tu crois, l'ingénieur ? On fait partie de la même famille.

L'ingénieur : Qu'est-ce que j'entends, là ? Oh dis donc, c'est beau comme une chanson de Johnny ! Alors si j'sais que j'peux compter sur vous, écoutez-moi bien, les gars, benh vous pouvez compter sur moi !! Yeah !

 

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Tonio : Vous avez pas vu Véro ?

Le barman : Je l'ai aperçue en début d'après-midi. 

Un habitué : Elle m'a donné ça pour vous.

Bruno : "Que le ciel vous garde en joie". Hé, c'est une connerie.

L'ingénieur : Ou elle a dû s'faire la malle, la p'tite.

Tonio : Qu'est-ce tu racontes, toi ? Elle s'est peut-être baladée, elle.

Bruno : Tu parles, elle s'est cassé, ouais. Remarque, c'était à prévoir. T'avais comment t'étais avec elle ?

L'ingénieur : Ah benh où elle a pu aller ?

Tonio : On va la retrouver !

Hercule : Tu sais même pas d'où elle vient.

L'ingénieur : C'est vrai, ça va pas être facile si tu sais pas d'où elle vient. Déjà qu'elle parlait pas beaucoup. Elle a peut-être dû prendre la nationale.

Bruno : Un p'tit cul comme ça, ça intéresse les routiers.

Tonio : Allez, on y va.

Hercule : On peut bien partir sans elle.

Tonio : Ouais, pis on peut partir sans toi aussi.

L'ingénieur : Si on s'payait un p'tit canon, les gars ?

Tonio : Mais on n'a pas le temps, nous ! Faut y aller maintenant.

 

¤    ¤    ¤

 

L'ingénieur qui démarre une voiture volée : Qu'est-ce qu'il y a comme cassettes ?

Tonio : Vi - val - di - les - quatre - saisons, Albi - no - ni - a - da - gio.

L'ingénieur : J'espère que c'est pas du jazz, y'a rien de plus gonflant. J'ai mes provisions. Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime !! [...] T'aimes la morue, toi ?

Tonio : Qu'est-ce ça peut t'foutre. Regarde devant toi.

L'ingénieur : Ah oui, j'tai vu, connard ! Con... Oh putain, elle est belle la route. Ca m'donne envie de battre mon record.

Hercule : Il est de combien ton record ?

L'ingénieur : Deux-cent dix. Putain, c'était pour le mariage de Johnny. On avait fêté ça. [...]

Bruno : Johnny, il t'avait invité à son mariage ?

L'ingénieur : Ah non-non, y'avait trop de monde, tu rigoles. Non mais il nous a écrit. T'en connais toi, des chanteurs valables qui te répondent ? Tiens, tu peux la lire dans mon blouson, avec la signature de Johnny et tout. Il est sympa, Johnny, y'en a pas beaucoup qui lui arrivent à la cheville. Tiens, montre à Tonio.

Tonio : C'est une photocopie, ça.

L'ingénieur : Qu'est-ce tu racontes ?

Tonio : C'est une photocopie, j'te dis !

 

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Le routier : Quel est votre nom ?

Véronique : Véronique.

Le routier : Celle qui rit quand on la nique ?

 

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jeudi, 15 novembre 2012

Les Arcandiers - De La Brosse, Pinon (suite)

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Film : Les Arcandiers (1991, durée 1h35)

Réalisateur : Manuel Sánchez

Tonio (Simon de La Brosse), Bruno (Dominique Pinon), Hercule (Charles Schneider), Véronique (Géraldine Pailhas), "l'ingénieur" fan de Johnny (Yves Afonso), Lamotte (Rudy Moraes)

 

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Tonio : Jamais ils penseront que c'est des gars du coin qui ont fait l'coup. On est vraiment fortiches les gars, hein. On va s'faire des couilles en or.

Bruno : Des petites en plaqué, ça m'suffirait... Ca s'passe trop bien pour qu'ça continue. Avec ce brouillard, et la morte derrière.

Tonio : Pouruoi qu'tu dis rien, Hercule ?

Hercule : Je r'garde la route, moi. 

 

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Le brocanteur : Mais qu'est-ce que vous m'ramenez là, les gars ?

Tonio : Quoi ? Tu reconnais pas la jeune fille ?

Le brocanteur : Vous avez piqué la sainte ? Mais vous êtes cinglés !

Tonio : Eh oh, t'inquiète pas, on n'est pas des branques, hein. Personne nous a vus.

Le brocanteur : Vous en êtes sûrs ? ... Dis donc, elle a d'beaux restes, la petite Soubirous.

Tonio : Eh ouais, quand ils l'ont sortie trente ans après sa mort, elle était nickel. Et les curés, ils disent qu'ils l'ont même pas momifiée.

Hercule : Si on commence à s'filer les chocottes avec des trucs comme ça... Si on allait plutôt s'coucher ?

Tonio : On va lui retirer les godasses, comme ça ils auront la preuve qu'on l'a ! Bon, Bruno, aide-moi.

Hercule : Moi j'y touche pas, hein.

 

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Bruno : On n'aurait pas dû laisser les godasses devant l'église. Un clodo qu'a dû les ramasser, y'a toujours des clodos qui traînent par là-bas.

Tonio : Qu'est-ce qu'on fait, on les rappelle ?

Hercule : Attendez les gars, y'a un enterrement qui sort... Vive les mariés !

Tonio : Allez, Hercule, viens, arrête de faire le con.

 

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Tonio, au téléphone : Comment ça, vous savez pas de quoi j'parle ? Hé, vous m'prenez pour un con ? Vous vous foutez d'ma gueule ? 

Tonio : Bon, y'a un os. Ah, ils veulent pas... ils veulent pas raquer, quoi. 

Hercule : Qu'est-ce qu'on fait ?

Tonio : Faut qu'j'réfléchisse.

 

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Hercule : On n'aurait peut-être pas dû la mettre dans la Loire.

 

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Tonio : Montez, les gars, j'ai quelqu'chose à vous dire.

 

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Hercule : Paraît que t'as reçu tes papiers militaires ?

Tonio : Benh oui.

Bruno : Ah bon ? Ton histoire de soutien de famille, ils y croient plus ?

Tonio : Benh non. Mon père, il a retrouvé du boulot.

Bruno : C'est con pour toi, ça.

Hercule : On ira t'voir à la caserne.

Tonio : Tu crois qu'un mec comme moi, il va aller s'faire chier un an à l'armée avec des connards ? J'pars au Brésil, moi. Comme ça, ils viendront pas m'emmerder là-bas.

Bruno : Et tu pars comment au Brésil ? A la nage ?

Tonio : Pauv' con. 

 

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Bruno : Tu peux mettre le chauffage ?

Tonio : Y'en a pas. 

Bruno : Putain, j'sens qu'on va se les geler.

Tonio : Vous êtes vraiment pas taillés pour l'aventure.

Bruno : Et pourquoi on suit la Loire ? Y'a pas d'autre chemin ?

Tonio : Si, mais moi j'ai pas d'assurance. Pas le permis non plus.

Hercule : T'aurais peut-être pu nous l'dire avant.

 

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Tonio : Y'a qu'à se servir, tout est là.

Bruno : Tu vois quelque chose, toi ?

Hercule : Benh, la Loire.

Bruno : Benh ouais, moi aussi.

Tonio : Et qu'est-ce qu'il y a dans la Loire ?

Hercule : Des cailloux ?

Tonio : Des cailloux... !

 

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Hercule : Trois plombes qu'on est là et on n'a pas encore vu la queue d'une ablette !

Bruno : Oh la-la-la-la, c'est plus des couilles que j'ai, c'est des boules de glace. Oh-la-la, c'est beau, ces cheminées ! On dirait une centrale nucléaire.

 

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Bruno : Peut-être qu'avec un peu de chance, on écrasera un hérisson sur la route.

Hercule : T'as déjà bouffé du hérisson, toi ?

Bruno : Ouais. Chez Manouche, avec des patates à la braise.

 

¤     ¤     ¤

 

Hercule : Ca sent l'cramé.

Tonio : Ca doit être une station d'épuration. Hé, vous allez voir le Brésil, c'est autre chose, les gars.

 

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Bruno : Alors ? 

Tonio : Laisser refroidir un petit peu, là.

Bruno : Il reste encore combien de bornes ?

Tonio : Mais j'en sais rien, moi, le compteur il marche plus. Bon, benh on va s'arrêter ici pour la nuit, les gars.

Bruno : Ah bon, elle roule pas la nuit ?

Tonio : Si mais j'tiens pas à user la batterie.

 

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Hercule : J'ai tellement faim, je commence à avoir des visions.

Tonio : Vous avez qu'à penser à autre chose, les gars.

Bruno : T'arrives à penser à autre chose quand t'as faim ?

Hercule : Hé les mecs, vous croyez en Dieu ?

Tonio : Qu'est-ce qui lui prend à lui ? Tu deviens barjo toi ou quoi !?

Bruno : Ca doit être le froid. Ca commence par les pieds, ça finit par la tête.

Hercule : On n'aurait jamais dû la jeter dans la Loire.

Bruno : C'est ça, ouais, on aurait dû l'emmener avec nous au Brésil.

 

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Hercule : C'est marrant ça, je bande.

Bruno : Ca doit être la fraîcheur du p'tit matin.

Tonio : Allez, range ta queue, Hercule.

Hercule : C'est quand même bizarre de bander sans raison.

Bruno : Benh ouais, tu sais, y'a des choses qu'on s'explique pas dans la vie. 

 

¤     ¤     ¤

 

Tonio : Oh merde, on nous a piqué le pare-brise ! Putain, mais on devrait les noyer à la naissance, ces mecs-là !

Hercule : On n'a vraiment pas de bol, les mecs.

Bruno : Putain, on va attraper la mort.

Hercule : Et si c'était la sainte ?

Tonio : Qu'il est branque, celui-là alors.

 

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Hercule : Ca m'reprend, j'ai encore des visions.

Bruno : T'inquiète pas, moi aussi j'commence à en avoir.

Tonio : On la prend. 

Bruno : Elle a peut-être quelqu'chose à manger.

 

à suivre...