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jeudi, 17 octobre 2013

D'Artagnan et les trois mousquetaires

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Téléfilm : D'Artagnan et les trois mousquetaires (2004, durée 1h40 & 1h41)

Réalisateur : Pierre Aknine

D'Artagnan (Vincent Elbaz), Milady de Winter (Emmanuelle Béart), Richelieu (Tchéky Karyo), Athos (Heino Ferch), Porthos (Grégory Gadebois), Aramis (Grégori Derangère), Anne d'Autriche (Stefania Rocca), Louis XIII (Tristàn Ulloa), Constance Bonacieux (Diana Amft), Buckingham (Robert Styles)

 

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D'Artagnan : Est-ce que tu crois en Dieu ?

Constance : Pourquoi tu me demandes ça ?

D'Artagnan : J'essaie de comprendre ce qui m'arrive.

Constance : Qu'est-ce qui t'arrive ?

D'Artagnan : Un miracle. T'es tombée du ciel et t'as pas d'égratignures, c'est un miracle.

Constance : Ou une rencontre.

D'Artagnan : Ou un coup de foudre.

Constance : Ca n'existe pas les coups de foudre.

D'Artagnan : Quand je t'ai vue la première fois, j'ai cru que mon cœur allait exploser.

Constance : Quand on rencontre quelqu'un qui nous plaît, on est envahi par de drôles de sensations.

D'Artagnan : Le cœur qui se serre.

Constance : L'impresion d'avoir des étoiles dans les yeux.

D'Artagnan : C'est magique.

Constance : C'est féérique.

D'Artagnan : Tu vois que tu crois en Dieu. 

 

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D'Artagnan devant son miroir : D'Artagnan, t'es le roi du monde. En un jour, tu tues la plus fine lame du royaume, tu sauves le premier ministre du roi d'Angleterre, tu rencontres trois garçons qui seront bientôt tes amis d'enfance, et pour couronner le tout, tu tombes amoureux de la belle Constance, la plus belle femme de Paris.

 

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D'Artagnan : Une formalité, je vous l'avais dit, les doigts dans le nez, les pieds dans les étriers.

- Et comment tu t'y es pris ?

- Qu'est-ce que t'as raconté ?

D'Artagnan : La vérité.

- La vérité ? Il lui a dit la vérité.

- Le pur et noble cœur.

- Quelle vérité ? chacun a la sienne et en plus elle change tout le temps.

- Tiens, tu ferais un bon jésuite.

- Un pour tous !

- Tous pour un !

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Anne d'Autriche : Je vous remercie, monsieur D'Artagnan.

D'Artagnan : Servir votre Majesté a été pour moi un honneur.

Anne d'Autriche : Ce service doit rester entre nous comme un secret.

D'Artagnan : Que votre Majesté se rassure, ma bouche restera close. Vous pouvez compter sur moi.

Anne d'Autriche : Cette bague sera le symbole de ma reconnaissance et du secret qui nous lie. Si un jour vous vous trouvez en difficulté, il vous suffira de me faire parvenir cette bague.

 

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vendredi, 11 octobre 2013

Dracula - Coppola, Oldman, Hopkins

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Film : Dracula (1992, durée 2h10)

Réalisateur : Francis Ford Coppola

Le comte Dracula (Gary Oldman), Jonathan Harker (Keanu Reeves), Mina Murray (Winnona Ryder), Lucy Westenra (Sadie Frost), Abraham Van Helsing (Anthony Hopkins), les concubines de Dracula (Monica Belluci, Micaela Bercu et Florina Kendrick)

 

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Voix off de Jonathan : J'ai des pensées étranges que je n'ose confesser à ma propre conscience. Le comte, la façon dont il a regardé le portrait de Mina m'emplit d'effroi. Comme si j'avais un rôle à jouer dans une intrigue qui m'est inconnue. 

 

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Le comte Dracula : S'il vous arrivait de quitter ces appartements, n'essayez sous aucun prétexte de trouver le sommeil dans quelque autre pièce de ce château. Il est vieux, il est peuplé de mauvais souvenirs. Je vous aurais prévenu.

Jonathan : Je comprends, soyez-en assuré.

 

Le comte frémit à la vue de la croix que Jonathan porte au cou.

 

Le comte Dracula : N'ayez pas foi en de telles breloques mensongères, nous sommes en Transsylvanie et la Transsylvanie n'est pas l'Angleterre. Nos usages ne sont pas vos usages. A vos yeux, beaucoup de choses vont paraître insolites.

Jonathan : De nombreuses choses m'ont parues insolites durant ce voyage ! Une meute de loups sanguinaires à ma poursuite dans un bleu infernal !

Le comte Dracula : Ecoutez-les donc. Ils sont les enfants de la nuit. Quelle douce musique, n'est-ce pas ?

Jonathan : De la musique ? Ce sont des monstres !

 

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Lettre de Jonathan à Mina : Tout va bien ici. Le comte a insisté pour que je reste un mois afin de lui enseigner les coutumes anglaises. Je ne peux rien dire de plus, à part que je vous aime. A jamais fidèle, Jonathan.

 

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Voix off de Jonathan : Les lettres que j'ai écrites ont sans aucun doute scellé ma perte. Les bohémiens du comte, d'intrépides guerriers dévoués jusqu'à la mort à tous les nobles qu'ils servent, besognant jour et nuit, ils emplissent des caisses de terre décrépite arrachée aux entrailles du château. Elles doivent être expédiées à l'abbaye de Carfax qu'il vient d'acquérir à Londres. Pourquoi remplissent-ils ces caisses de terre ?  

  

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jeudi, 14 mars 2013

Braveheart - Mel Gibson, Mel Gibson

 

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Film : Braveheart (1995, durée 2h45)

Réalisateur : Mel Gibson

William Wallace (Mel Gibson), le roi Edouard Ier (Patrick McGoohan), Isabelle de France (Sophie Marceau), Robert Bruce (Angus MacFadyen), Murron la femme de Wallace (Catherine McCormack), Hamish (Brendan Gleeson), Campbell (James Cosmo), Stephen (David O'Hara), Argyle Wallace (Brian Cox), William Wallace jeune (James Robinson), le prince de Galles (Peter Hanly), Stewart (Alan Tall)

 

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Synopsis : L'Ecosse, à la fin du XIIIe siècle. Edouard Ier, roi d'Angleterre, s'empare du trône après avoir réglé un conflit avec le personnage fantoche qu'il y avait auparavant placé. Avec ses barons, il met très rapidement le pays en coupe réglée. William Wallace, dont la femme, comme tant d'autres, a été exécutée par les Anglais, prend la tête d'une révolte paysanne. La troupe réussit à repousser l'armée d'Edouard Ier jusqu'aux frontières. Celui-ci dépêche alors sa belle-fille, Isabelle, princesse de France, pour amadouer le rebelle.

 

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La suivante d'Isabelle de France : Wallace se révolta. Ses ennemis reconnurent sa passion pour son amour perdu. Alors ils organisèrent de saisir Wallace en profanant les sépultures de son père et de son frère. Et ensuite en s'embusquant près de la tombe de sa femme. Mais il s'en est sorti, en guerroyant l'arme au poing ! Il cacha le cadavre de sa bien-aimée dans un endroit secret. Ca c'est de l'amour, non ?

Isabelle de France : De l'amour... je n'en sais rien.

 

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William Wallace : Vous savez, un jour ou l'autre Edouard enverra contre nous toute son armée du nord.

- Des armures jusqu'aux sabots. Et puis des destriers si lourds que la terre en résonne.

- On va finir en poussière.

William Wallace : Oncle Argheim m'en parlait quand j'étais enfant. Il disait qu'aucune armée n'a jamais repoussé une charge de cavalerie lourde.

- Et on fera comment ?

- On frappe puis on se cache, à la manière écossaise.

- Mvouais.

William Wallace : Des pieux pointus, il en faut des centaines. Des longs pieux de deux fois la taille d'un homme !

- Si longs ?

William Wallace : Oui.

- Certains hommes sont plus longs que d'autres.

- Tanner peut pas s'empêcher de parler de moi, hein ? hahahahahahaa ! Hinhinhinhinh !

 

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William Wallace : Digne fils de l'Ecosse, je suis William Wallace !

- William Wallace fait sept pieds de haut !

William Wallace : Oui, c'est ce qu'on m'a dit. Et il tue l'ennemi, par centaines, hein ? Et s'il était là, ses yeux lanceraient une pluie d'éclairs à faire trembler l'armée anglaise ? Et des boules de feu seraient projetées de son cul !

 

Rires.

 

William Wallace : Je suis William Wallace ! Et que vois-je ? Toute une armée de mes compatriotes, réunie en défiance de la tyrannie ! C'est en hommes libres que vous êtes venus vous battre ! En hommes libres que vous êtes ! Mais comment garder votre liberté ? Il faut se battre !!

- Non, on aurait aucune chance !

- Contre ces troupes ? Non. On préfère fuir ! On préfère vivre !

William Wallace : Oui, battez-vous et mourez peut-être. Fuyez et vous vivrez. Quelques temps du moins. Mais un jour, sur vos lits de mort - bien des années auront passé - peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Stirling pour une chance, juste une petite chance de pouvoir revenir ici et de tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie ! Mais ils ne nous ôteront jamais... notre liberté !!! 

 

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Cheltham : Voici nos conditions de paix. Retirez cette armée en bon ordre et le roi vous octroiera à chacun des terres dans le Yorkshire, ouvrant droit à des titres héréditaires. A votre suzerain, vous paierez... A votre suzerain vous paierez un impôt annuel de quinze cent...

William Wallace : J'ai une offre à vous faire.

Lochlan : Cheltham, voici William Wallace.

Cheltham : A votre suzerain vous paierez chaque année un impôt de quinze cent...

William Wallace : J'ai dit que j'avais une offre à vous faire.

Lochlan : Vous manquez de respect à mes ambassadeurs.

William Wallace : De ce roi ? Absolument ! Voici ce que l'Ecosse demande. Rentrez vos étendards, et repartez tout droit vers l'Angleterre. Faites halte à chaque chaumière et implorez le pardon pour un siècle de saccages, de rapines et de meurtres. Faites cela et vos hommes auront la vie sauve. Refusez, et Sterling sera votre cimetière.

Cheltham : Hahahahahahaha ! Ha-ha-ha-ha-ha ! Vous n'êtes qu'une poignée ! Vous n'avez pas la moindre cavalerie lourde. En deux siècles de guerre, aucune armée n'a pu...

William Wallace : Je n'ai pas fini !! S'il veut que nous épargnions ses hommes, votre capitaine devra traverser ce champ, se présenter devant notre armée, se mettre la tête entre les jambes et embrasser son cul.

 

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Mornay : En vérité, c'était moins châtié que ce à quoi il est habitué.

William Wallace : Soyez prêts à agir suivant mes ordres. A mon signal, prenez vos chevaux, passez derrière notre position et flanquez-les.

Mornay : Nous ne devons pas diviser nos forces.

William Wallace : Faites-le. Et que les Anglais n'en ratent rien.

Mornay : Mais ils vont croire que nous fuyons !

William Wallace : Attaquez leurs archets. Et percez la mêlée.

Mornay : D'accord. Allons-y.

 

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Isabelle de France : Messire, je... je ne puis que vous implorer... de confesser ce qu'ils veulent et de jurer allégeance au roi afin qu'il puisse vous prendre en pitié.

William Wallace : Croyez-vous qu'il prendra en pitié mon pays ?

Isabelle de France : Au moins vous aurez une mort rapide. Peut-être même n'irez-vous que dans la tour ? Et... et plus tard tout deviendra possible. De grâce, restez en vie !

William Wallace : Si je pliais comme ils me le demandent, c'est moi qui donnerais la mort à tout ce que j'aurais été

Isabelle de France : Hhhh-hhhh, hhhh-hhhh. Mourir ce serait abominable.

William Wallace : Tous les hommes meurent un jour. Mais peu parmi eux vivent vraiment.

Isabelle de France : Sssnf, vvvvv, buvez ceci. Cela endormira vos souffrances. 

William Wallace : Non, cela m'embrouillerait l'esprit, et j'ai besoin de tous mes moyens. Car si je perds connaissance ou si je me plains, alors Edouard pourra dire qu'il m'a brisé.

Isabelle de France : Hhhh, je ne puis supporter l'idée de votre torture. Buvez...

William Wallace : Soit.

 

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Isabelle de France : Je viens, Majesté, vous supplier de grâcier William Wallace.

Le prince de Galles : Vous seriez-vous attachée à lui, par hasard ?

Isabelle de France : Hhh-hhh, je respecte cet homme. Hhh, au pire il fut un valeureux ennemi, ayez pitié ! ô très grand roi, et gagnez le respect de votre peuple. Hhh-hhh.

Le roi Edouard Ier : Ggggg... rrrr... hhhh...

Isabelle de France : Hhhh, même maintenant, vous êtes incapable de pitié.

Le roi Edouard Ier : Rrrr... hhhh...

Isabelle de France : Et vous, pour vous ce mot est aussi peu familier que l'amour.

Le prince de Galles : Sachez qu'avant qu'il ne perde l'usage de la parole, le roi m'a dit que son ultime réconfort serait d'avoir vécu assez longtemps pour savoir Wallace exécuté.

Le roi Edouard Ier : Rrrr... Rrrrr... hhhh.... hhhh.... hhh...

Isabelle de France : Sire, la mort n'épargne aucun de nous. Mais avant qu'elle ne vous emporte à votre tour, sachez ceci. Votre mort sera celle de votre lignée. Un enfant qui n'est pas de votre sang grandit au fond de mes entrailles. Votre fils ne pourra rester longtemps sur le trône. Par ma foi je le jure.

Le roi Edouard Ier : Grlgrlgrl...rlrlrlr...

 

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vendredi, 18 janvier 2013

Bird - Clint Eastwood, Forest Whitaker

  

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Film : Bird (1988, durée 3h)

Réalisateur : Clint Eastwood

Charlie «Bird» Parker (Forest Whitaker), Chan Parker (Diane Venora), Red Rodney (Michael Zelniker), Dizzy Gillespie (Sam Wright), Buster Franklin (Keith David), Brewster (Michael McGuire), Esteves (James Handy), Kim (Morgan Nagler), Moscowitz (Sam Robards), la baronne Nica (Dian Salinger)

 

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- Je suis un réformateur, et toi tu es un martyr. On se souvient beaucoup plus des martyrs que des réformateurs. On parlera beaucoup de toi après ta mort.

 

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Bird à sa femme après le décès de leur enfant : Laisse-moi être le premier à t'approcher. Je suis ton mari. Sincèrement. Charlie Parker.

 

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Bird : Tu dors pas non plus ?

Red : Non, je me débarrasse de toutes mes mauvaises habitudes.

 

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Bird : C'est vraiment con, c'est con ! Je me rappelle plus où je m'étais garé et mon saxe était resté dans le coffre de la bagnole. Hey, je voulais t'appeler, Bernie, mais je savais plus ton numéro. Je savais plus.

Bernie : Storyville à Boston, trois nuits à partir de demain, orchestre maison, quatre cent dollars.

Bird : Qu'est-ce qu'il a dit ?

Bernie : Qu'est-ce que tu crois qu'il a dit ? Trouve-moi un bon musicien, mais qui vienne.

Bird : Et alors ? Je suis venu.

Bernie : Oui. Tu viens toujours, tôt ou tard. [...]

Bird : Storyville, Berne ?

Bernie : Storyville, Copysquare, Boston, Massachussetts, Terre !

 

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Bird : Je te l'ai dit déjà des milliers de fois, il faut arrêter de manger des plats épicés aussi souvent. Ces épices, ça va te tuer.

Chan :  Veux-tu foutre le camp de là-bas et revenir à la maison ?

Bird : Je peux pas lâcher mon public ici, je peux pas rentrer à la maison maintenant. Tu sais, j'ai encore un public ici. [...]

Chan : Combien de temps dure ton contrat ?

Bird : Je devrais être à la maison vers... mardi. Tu sais, tu ferais bien de t'occuper du gazon pendant mon absence, c'est devenu une vraie jungle.

Chan : Le gazon ? Oh oui, bien sûr.

Bird : Et, tu me fais penser, quand je rentrerai, je veux repeindre le garage. Tu sais, quand on a une maison, le moins qu'on puisse faire pour cette maison, c'est de l'entretenir.

Chan : Est-ce que... est-ce que tu as des médicaments ?

Bird : T'inquiète pas, j'ai tout.

Chan : Je... je déteste raccrocher.

Bird : Oh, ça n'a pas toujours été le cas. Quoi, tu veux que je sois méchant avec toi ?

Chan : Ou-hou-hou, oui, sois méchant.

Bird : Au revoir.

 

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Bird : Si je te perdais, les étoiles tomberaient du ciel. Tu es réveillée ? J'suis content. Au milieu de la dernière jam session, devine qui s'est pointé ! ... mon ulcer. Hé-hé-hé hé-hé ! Alors je lui ai donné de la codéine, mais il a pas voulu partir. Hé-hé-hé hé-hé !

Chan : Que s'est-il passé d'autre ?

Bird : Les cordes ont entamé l'intro de Easy to love, et moi je m'suis mis à jouer If I should lose you. Ca collait pas ! Mais quand j'ai essayé de le faire coller, ça collait pas ! Et y'avait personne pour le remarquer, sauf peut-être Dizzy Gillespie mais Dizzy Gillespie est en tournée quelque part, autant que je sache.

 

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Bird : Avec toi, j'me sens apaisé.

- T'es pas mon type d'homme.

Bird : Ca je l'sais.

- "Apaisé"... Apaisé ! C'est ça que tu veux dire par "les alliances coûtent pas cher" !? J'n'ai pas envie qu'un mec se sente "apaisé" avec moi ! J'ai été mise au monde pour rendre les hommes dingues ! Ha-ha-ha-ha-ha ! Je n'sais plus qui m'a dit que je suis la seule femme de New York que tu n'aies pas eue.

Bird : J'ai juste fait une simple remarque.

- Oh, et pas de malentendu s'il te plaît. Je l'prends comme un honneur. Ce n'est pas comme si je ne savais pas à qui j'ai affaires.

Bird : Arrête ! Ou tu vas le regretter. D'accord ?

- Je suis désolée. Et si on était ensemble tous les deux, u-hun ?

Bird : M-hmm.

- Ce qu'je veux dire par "mon type",...

Bird : C'est l'type qui ne réclame pas qu'on soit fidèle, je l'sais.

- Tout l'monde dit que tu lis dans la pensée des autres.

Bird : J'lai fait.

- J'vais partir pour Chicago.

Bird, en fredonnant : Et tu r-grettes de n-pas pou-voir m'emm-ner...

 

 

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Nica : Tu t'es évanoui.

Bird : C'est très mal élevé de ma part.

Nica : Tu es toujours le bienvenu ici, quel que soit ton état. Donne-moi le numéro de téléphone de Chan et je lui passerai un coup de fil tout à l'heure.

Bird : Non, je t'en prie, et pas de docteur.

Nica : J'ai déjà téléphoné au docteur.

 

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Le docteur : A quand remonte votre dernière syncope, monsieur Parker ?

Bird : Je ne sais pas, ça fait un bout de temps.

Le docteur : Vous devriez être à l'hôpital.

Bird : Je retournerai jamais à l'hôpital, docteur.

Le docteur : Vous buvez beaucoup ?

Bird : Oh, des fois, je prends un petit cherry avant le dîner.

 

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Le docteur : Il devrait être aux urgences, pas dans votre appartement.

Nica : Si vous me dites que ça peut l'aider, je l'y emmène.

Le docteur : L'aider ? Il a une cirrhose du foie très avancée, un ulcère perforant, un cœur très atteint... et vraisemblablement une hémorragie interne. C'est vous que j'essaie d'aider, Nica.

Nica : Je vous téléphonerai s'il y a un changement.

Le docteur : Il n'y en aura pas. Bonne nuit.

 

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Nica : Tu as tout bu. C'est ce que j'appelle une soif prodigieuse.

Bird : Prodigieuse... c'est gentil.

 

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- Barbara, j'en ai un autre après celui-ci, alors notez le rapport préliminaire, je vous donnerai le reste demain. Charles Christopher Parker Junior. Diagnostic provisoire, crise cardiaque. Homme noir, robuste, approximativement soixante-cinq ans.

Nica : Il en avait trente-quatre.

 

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vendredi, 11 janvier 2013

L'amour est plus froid que la mort - Fassbinder, Fassbinder, Schygulla

 

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Film : L'amour est plus froid que la mort / Liebe ist kalter als der Tod (1969, durée 1h28)

Réalisateur : Rainer Werner Fassbinder

Bruno (Ulli Lommel), Joanna (Hanna Schygulla), Franz (Rainer Werner Fassbinder), Peter (Hans Hirschmüller), Georges (Les Olvides), Raoul (Howard Gaines), la femme dans le train (Katrin Schaake)

 

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- Vous avez trois condamnations à votre actif, deux pour braquage, une pour proxénétisme. Est-ce exact ?

Franz : A peu près.

- C'est parfaitement exact. Nos renseignements sont de premier ordre. Bien. Vous connaissez la raison de notre présence ici ? Dans ce cas, je vais vous l'expliquer. Le syndicat désire que vous travailliez pour nous. Vous fumez ? ... Et les désirs du syndicat sont des ordres, vous le savez.  Sur le principe, c'est simple. Vous travaillez et vous êtes régulièrement rémunéré. Cette perspective vous paraît sympathique ? Vous avez une petite amie. Elle est très mignonne, n'est-ce pas ? Allez-vous travailler pour le syndicat ? Vous allez travailler pour le syndicat.

Franz : Je travaille uniquement pour mon compte.

- Raoul...

 

Raoul (à droite) se lève.

 

Franz : Je veux pas travailler pour le syndicat.

- Avez-vous réfléchi à la chose ? Votre avenir est assuré au service du syndicat. Le syndicat a les meilleurs avocats, les meilleures relations.

Franz : Je veux être libre.

 

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Munich, 129 rue Hess. 

 

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La femme dans le train : A cette station, je me retrouve souvent en agréable compagnie. Vous la voulez, cette pomme ?... Ce que c'est banal. C'est bien ? ... Elle était bonne la pomme.

Bruno : A douze ans, j'ai tué mon père en lui cassant un vase sur la tête. A seize ans, j'étais meneur de bande. Un jour, on a liquidé un type assis sur un banc avec une gamine. On lui avait pissé dessus du haut de la colline. Il est venu râler. On l'a tabassé. Il a tourné de l'oeil. Avec des coups de poing américains. Il était mort. Clamsé, quoi. 

 

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La femme : Je t'ai observé. Tu es garé là depuis un bout de temps. T'es seul, pas vrai ? Moi aussi, je suis seule. Tous les deux, on pourrait peut-être...

 

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Franz : Comment c'était ?

 

Elle lui tend l'argent, s'en va et revient.

 

Joanna : On devrait avoir un logement où on puisse rester, et un enfant, et du calme.

 

Il se lève et part.

 

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Munich, 129 rue Hess.

 

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vendredi, 23 novembre 2012

La charge héroïque - John Ford, John Wayne

  

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Film : La charge héroïque / She wore a yellow ribbon (1950, durée 1h44)

Réalisateur : John Ford

Le capitaine Nathan Cutting Brittles (John Wayne), le lieutenant Flint Cohill (John Agar), le sergent Tyree (Ben Johnson), le sous-lieutenant Ross Pennell (Harry Carey Jr), le sergent Quincannon (Victor McLaglen), le docteur O'Laughlin (Arthur Shields), le sergent Hochbauer (Michael Dugan), Hench (Fred Graham), Mike Quayne (Tom Tyler)

Le major Mac Allshard (George O'Brien), Olivia Dandridge la nièce du major (Joanne Dru), Abby Allshard  la femme du major (Mildred Natwick), 

Le chef Red Shirt / chemise rouge (Noble Johnson), le chef Pony that Walks / poney qui marche (Chef John Big Tree)

Le narrateur (Irving Pichel)

Oscar pour la meilleure photographie d'un film en couleur.

 

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Voix off : Partout où le drapeau flotte sur un poste isolé de l'armée, il y a peut-être un homme, un capitaine, qui tiendra bientôt entre ses mains l'épée du destin.

 

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Quincannon : Bonjour, mon Capitaine ! Il est exactement cinq heures treize.

Brittles : Cinq heures douze.

Quincannon : Aujourd'hui il fait un très joli temps, aussi frais que l'enfer ! Et madame Janson--- a eu un bébé cette nuit. Le service de diligence d'ici à Sudwall--- est suspendu jusqu'à nouvel ordre. Un courrier est arrivé voici une heure du poste de Paradise River, mon capitaine. Le pauvre McKenzie a reçu une balle dans la tête.

Brittles : Un garçon ou une fille ?

Quincannon : Euh, c'est un futur cavalier.

Brittles : A partir de quand le service est-il interrompu ?

Quincannon : C'est, c'est fini depuis aujourd'hui, euh, terminé, euh, plus de diligence.

Brittles : Et McKenzie ? Est-il mort ?

Quincannon : Oui, mon capitaine.

Brittles : Ah, un très bon soldat McKenzie. Il serait devenu caporal dans cinq ou six ans. Tu t'es encore pochardé, tu sens l'alcool à vingt pas, ivrogne !

Quincannon : Mais, capitaine chéri, j'ai juré de ne boire que de l'eau après l'affaire des Capulti Peg--- !

Brittles : Et à Belron---, et à Gettysburg et à Shellow, et à la saint Patrick aussi !

Quincannon : Mais non, mon capitaine, je vous jure !

Brittles : Et le jour de ton anniversaire !

Quincannon : Ho-ho-ho, capitaine chéri, oh...

Brittles : J'aimerais savoir où tu caches ton whiskey. [...] Encore six jours. Six jours et je serai à la retraite. Eh bien...

Quincannon : Ce sera plus la même armée quand nous aurons pris notre retraite.

Brittles : L'armée est toujours la même. Le soleil et la lune changent, mais l'armée ne connaît aucune saison.

Quincannon : Nous sommes encore dans la force de l'âge et on nous met au rancart ! Ces gens-là abusent de l'argent que paient les bons et honnêtes citoyens !

Brittles : Toi, les seules taxes que tu paies, ce sont les taxes sur le whiskey !  

 

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Brittles : Votre rapport, sergent.

Le sergent : Touché d'une balle de fusil, il était mort à mon arrivée.

Brittles : Où ?

Le sergent : Près de la butte rouge. Les chevaux étaient claqués. L'argent a disparu, mon capitaine.

 

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Le commandant : Que pensez-vous de la blessure, docteur ?

Le docteur O'Laughlin : Je vous le dirai dans une heure, mon commandant. Qu'on le porte à l'infirmerie !

 

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Le sergent : Une flèche kiowa ?

Brittles : Non, ni une flèche Commanche, ni Arapahoes, à cause des bandes de couleur.

Tyree : Mon capitaine...

Brittles : Allez-y, sergent, parlez si vous en avez envie.

Tyree : Euh, j'ai déjà vu de ces flèches avec des bandes jaunes et rouges. Ce sont des flèches de Cheyennes du sud.

Brittles : Mais je sais que les Bannocks et les Snakes utilisent souvent ces couleurs.

Tyree : En effet, c'est exact. Mais regardez, on voit le signe du clan. C'est le signe du chien. Je suis sûr que cette flèche-là provient de l'arc d'un soldat chien des Cheyennes du sud.

Brittles : Mais, pour l'amour du ciel, qu'est-ce que vos Cheyennes viendraient faire dans cette région ?

Tyree : Cette question n'est pas de ma compétence.

Brittles : Alertez le poste, sergent.

Le sergent : Oui, mon commandant.

Brittles : Allez vous reposer, sergent Tyree.

Tyree : Merci, mon capitaine.

 

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Cohill : Vous alliez pique-niquer au bord de la mer ?

Pennell : Nous allions seulement auprès de la rivière mais je m'excuse...

Brittles : Evitez de vous excuser, c'est un signe de faiblesse. Monsieur Cohill, il n'y a aucune raison d'empêcher monsieur Pennell de sortir et de pique-niquer.

Cohill : Vos ordres seront exécutés.

Olivia : Merci, capitaine Brittles.

Brittles : Mais, mademoiselle, monsieur Cohill avait parfaitement raison de vous empêcher de quitter le poste car nous sommes en état d'alerte. Permettez-moi de vous raccompagner chez vous. Vous pouvez aller pique-niquer sur l'herbe, monsieur Pennell !

Cohill : Laissez-passer le lieutenant Pennell, sergent !

Le sergent : Laissez-passer le lieutenant Pennell !

Un autre soldat : Laissez-passer le lieutenant Pennell !

 

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Brittles : Voilà Mary, il ne reste plus que six jours à courir, et ton vieux Nathan quittera l'armée. Je n'ai rien décidé. Je ne sais où j'irai. Depuis des années, j'ai servi l'armée de toute mon âme, et maintenant je vais aller croupir dans quelque petite ville, à ne savoir que faire de mon temps. Non, je ne peux me faire à cette idée. Je vais peut-être me diriger vers l'ouest, vers les nouvelles colonies de Californie. Bien triste nouvelle aujourd'hui, Mary. Georges Custer, avec tous ses hommes, tués dans une embuscade. Miles Keogh, Mary, tu te rappelles bien, Miles ? Ce bel irlandais qui riait constamment. Celui qui valsait souvent avec toi. Oui, oui, je le sais, certains jours je t'ai fait des scènes de jalousie. Moi, je n'ai jamais bien su valser. Demain, à l'aube, je sortirai du poste avec la troupe. Il y a des Cheyennes aux alentours. Je rassemble au plus vite les patrouilles isolées, et je les ramène vers le nord. Probablement ma dernière mission, Mary. J'ai de la peine à le croire. J'ai de la peine à le croire.

 

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Olivia : J'espère ne pas être indiscrète, capitaine. Mais je vous ai vu venir ici, sur la tombe de votre femme. Alors, j'ai apporté ceci.

Brittles : Merci. C'est une pensée délicate, mademoiselle.

Olivia : Ce sont des cyclamens, c'est un mot grec qui signifie oreille de lapin, je crois.

Brittles : Ma femme les appelait flèches ardentes. Oui, toute sa vie, elle a aimé les fleurs.

Olivia : J'ai... capitaine, je suis vraiment confuse, je me suis couverte de ridicule ce matin.

Brittles : Ne soyez pas confuse, vous avez seulement tourné la tête à deux lieutenants. Mais il n'ya rien dans les règlements qui l'interdit.

Olivia : Vous n'êtes pas trop fâché ?

Brittles : Ah, laissons cela.

Olivia : Bien... bonsoir, capitaine.

Brittles : Bonsoir, mademoiselle Dandridge, et merci.

 

¤     ¤     ¤

 

Brittles : C'est une très gentille enfant. Quand je la vois, je pense à toi.

 

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Brittles : Alors, vieux camarade. Notre dernière patrouille, hein ?

Quincannon : La dernière d'une longue série, mon capitaine !

Brittles : Eh voilà, plus que cinq.

Quincannon : Trois, mon capitaine !

Brittles : J'ai dit plus que cinq.

Quincannon : Trois, mon capitaine !!

Brittles : Tu ne sais plus compter, Quincannon ! 

Quincannon : Je veux dire trois semaines avant que mois aussi je sois aussi à la retraite.

Brittles : Oh, les jours, les semaines, où est la différence ? Tu vas rester planté là toute la journée ?

Quincannon : Je prie de m'excuser, capitaine chéri...

Brittles : S'excuser est un signe de faiblesse ! Tu es prêt ?

Quincannon : Oui, mon capitaine !

 

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Brittles : Des selles d'amazone ?

Hochbauer : Oui, des selles d'amazone.

Brittles : Des selles d'amazone ? Mon commandant, qui est-ce qui a donné le damné... !

Allshard : Assez, assez, je sais, la voiture.

Brittles : Oui, la voiture, avec des vêtements de femme jusqu'en haut ! Je refuse d'encombrer une patrouille avec une voiture, en particulier cette patrouille ! 

Allshard : Nathan, je fais partir ma femme et ma nièce avec vous. Elles iront avec la troupe jusqu'à Sudowelles---. Là elles auront la diligence qui les conduira vers l'est et c'est un ordre, capitaine.

Brittles : Et moi je proteste contre cet ordre.

Allshard : Oh, je m'y attendais. Par écrit, sans doute.

Brittles : Oui et tout de suite.

Allshard : Nathan, je n'ai réfléchi qu'à cela toute la nuit. En aucun cas je ne peux les garder ici.  Il y a trop de risques à présent.

Brittles : Evidemment, pour les raisons suivantes.

Allshard : Du café ?

Brittles : Premièrement... Non. Oui. Nous savons qu'un parti d'Indiens Cheyennes du clan Chien fait une incursion sur ce territoire.

Allshard : J'ai l'impression que toutes les femmes sont...

Brittles : Un "R" ou deux à "territoire" ?

Allshard : Deux.

Brittles : Ah.

 

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Quincannon : Messieurs ! Je vous demande d'ouvrir bien grandes vos oreilles et d'écouter ce que je vais dire ! Il va y avoir des femmes qui suivront la troupe. Alors messieurs, tâchez voir à surveiller vos expressions !

Un soldat : Tâchez voir à pas abîmer la grammaire !

Quincannon : ... A qui est ce chien ? A qui est ce chien !? Joli chien... un setter irlandais, hu-hu huh ?

 

¤     ¤     ¤

 

Allshard : Pauvre Abby. Elle est furieuse, elle dit que tout le monde ici pensera qu'elle a peur. C'est aussi très embêtant pour moi, célibataire pendant tout un hiver.

Brittles : Et en conclusion, je me vois dans l'obligation de protester contre la décision de mon officier supérieur, qui désorganise la troupe en mêlant sa famille aux choses stratégiques...

Allshard : "Q", "U", "E", "S".

Brittles : ... à une heure critique. Signé : Nathan Brittles, et cæaetera.

Allshard : C'est très bien tourné, Nathan. Je vais le mettre dans mon tiroir.

Brittles : Hochbauer ?

Hochbauer : Mon commandant ?

Brittles : Vous avez dû hésiter longtemps, c'était une décision difficile à prendre, mais vous regretterez Abby.

Allshard : Je suis désolée d'avoir à vous encombrer de la sorte, mais entourez-vous de toutes les précautions.

Brittles : Mac !

Allshard : Vous avez raison, je n'aurais pas dû dire ça.

 

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Abby : Ca va, repos, Hochbauer ! Voilà ! Messieurs, je suis à vos ordres. Et qu'a dit ce bougon de capitaine quand il a su que la vieille dure à cuire partait avec lui ?

Allshard : Il a protesté avec énergie.

Brittles : Je l'ai fait par écrit, comme d'habitude. Ce sera avec grand plaisir que j'escorterai notre nationale Amélie ! Puisque c'est un ordre, il n'y a qu'à l'exécuter gentiment.

Allshard : Amélie, quel accoutrement ridicule ! Où avez-vous été dénicher ça ? C'est Quincannon qui vous l'a prêté ?

Abby : Oui !

 

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Olivia : Comment trouvez-vous mon uniforme ?

Cohill : Il est très joli. Et il vous va à ravir. Alors, félicitations, vous arborez le ruban jaune en l'honneur de Pennell.

Olivia : Que diriez-vous si c'était en votre honneur, monsieur ?

Cohill : Euh, j'en serais vraiment très flatté. Et extrêmement heureux. Oui, extrêmement heureux.

Brittles : Bonjour !

Olivia : Le soldat Dandridge est à vos ordres, capitaine !

Brittles : Ah, voilà un gentil petit troupier, très gentil ! Vous n'êtes pas ce cet avis, monsieur Cohill ?

Cohill : Oh si, tout à fait.

Brittles : Et qu'est-ce que je vois, mademoiselle, un ruban jaune ? Vous savez ce que ça signifie dans la cavalerie ? Un amoureux !

Olivia : Oui, vraiment ?

Brittles : Le nom de l'heureux élu ?

Olivia : Mais voyons, c'est vous, capitaine Brittles !

Brittles : Ha-ha-ha, c'est moi, ha-ha-ha ! Ces deux fougueux jeunes gens vont être jaloux !

Abby : Oh, bonjour Flint ! Ma chérie, tu es ravissante ! J'espère que John a vu ton joli ruban jaune.

 

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Pennell : J'ose croire que c'est pour moi que vous arborez ce ruban, Olivia.

Olivia : Voyons, ce n'est pour personne d'autre, John.

 

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Cohill : C'est romantique, mademoiselle. Les étendards flottent dans le vent, des hommes bronzés chantent à tue-tête, les chevaux caracolent,... on a les pieds en compote.

Olivia : Pourquoi est-ce qu'il faut que vous soyez si vulgaire, monsieur Cohill ?

Cohill : Dans la cavalerie, on n'a que faire du raffinement, mademoiselle.

Olivia : La cavalerie... Est-ce que vous ne trouvez pas ridicule d'être obligé de descendre de cheval toutes les heures. A ce compte-là, pourquoi ne pas être... dans l'infanterie ?

Cohill : Nous y serions rapidement si nous claquions nos montures. Vous n'avez qu'à aller dans le fourgon à l'arrière.

Olivia : Non merci. Pourquoi l'armée ne met-elle pas de ressorts à ses voitures ?

Cohill : Les soldats ont préféré avoir des rince-doigts, mademoiselle.

Olivia : Hinh, vous êtes un garçon très spirituel, monsieur Cohill. Avec votre permission, je vais aller un peu à l'arrière de la colonne. J'aime mieux avaler de la poussière avec monsieur Pennell.

Cohill : Je vous assure que vous lui avez assez jeté de poudre aux yeux. Pourquoi ne le laissez-vous pas tranquille ?

Brittles : Monsieur Cohill, relevez monsieur Pennell à l'arrière-garde !

Cohill : Oui, mon capitaine !

 

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Abby : Aaah l'armée... Moi, j'ai planté plus de vingt jardins dans les dix années qui ont suivi notre mariage, et jamais je ne suis restée assez longtemps pour récolter un légume ou une fleur.

 

¤     ¤     ¤

 

Brittles : Je ne sais pas qui vous a donné cette cervelle, sergent, mais c'est sûrement Dieu qui vous a fait cadeau de ces yeux-là. Ce sont des Arapahoes en effet. Et ils vont du même côté que nous. J'aimerais pourtant savoir pourquoi ils vont à SudoWells---. Sergent, vous avez une idée ?

Cohill : Ma mère n'a pas donné le jour à un fils pour jouer aux devinettes avec un capitaine.

Brittles : Bon, je le saurai bientôt. C'est un risque que je n'ose courir avec deux femmes.

 

¤     ¤     ¤

 

Brittles : C'est inquiétant, monsieur Cohill. C'est très inquiétant.

Cohill : Des Arapahoes sans doute.

Brittles : Nous allons les contourner, messieurs. En passant par l'est, nous approcherons de Sudo Wells- par Twin Forks.

Allshard : Mais ça va nous retarder d'une demi-journée, et ces dames vont manquer la diligence.

Brittles : Préféreriez-vous qu'il leur manque leurs cheveux, monsieur ? Allez en tête de la colonne, lieutenant Cohill.

Cohill : Oui, mon capitaine.

Allshard : Je m'excuse d'avoir dit...

Brittles : Oh, ça suffit !

 

¤     ¤     ¤

 

Pennell : Je vous relève, monsieur Cohill ! Je reprends l'arrière-garde.

Cohill : Je vous cède la place avec plaisir. Le vieux ne m'a pas dit un mot durant trois heures. "Mais ces dames vont manquer la diligence." Ho-ho, estimez-vous heureux si le vieux vous dit quoi que ce soit avant trois jours.

Pennell : Il n'aura pas d'autre occasion de le faire.

Cohill : Tiens ! Ainsi, le lieutenant Pennell veut toujours rentrer dans la vie civile.

Pennell : Sans aucune hésitation !

Cohill : J'aurai le regret de déchirer votre demande. Voyons, mon vieux, vous êtes dans le cas de tous les sous-lieutenants. Cette existence les décourage et ils ont le cafard de temps à autre.

Pennell : Moi, c'est différent. Je n'ai pas besoin de la solde que m'alloue notre gouvernement.

Cohill : C'est exact, vous êtes un gosse de riche. Je n'y songeais plus. Mais mademoiselle Olivia Dandridge le sait, aussi vous préfère-t-elle !

Pennell : Voulez-vous que nous réglions cette affaire à coups de poing, monsieur Cohill ? 

 

¤     ¤     ¤

 

Cohill : Pourquoi vous acharnez-vous à séduire John Pennell ? Sans vous, il ferait un excellent officier.

Olivia : Etes-vous chargé de veiller sur lui ou sur moi, monsieur Cohill ?

Cohill : Je vous dis ma façon de voir quand même. John est un enfant de riche, trop gâté, et l'armée est sa seule chance. Alors, puisque vous détestez l'armée, laissez-le en paix ! 

 

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Olivia : Tante Emilie, est-ce que vous êtes sûre ?

Abby : Oui, ce sont des buffles.

Quincannon : Ah, il y en a quelques milliers. Ca me rappelle l'époque où j'étais jeune. Hé-hé-hé, le whiskey ne valait que cinquante cents la bouteille ! Ha-ha-ha !

 

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- Je serais content de goûter la viande de ces bêtes-là.

- Moi aussi. J'aimerais en tâter.

- Mangez donc des haricots.  Croyez-moi, c'est plus prudent. Ah, vous allez voir les Indiens arriver à toute allure, et il y aura du vilain.

 

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Brittles : Quelle est votre idée, sergent ? Et ne me dites pas que vous n'êtes pas compétent.

Cohill : C'est-à-dire, mon capitaine, on ne me paie pas pour avoir des idées. En tout cas, voilà ce que je pense. Si j'avais autant d'ambition qu'un jeune peau rouge, et si j'étais très impatient de me faire valoir aux yeux des Cheyennes, je me planterais devant le feu de camp, le soir, et je leur parlerais. Je dirais que c'est moi qui, par mes sortilèges, ait fait venir les buffles ici. Je discourrais sur la puissance du grand manitou. Je crierais que les Indiens ont intérêt à s'unir, qu'ils ne doivent plus se quereller. Qu'ils doivent aider leurs frères Cheyennes, qui ont battu le général Custer, et infligé de grosses pertes aux soldats Yankees. Oui, c'est bien ce que je ferais. Oh, évidemment, je ne fais que deviner, mon capitaine.

Brittles : Oui, évidemment je devine aussi, sergent. Mais si j'étais agent officiel, comme l'est ce monsieur Rinders---, je m'adjoindrais un bon complice ou deux, pour faire de la contrebande d'armes. Je profiterais de cette magnifique occasion et je serais tout près du camps des têtes rouges, très décidé de leur offrir au plus haut prix mon stock de bons fusils.

 

¤     ¤     ¤

 

Quayne : Caporal Quayne, mon capitaine. Rapport de la patrouille de Paradise River. Les Arapahoes nous ont surpris au coucher du soleil !

McCarty: Avec Red Shirt à leur tête, mon capitaine ! Ce fils de chienne et ces sauvages nous tiré dessus !

Quayne : La ferme, McCarty !! Vous autres taisez-vous ! C'est moi qui fait ce rapport, oui ou non ? 

McCarty et les autres : Ca va, Mike, calme-toi, ça.

Quayne : Ils nous avaient encerclés mais, pendant la nuit, on s'est échappés. Après, on a été vous attendre au point indiqué. Vous n'y étiez pas à l'heure dite.

Brittles : Nous avons été un peu retardés, caporal. Mais continuez.

Quayne : De nouveau on a été attaqués, au lever du soleil. Et j'ai été touché.

Brittles : C'est un excellent rapport. Il sera dans votre dossier. Il vous aidera à passer sergent... dans deux ou trois ans.

Quayne : Merci, mon capitaine.

Brittles : Sonnez l'ambulance.

Quayne : Doucement.

Brittles : Bon travail. Bon travail McCarty, bon travail, mes amis ! On va vous donner du whiskey, Quayne. Après, ça ira !

 

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Le docteur O'Laughlin : Je vais tenter une opération très difficile. Il faudrait faire...

Brittles : Ah non, ce serait trop risqué.

O'Laughlin : Rien qu'une demi-heure, Nathan ! Vingt-cinq minutes et je suis certain de pouvoir le sauver.

Brittles : Docteur, arrêter la colonne serait une folie, je ne la commettrai en aucun cas. Quayne est un soldat, il doit courir les risques du soldat.

O'Laughlin : Il sait cela ! C'est moi qui le demande, Nathan.

Brittles : Je vais essayer de vous aider. Halte ! Pied à terre !

O'Laughlin : Je vous remercie.

 

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Abby : Avalez un grand coup.

Quayne : Après vous, madame, s'il vous plaît.

Abby : Ohhh, l'alcool, ça donne du courage. 

 

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Olivia : Je suis bien contente pour ce pauvre caporal Quayne.

Cohill : Pourquoi ? Ce n'est rien qu'un soldat quelconque, revêtu d'une sale vareuse bleue. Qu'il meure ou qu'il vive, quelle différence y'a-t-il ? Avez-vous dansé avec ce malheureux au fort ? L'avez-vous regardé ? Avez-vous dit quelque chose à cet homme ? Bien sûr que non, il n'a pas de galon d'officier, ce n'est pas un gentleman.

Olivia : Je commence à croire qu'on peut être officier sans être un gentleman.

Cohill : Vous êtes sûrement contente de la guérison de Quayne, mais seulement parce que ça vous donne un dénouement heureux à l'histoire que vous pourrez raconter entre le thé et les petits gâteaux. Eh bien, vous direz à vos amis que vous avez tout vu. Une charge contre les indiens, un soldat avec une flèche fichée dans les côtes...

Olivia : Monsieur Cohill !

Cohill : Votre villégiature ici aura été presque parfaite !

Un soldat : Oh-ho, madame Allshard a de gros ennuis là-bas, mademoiselle Dandridge, le chloroforme et le reste. Voudriez-vous aller l'aider ?

Olivia : J'y vais tout de suite, capitaine, j'en ai assez entendu.

 

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Brittles : Monsieur Cohill, est-ce que vous avez déjà reçu une paire de claques ou une fessée ? 

Cohill : Mais non, mon capitaine. C'est-à-dire oui, de mon père lorsque je faisais des bêtises.

Brittles : J'ai l'impression que je suis assez vieux pour être votre père, mon ami. Allez, au galop, maintenant !

 

 

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Cohill : A votre place, je n'irai pas plus loin. Nous sommes déjà assez éloignés du camp. Il y a probablement des Indiens autour de nous. Ils nous surveillent sans que nous les voyions.

On entend siffler.

Cohill : Ne croyez pas que c'est un oiseau. Venez, Olivia, retournons maintenant.

Olivia : Je reviendrai bien toute seule, merci.

Cohill : Olivia. Notre vieux capitaine dit qu'il ne faut jamais s'excuser, que c'est un signe de faiblesse. Mais j... je m'excuse... de ce que j'ai fait, et de tout ce que je vous ai dit jusqu'ici. Oh, chérie, je vous aime tant.

Pennell : C'est bon, Flint, finissons-en ! Enlevez-votre vareuse !

Cohill : Est-ce que vous êtes fou, Pennell ?

Pennell : Ce n'est pas parce que vous êtes mon supérieur que vous m'impressionnez. Vous êtes malade de jalousie !

Cohill : Veuillez reboutonner votre vareuse !

Olivia : John, je vous ne prie.

Pennell : Je vous interdis de faire la cour à la jeune fille que j'aime !

Cohill : Dans ce cas, monsieur, je suis à vos ordres. Réglons cette affaire tout de suite, je suis de votre avis.

Brittles : Mettez-vous en tenue, monsieur Pennell. J'avais meilleure opinion de vous. Il y a quatre ans que vous êtes ici, et vous agissez encore comme un cadet qui sort de l'école. Je voudrais savoir ce qui se passe, monsieur Cohill.

Cohill : Je regrette. Cette histoire ne regarde que nous, et je ne puis répondre.

Brittles : Monsieur Cohill, je suis extrêmement déçu de votre attitude. Il y a déjà neuf ans que vous êtes officier, vous avez l'expérience de la cavalerie. Et c'est à vous que je vais bientôt remettre le commandement de la troupe qui a été sous mes ordres. Est-ce que vous vous croyez capable d'être un chef, vous qui alliez vous battre à coups de poing comme un charretier ou un ivrogne avec un inférieur, alors que les tambours résonnent encore sur la tombe d'un homme a su se sacrifier. Le Seigneur protège la troupe quand je serai parti.

Pennell : C'est ma faute.

Brittles : Veuillez vous taire, monsieur Pennell !

Olivia : Capitaine, c'est un malentendu !

Brittles : Vous, je vous prie de regagner le camp ! Monsieur Cohill, veuillez dire aux hommes de faire de très grands feux ce soir. Je veux donner l'impression que nous nous installons pour quelques temps. Et nous partirons dans la nuit. Nous irons vers la rivière. Nous rentrons au poste.

Cohill : Je m'excuse, John.

Pennell : Je m'excuse, Flint.

 

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- Je viens de voir notre ami, monsieur Rinders---, non loin d'ici, en train de faire d'excellentes affaires.

Brittles : Monsieur Rinders---... j'en étais sûr. Avertissez monsieur Pennell à l'avant-garde. Suivez-moi. 

 

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Un Indien : *ù%§¤£µé"'_çè('-($$£^^$**§§ù !

Le traducteur de Rinders : Il dit que cinquante dollars, c'est beaucoup trop.

Rinders : Beaucoup trop ? Alors dites à ce fils de voleur de chevaux que je sais qu'il a volé l'argent de l'officier Peyer---. Dites-lui que je sais qu'il a tué le major Shilde---. Et que s'il ne donne pas cinquante dollars, il n'aura aucun fusil.

Le traducteur : *ù%§¤£µé"'_çè('-($$£^^$**§§ù !

 

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Abby : Il ne me dira certainement pas cela, Nathan, parce que le mot "adieu" est inconnu dans la cavalerie. Nous nous reverrons à votre prochain poste. 

Olivia : Moi aussi, je serais contente d'aller vous voir, capitaine.

 

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jeudi, 22 novembre 2012

Un été 1942 - Jennifer O'Neill

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Film : Un été 1942 (1971, durée 1h43)

Réalisateur : Robert Mulligan

Musique : Michel Legrand

D'après les mémoires de Herman Raucher

Dorothy (Jennifer O'Neill), Herbert (Gary Grimes), Oscar (Jerry Houser), Bernard (Oliver Conant), Aggie (Katherine Allentuck), Miriam (Christopher Norris), le droguiste-épicier (Lou Frizzell)

 

¤     ¤     ¤

 

Voix off : Quand j'avais quinze ans, ma famille est venue passer les vacances dans l'île. Il y avait beaucoup moins de maisons et beaucoup moins de gens que maintenant. Le caractère de ville et la singularité de la mer étaient beaucoup plus remarquables à cette époque-là. Pour qu'un garçon ne meurt pas d'ennui, il fallait que sa famille soir sure que d'autres familles du voisinage fourniraient à l'île son contingent d'enfants. 

Pendant l'été de quarante-deux, il y avait en plus de moi Oscar, mon meilleur ami, et Bernard, mon second meilleur ami. Nous nous étions donné le nom de "trio terrible"

Cette maison isolée était celle qu'elle habitait. Personne, depuis la première fois que je l'ai vue, ni rien de ce qui m'est arrivé ensuite, ne m'a donné une telle sensation de peur et de confusion. Aucun des êtres que j'ai connus n'a autant fait pour me rendre plus sûr de moi et plus incertain, plus persuadé de mon importance et de mon insignifiance.

 

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Bernard : Hé, hé Oscar, regarde, c'est encore cette femme.

Oscar : Oh, Herbert, tu vas pas encore recommencer à te mettre en transe, non ? Ah, j'te l'jure, je sais pas ce qui te prend avec elle. Tu ne t'es pas encore aperçu que c'était une vieille ? Je vois pas l'intérêt, moi.

Bernard : C'est pour son esprit ! Leurs esprits vont peut-être se rencontrer et se dire "salut !".

Oscar : Tu devrais aller lui dire bonjour à son esprit, Herbert ! Vas-y, va lui dire bonjour.

Herbert : Ca va, écrase.

Oscar : Allez, vas-y, si elle est l'amour de ta vie, il faut que tu ailles la saluer. Allez, dépêche-toi, on veut te voir lui dire bonjour. T'es peut-être un tombeur formidable ? On n'en sait rien après tout.

 

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Dorothy : J'ai reçu une lettre de douze pages aujourd'hui !

Herbert : Oh c'est chic ça.

Dorothy : Oui alors, c'est chic !

 

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Dorothy : Vous avez beaucoup d'amis dans l'île ? 

Herbert : Euh, deux.

Dorothy : Ah.

Herbert : Mais c'est des types... pas très mûrs, vous voyez ?

Dorothy : Et qu'est-ce que vous faites pendant les vacances ?

Herbert : Il y a évidemment le basket qui me plaît. Mais j'trouve que ça vaut quand même pas le baseball. Au moins, au baseball, on n'a pas les épaules tombantes à force de dribbler.

Dorothy : Non, c'est très juste. Vous aimez la musique ?

Herbert : Oui, oui, je suis très musicien.

Dorothy : Ah, vous jouez d'un instrument ?

Herbert : Oui, je chante. Moi j'trouve que la voix, c'est une sorte d'instrument.

Dorothy : Oui, moi aussi.

Herbert : Et puis on peut toujours siffler pour changer.

Dorothy : C'est évident.

 

¤     ¤     ¤

 

Oscar : Comment ça a marché ?

Herbert : Pas mal.

Oscar : Qu'est-ce que t'as fait ?

Herbert : Oh j'lui ai tenu un nichon.

Oscar : C'est pas vrai !

Herbert : Pendant près de onze minutes.

Oscar : Sans blague ! Formidable !

Herbert : Onze minutes pleines.

Oscar : T'as chronométré ?

Herbert : Ouais. Le plus que j'avais fait c'était huit minutes avec Lily Harrisson.

Oscar : Alors t'as battu ton record.

Herbert : De trois minutes.

Oscar : Quel effet ça te faisait ?

Herbert : Comment l'effet que ça faisait ? L'effet d'un nichon !

Oscar : Pas plutôt l'effet d'un bras ?

Herbert : Un bras ?

Oscar : Oui.

Herbert : Non, ça faisait l'effet d'un nichon.

Oscar : Et moi j'te parie que c'était comme un bras.

Herbert : Pourquoi ça aurait été comme un bras ?

Oscar : Parce que c'en était vraiment un.

Herbert : Non mais sans blague, t'es pas un peu cinglé ?

Oscar : C'que tu tenais, c'était son bras. J't'ai regardé, c'est justement pour ça que j'te dis ça. Tu lui a serré le bras pendant onze minutes, hé patate ! Alors ton record de huit minutes avec Lily Harrisson tient encore.

Herbert : T'es un menteur et un dégueulasse !

Oscar : Oh, j'te mentirais pas pour un bras, Herbert.

Herbert : C'était un bras ? Oh merde alors, dire que je m'excitais juste à cause d'un bras.

Oscar : Oui, mais c'était un très joli bras.

Herbert : T'es un beau salopard !

Oscar : Quoi ?

Herbert : Un beau salopard ! Pourquoi tu m'l'as dit ?

Oscar : Quoi ?

Herbert : Pourquoi tu m'as pas laissé croire que c'était un nichon ?

Oscar : Il fallait que tu saches la vérité. Il faut que tu t'instruises pour pas faire la même gourance une autre fois.

Herbert : T'as seulement voulu me gâcher mon souvenir, espèce de salopard.

Oscar : Oh, dis, moi j'en ai rien à foutre si tu passes toute ta vie en t'amusant à serrer des bras. Mais il faut que tu vois la réalité, surtout si tu chronomètres tes performances pour battre des records.

Herbert : Oh j'crois que t'as raison. Bon Dieu, je pourrai plus jamais la regarder en face.

Oscar : T'auras qu'à lui dire de mettre des manches longues.

Herbert : Un bras, c'est pas vrai !

Oscar : Un bras de onze minutes !

Herbert : Un bras ! Un bras !

Oscar : Lily Harrisson, ton record est toujours bon !

Herbert : Lily Harrisson ! 

 

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Dorothy : Mais qu'est-ce qu'il y a ? Vous vous sentez bien ?

Herbert : Euh oui.

Dorothy : Vos jambes tremblent.

Herbert : J'crois que l'escabeau est pas très solide.

Dorothy : Vous voulez que je vienne ?

Herbert : Vous pouvez me passer un autre paquet maintenant.

Dorothy : Voilà, c'est le dernier. Ca y est, vous pouvez descendre. Vous m'avez bien aidée. Ecoutez, cette fois, il faut que vous me laissiez vous donner un peu d'argent.

Herbert : Non-non, je veux pas d'argent, merci.

Dorothy : Oh, mais il faut accepter. Jamais je ne serais arrivée à monter ces boites au grenier à moi toute seule.

Herbert : Non, vraiment. Je vous aime bien.

Dorothy : Vous êtes très gentil, Herbert, je vous aime bien aussi.

Herbert : Je veux dire, il n'y a pas beaucoup de gens que j'aime.

 

¤     ¤     ¤

 

Oscar : Ah, j'aimerais les peloter toutes, les filles. Tu sais, j'aurais qu'à faire semblant de tomber dessus, et elles s'apercevraient de rien.

Herbert : Eh non, c'est pas comme ça qu'il faut faire.

Oscar : Non ? Alors comment il faut faire ?

Herbert : Faut leur dire des choses.

Oscar : Ouais, c'est ça, j'vais leur dire "Excusez-moi..."

Herbert : Tu sais très bien c'que j'veux dire. Tu peux pas accoster une fille et lui tomber dessus comme ça. Ca s'fait pas.

Oscar : Pourquoi ? Je l'ai fait à Gladys Potter.

Herbert : Ouais mais c'est une p'tite gosse de douze ans. Elle sait rien.

Oscar : C'est pas sûr. En tout cas, elle a pas rouspété.

Herbert : Elle a été surprise.

Oscar : Oui, moi aussi, y'avait rien à peloter. Hé Bernard, tu t'amènes, oui ? J'sais pas c'qu'on va faire de lui. Il n'a aucune émotion.

Herbert : Il est troublé, c'est de son âge.

Oscar : Oui. C'est comme moi. Je m'réveille au milieu de la nuit en ce moment. Toutes les nuits.

Herbert : Ouais, c'est normal. Moi aussi.

Oscar : Toi aussi ?

Herbert : Oui.

Oscar : Ben ouais, mais... je m'réveille comme un dingue. Et je pense à Vera Miller.

Herbert : Et alors ?

Oscar : Alors ? Je déteste Vera Miller. Tu crois que j'suis amoureux d'elle ?

Herbert : J'en sais rien, moi.

Oscar : Non, j'peux pas être amoureux d'elle, puisque j'la déteste.

Herbert : Quel genre de pensées tu as à propos d'elle ?

Oscar : Benh, j'ai oublié.

Herbert : Alors qu'est-ce que tu veux que j'fasse pour toi ?

Oscar : Personne te demande de faire quelque chose pour moi.

Bernard : De quoi vous parlez, tous les deux ?

Oscar : De choses que tu comprendrais pas.

Bernard : Oh, va te faire voir !

Oscar : C'est justement de ça qu'il est question, Bernard. Dis dons, si au lieu de m'envoyer aller m'faire voir, t'aller voir une fille, toi ?

Bernard : Ouais, d'accord.

Oscar : Haa, d'accord qu'il a dit ! Ca c'est quelque chose ! Tu saurais même pas pas où commencer.

Bernard : Si, j'saurais.

Oscar : Alors, par quoi tu commencerais ?

Bernard : Pas la peloter !

Oscar : Mais non, par l'embrasser.

Bernard : T'as pas embrassé Gladys Potter.

Oscar : Parce que j'avais pas le béguin pour elle. Quand on a le béguin pour une fille, on l'embrasse d'abord ! C'est pas vrai, Herbert ?

Herbert : C'est plus poli.

Bernard : En tout cas, c'est pas forcé.

Oscar : Mais si, c'est forcé, hé cloche !

Bernard : C'est pas vrai !

Oscar : Aah, qu'est-ce que t'en sais ?

Bernard : J'l'ai lu dans un bouquin.

 

été,42,1942,jennifer,o'neill,michel,legrand,herman,raucher

 

Bernard : Si ma mère savait que j'ai pris c'bouquin ! Il n'est pas à moi ! Il n'est pas non plus à ma mère ! Il appartient aux gens qui nous louent la maison. Si vous faites des taches, j'vous préviens, c'est vous qui trinquerez ! Ha, ma mère va s'apercevoir qu'il est plus là. C'est le plus gros livre de l'étagère. J'en ai fait tomber dix en le prenant !

Herbert : Dépêche-toi, quoi.

Oscar : J'peux pas lire aussi vite que toi.

Herbert : Allez, tourne !

Oscar : Tu crois que c'est vrai tout ce qu'ils disent là-dedans ?

Herbert : Oh oui, c'est un bouquin médical. Ils racontent pas d'histoires.

Oscar : Mais... mais comment ils prennent ces photos-là ?

Herbert : Ils doivent avoir des appareils spéciaux.

Oscar : Oh, penses-tu, aucun drugstore ne voudrait les développer ! Si on portait des trucs pareils au père Sanders, on s'ferait mettre en maison de correction.

Herbert : Oui, sans doute qu'ils les développent eux-mêmes. Oui, je pense que c'est comme ça qu'ils doivent faire.

Bernard : Laisse-moi voir.

Oscar : Oh, vas-t-en, Bernard ! Ca va te faire baver.

Bernard : Mais c'est à moi, c'bouquin !

Herbert : Oh tu peux le laisser voir, merde.

Oscar : Tiens, là ils le font !

Herbert : J'crois pas que ça soit ça.

Oscar : Benh si tu crois pas, c'est dommage pour toi parce que, quand ce sera ton tour de l'faire, il vaudra mieux que tu saches.

Bernard : Oh non, c'est pas comme ça. Mon père et ma mère font jamais ces trucs-là ! Jamais !

Oscar : Pourquoi ça ?

Bernard : Parce que c'est stupide.

Oscar : Oh écoute, je regrette beaucoup de te l'apprendre, mais c'est comme ça qu'on fait.

Bernard : Dites, vous avez intérêt à pas me charier, parce que ça pourrait être dangereux pour vos gueules.

Herbert : Oh écoute, Bernard, si tu regardes simplement les photos comme ça, bien sûr que ça a l'air bête. Mais quand deux personnes s'aiment, il paraît que ça peut vraiment faire plaisir.

Bernard : Oh, qu'est-ce que t'en sais ? Tu l'as jamais fait, alors tais-toi.

Herbert : C'est c'qui est marqué dans l'bouquin. En noir et blanc et en couleurs. C'est pour ça qu'on s'embrasse d'abord ! C'est la meilleure manière de faire connaissance. Une fois que les gens se connaissent, ils deviennent amoureux et une fois qu'ils sont amoureux, ils font l'amour.

Oscar : Pré-li-mi-naires, ça s'appelle "préliminaires" ! Euh, d'abord, tout le monde se déshabille, et après on fait les préliminaires. Ensuite, lui il fait ça. Et puis elle, elle fait ça ; lui, il fait, ça, et en moins de deux, ils sont en train de se grimper ! C'est tout ce qu'il y a de plus simple, tu avoueras ! Tu sais, moi aussi, avant de voir les photos, je croyais que c'était pas possible, ces choses-là. Mais c'est des photos prises d'après nature. C'est pas comme des dessins. Moi, j'en ai vu des dessins. Ca, c'est des vraies photos. 

 

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Herbert : Mais qu'est-ce que tu fous ?

Oscar : Eh bien je fais deux copies, une pour moi et une pour toi. Tu pourras l'avoir tout le temps sous la main pour l'étudier et la consulter.

Herbert : Mais à quoi ça va me servir ?

Oscar : Tu vas pas t'amener chez une fille avec un livre sous le bras, alors j'en fais un résumé point par point. Si tu suis exactement, ça marchera.

Herbert : Ecoute, j'suis bien embêté. J'crois que j'ai des sentiments profonds pour elle.

Oscar : Et alors ?

Herbert : Alors j'veux pas juste coucher avec elle. J'la respecte.

Oscar : Herbert, il y a une chose qu'il faut que tu comprennes. C'est très bien de respecter une fille, mais elle ne te respecte pas si tu n'essaies pas de coucher avec elle.

Herbert : J'crois pas à ça.

Oscar : Mais c'est vrai, c'est mon frangin qui m'la dit. Toutes les femmes sont comme ça. Elles veulent qu'on essaie, même si elles ne marchent pas. Parce que, même si elles ne te laissent pas faire, elles veulent que tu essaies.

Herbert : J'cois que je vois ce que tu veux dire, oui.

 

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Herbert : Vous allez bien ?

Dorothy : Très bien, merci, et vous ?

Herbert : Pas mal.

Dorothy : Bien. Quelle merveilleuse matinée ! Ca sera une belle journée, je crois.

Herbert : Ah oui, je crois aussi. Au fait, les boites qu'on a mises au grenier, tout va bien ?

Dorothy : Oui-oui, ça va très bien, elles sont toujours en place.

Herbert : Elles sont mieux là-haut.

Dorothy : Mmmmh.

Herbert : Oh je vous aurais invitée au ciné, mais c'est le même film. Vous voulez le revoir ?

Dorothy : Oh, non, non, merci.

Herbert : Au fond, j'vous comprends, quand on connaît la fin, ça perd tout son intérêt.

Dorothy : Oui. 

 

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Herbert : Vous n'avez pas chez vous d'autres objets lourds à déménager ?

Dorothy : Oh, non, je vois pas pour l'instant.

Herbert : Si vous vouliez quelque chose, faut pas vous gêner.

Dorothy : Entendu, j'y penserai, merci.

Herbert : Vous serez chez vous ce soir ?

Dorothy : Pardon ?

Herbert : Je pensais que je pourrais peut-être passer. Je dois justement aller par-là.

Dorothy : Alors vous n'aurez qu'à passer.

Herbert : Je suis pas tout à fait sûr de pouvoir, hein, alors comptez pas trop sur moi.

Dorothy : Bien. Oh, il commence à être tard, il faut que j'aille à la poste, je dois expédier des lettres.

Herbert : J'peux vous les porter si vous voulez.

Dorothy : Oh, non, non merci, c'est un peu compliqué, c'est pour l'étranger, merci quand même.

Herbert : Hé, dites, j'connais même pas votre nom.

Dorothy : Dorothy.

Herbert : J'ai eu une chatte qui s'appelait comme ça. Elle est passée sous un camion.

Dorothy : Au revoir.

 

¤     ¤     ¤

 

Herbert : Oh dis donc, c'est dingue !

Oscar : Quoi ?

Herbert : Le numéro III !

Oscar : Qu'est-ce que ça a de dingue ?

Herbert : Jamais j'ai entendu ce mot-là !

Oscar : C'est du latin. Les gars qui ont trouvé ça étaient des latins.

Herbert : J'sais même pas comment ça s'prononce !

Oscar : Ne le prononce pas, fais-le.

Herbert : Mais je sais même pas où ça se tient ! Et de quoi est-ce qu'ils parlent au numéro 4 ?

Oscar : C'est aussi du latin, tout est en latin, tu vois pas ?

Herbert : Ah oui, alors j'vais lui demander où se trouvent tous ces trucs-là ?

Oscar : Oh, ils sont tous à peu près au même endroit. Cherche t tu trouveras. Et puis d'ailleurs, elle sera là pour t'aider.

Herbert : Oh oui, j'espère, parce que je vais vachement avoir besoin d'aide.

Oscar : Le numéro VI, Herbert, c'est très important.

Herbert : Préliminaires ?

Oscar : Oui, c'est un mot qui revient à tout bout-de-champ.

Herbert : N'empêche que j'sais toujours pas quoi faire. J'vais pas lui dire "On fait un coup de préliminaires" ?

Oscar : Je t'ai déjà dit que tu n'avais pas besoin de parler.

Herbert : Tu crois ça ? Au numéro II, ils disent en toutes lettres qu'il faut converser.

Oscar : Oui, mais quand tu arrives au numéro VI, tu n'as plus besoin de rien dire, tu pousses des gémissements. Des gémissements, c'est tout.

Herbert : Mais elle croira que j'ai mal au cœur.

Oscar : Non, elle poussera aussi des gémissements.

Herbert : Ca risque de faire du chahut. Bon Dieu... Dis donc, Oscar, si je vais au bout des XII paragraphes, je vais lui faire un gosse ? J't'assure que j'tiens pas à avoir un gosse à mon âge ! Oh, j'aime mieux laisser tomber !

Oscar : Oh c'est pas croyable c'que tu peux être balo.

Herbert : J'suis peut-être balo, mais j'ai pas du tout envie d'être père. Deux maux ne font pas un bien.

Oscar : Prends des précautions. Mets une capote anglaise. T'as jamais entendu parler des capotes ?

Herbert : Si, bien sûr, j'sais c'que c'est.

Oscar : Alors ça va. Tu n'as qu'à en mettre une, c'est tout. Moi, j'ai déjà la mienne. Quand mon frère est parti à l'armée, il m'en a fait cadeau. J'la porte toujours sur moi depuis c'teps-là. Elle me sert de talisman.

Herbert : Combien tu m'la vendrais ?

Oscar : Elle me vient de mon frère. J'la vends pas, c'est un bijou de famille ! Tu n'as qu'à t'en acheter une autre. Y'en a au drugstore.

Herbert : Oh, j'peux pas risquer l'coup ! Puis il verrait bien que j'ai pas encore l'âge ! Et puis d'ailleurs, j't'apprendrais qu'il y a tout le temps des femmes dans le drugstore.

Oscar : Où et-ce que tu espères en trouver ? Dans un magasin de sport ?

Herbert : Enfin, si t'étais un vrai copain, tu me prêterais la tienne !

Oscar : Quoi ?

Herbert : J'te la rendrai !

Oscar : Oh-ho, Herbert, j'commence à croire sérieusement que tu dois être pédé !

Herbert : Tout va bien, j'te remercie.

Oscar : Non, non, j'veux dire que tu n'connais rien de rien. Une capote anglaise, ça ne sert qu'une fois. Seulement une fois et seulement pour une personne. On ne pet jamais la partager, même avec son meilleur ami.

Herbert : Oh... Y'a qu'à laisser choir, tant pis.

 

été,42,1942,jennifer,o'neill,michel,legrand,herman,raucher

 

Le droguiste : Qu'est-ce que vous cherchez ? J'pourrais peut-être vous aider à trouver.

Herbert : Oh,... je l'saurai en le voyant.

Le droguiste : Pourquoi ne me dites-vous pas ce que vous cherchez ?

Herbert : Oh,... j'vais vous l'dire. Je viens juste de me rappeler.

Le droguiste : Hein, oui ?

Herbert : J'voudrais une glace, à la fraise.

Le droguiste : Très bien, venez avec moi. Simple ou double ?

Herbert : Vous pouvez m'en donner une triple.

Le droguiste : Voilà, ça fait dix cents.

Herbert : J'aurais besoin d'autre chose, j'viens de me rappeler.

Le droguiste : Oui, qu'est-ce que c'est ?

Herbert : Un peu de chocolat.

Le droguiste : Bon, très bien. Du chocolat. Et voilà.

Herbert : J'vous remercie.

Le droguiste : Ca nous fera douze cents. Vous désirez autre chose ?

Herbert : Euh, oui, je regrette de vous déranger, mais je...

Le droguiste : Parlez, je vous écoute.

Herbert : J'peux avoir une serviette ?

Le droguiste : Oui, voilà. Et avec ça ?

Herbert : Est-ce que j'peux avoir des capotes ?

Le droguiste : Pardon ?

Herbert : J'ai entendu dire que vous en avez.

Le droguiste : Que j'ai quoi ?

Herbert : Oh, voyons, vous savez bien.

Le droguiste : Des préservatifs ?

Herbert : Oui ! Voilà.

Le droguiste : Et vous avez l'intention d'en acheter.

Herbert : Oui.

Le droguiste : Pourquoi faire ?

Herbert : Oh, j'pense que vous devez l'savoir.

Le droguiste : Très bien. Quelle marque ?

Herbert : Quelle marque ?

Le droguiste : Oui, quelle marque ? Quel modèle ?

Herbert : L'habituelle.

Le droguiste : Oh, vous savez, il y a plusieurs marques.

Herbert : Ne les étalez pas, c'est pas la peine !

Le droguiste : Alors, lequel voulez-vous ?

Herbert : Le paquet bleu.

Le droguiste : Et combien en voulez-vous ?

Herbert : Oh, trois douzaines ?

Le droguiste : Vous prévoyez une belle nuit !

Herbert : Oh, juste comme d'habitude.

Le droguiste : Ca nous fera douze dollars.

Herbert : Douze dollars !?

Le droguiste : Et pour le cornet de glace douze cents en plus.

Herbert : Ca ferait combien pour une douzaine ?

Le droguiste : Quatre dollars.

Herbert : J'en aurais combien pour un dollar ?

Le droguiste : Trois.

Herbert : J'en prendrai deux.

Le droguiste : Je regrette mais c'est en paquet de trois.

Herbert : Alors est-ce que vous pourriez me faire crédit pour la glace ?

Le droguiste : Ecoutez, mon garçon, on a bien le droit de s'amuser, mais quel âge avez-vous ?

Herbert : Seize ans.

Le droguiste : Quel âge ?

Herbert : A mon prochain anniversaire.

Le droguiste : Qu'est-ce que vous pensez faire avec ça ?

Herbert : Eh benh, c'est pour mon frère, mon frère aîné.

Le droguiste : Pourquoi est-ce qu'il ne vient pas les acheter lui-même ?

Herbert : Il est malade.

Le droguiste : Eh bien pourquoi en a-t-il besoin ?

Herbert : Pour quand il ira mieux. Il est dans les Rangers.

Le droguiste : Oh. Est-ce que vous savez quel usage on doit en faire ?

Herbert : ... Oh oui, on commence par les remplir d'eau et on les jette du haut d'une fenêtre.

Le droguiste : Très bien, je voulais seulement m'assurer que vous saviez comment on n'en servait.

Herbert : Bien sûr que je l'sais. Mon frère m'aurait jamais envoyé en acheter sans m'expliquer à quoi ça servait.

Le droguiste : Bon, alors ça fera un dollar tout compris, avec le cornet de glace.

Herbert : D'accord. Merci beaucoup.

 

¤     ¤     ¤

 

Oscar : On s'est disputés cet après-midi. Alors après, j'ai été chez elle pour lui dire que je regrettais. Elle avait l'appendicite, tu te rends compte !? Il a fallu la transporter d'urgence sur le continent. Oh, mais je regretterais qu'on lui coupe les nichons pour l'opérer !

Herbert : Oh, y'a pas d'raisons pour que l'entaille aille si loin.

Oscar : Elle me dit qu'elle veut plus de moi et après elle se paie une appendicite. Elle peut rien faire sans exagérer.

 

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Lettre de Dorothy : Cher Herbert, il faut que je reparte. Je suis sure que vous comprendrez, j'ai beaucoup de choses à faire. Je ne veux pas essayer d'expliquer ce qui s'est passé hier soir, parce que je suis sure que plus tard, dans votre souvenir, vous en trouverez la vraie raison. Je ne vous oublierai pas. J'espère que toutes les tragédies absurdes vous seront épargnées. Je vous souhaite tout le bien possible, Herbert. Rien que du bien. Toujours. Dorothée.

 

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Voix off de Herbert : Je ne devais jamais la revoir. Ni savoir ce qu'elle est devenue. En ce temps-là, les jeunes étaient différents. Nous n'étions pas comme ceux d'aujourd'hui. Il nous fallait plus longtemps pour comprendre ce que nous éprouvions. La vie est faite de changements, petits ou grands. Pour chaque chose qu'on acquiert, on en abandonne une autre. Pendant l'été quarante-deux, nous avons attaqué quatre fois le poste de garde-côte, nous avons vu cinq films et eu neuf jours de pluie. Bernard a cassé sa montre. Oscar a abandonné l'harmonica et d'une manière bien particulière, j'ai perdu Herbert, pour toujours.

 

> Pour écouter : lettre et voix off de fin.WMA

 

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> Et en musique, trois vidéos : http://fichtre.hautetfort.com/archive/2014/06/17/un-ete-42.html