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samedi, 17 mai 2014

Etymologie - Mener en bateau

 

mener en bateau
Source : Direct Matin, lundi 11 février 2013

 

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> Pour davantage : http://fichtre.hautetfort.com/les-mots-francais.html

 

vendredi, 16 mai 2014

L'Algérie II

 

algérie,virginie buisson, la mort des autres

 

Extraits de L'Algérie ou la mort des autres, Virginie Buisson, 2000, Folio :

[...]

Le village pourrait être en France. Il y a même une église avec un jardin de curé, une mairie avec un drapeau et l'école des filles séparée de celle des garçons. Les mechtas dans les montagnes et les gens rappellent que nous sommes en Algérie.

Il y a un tailleur. Il ne prend pas de mesures, il plie, marque à la craie et coud sur sa machine à pédales des mètres de rubans sur du tissu à fleurs.
On attend un peu et on a une gandoura.

A côté, le boucher étale ses moutons égorgés envahis par les mouches.

Plus loin, une famille européenne subsiste grâce aux couscous déposés à leur porte.
Je descendais souvent la rue du village avec leur fils aîné. On s'insultait d'un trottoir à l'autre. De lui j'ai appris les différences.
Je suis patos (nom donné aux gens nés en France).
Il est pied-noir,
et il y a les ratons.

Je ne l'ai pas connu longtemps, juste le temps de s'empoigner joyeusement.
Il est parti un jour.

Des Européens tiennent un café. J'aime aller chez eux à cause d'un mur recouvert de chèvre-feuille et d'un énorme platane où je me balance.
Dans une villa proche, leurs cousins vieillissent, gardiens de l'ancienne splendeur.
Après la sieste, ils sortent les chaises devant leur porte.
Ils racontent les chasses à dos de mule. Ils disent le temps d'avant les événements.

En face de chez nous, vit une veuve : madame Aupetit et son fils, vieux garçon.
Elle a des colombes dans sa cour et des pigeons.

De temps en temps, elle en étouffe une paire pour notre repas.
Je vais y chercher des œufs aussi.
Je l'attends dans la bibliothèque où un balancier de cuivre sonne les heures en désordre. Elle arrive doucement, en traînant ses jambes enflées.

Je rêve de monter au premier étage.

Sur la route d'Aumale, il reste un vieux couple, les Gilles, repliés au village depuis les premiers attentats.
La femme s'active, pressée, insoumise et farouche.
Lui s'éteint en pensant à sa ferme abandonnée.
Il regrette de n'avoir plus assez de force pour rester seul dans sa montagne : pour monter la garde auprès de ses vignes.
Il se fait du souci pour sa jument que nourrissent d'anciens journaliers.
Il a trop de "plus jamais" dans la tête pour espérer.
Je l'ai toujours vu le visage fermé, les poings serrés.

Son fils Charles vit seul, indifférent à l'avenir.
Il laboure, plante des fèves, fait ce qu'il a à faire en harmonie avec le temps.
Il me parle des fêtes d'avant, sans amertume.
C'est comme ça, c'est tout.

Son frère Armand, un peu don Juan de village, séduit les femmes mariées.
Mon père ne l'aime pas, je l'ai peu vu.
Il y en avait un autre dont j'ai oublié le prénom.
Il se consumait d'une tuberculose ramenée de captivité.
Il était correspondant d'une compagnie d'assurances.
Sa femme, opulente et volubile, me serrait sur son cœur.
Ma mère n'appréciait pas et un jour, je n'ai plus eu le droit de retourner chez eux.

Pourtant, j'aimais leur désordre.

Mademoiselle Blanche tient le dépôt de pain et vend Le Journal d'Alger et La Dépêche quotidienne.
Elle n'ouvre que le haut de sa porte en traînant une jambe arthrosée.
Chaque année elle va à Lourdes.
Lorsqu' j'arrive, alors qu'elle est à table, elle se lave les mains pour me servir, et se les relave après, car "les sous, les Arabes aussi les touchent".

J'apprends le racisme ordinaire, quotidien.

Des colons habitent une ferme un peu isolée ; j'y vais quelquefois.
Madame Danal sort des gâteaux secs d'une boîte de fer, et l'on boit du sirop d'orgeat sur des fauteuils raides et solennels.
Les volets sont clos sur la chaleur, on entend les grillons.
Je suis invitée pour la journée quand leur fille rentre de pension.
J'y vais volontiers au temps de la moisson à cause de la poussière dorée, du bruit de la moissonneuse-batteuse en bois, et des cigognes.
J'ai un peu peur pour revenir, je cours en approchant du cimetière ; passé les cyprès, la route est toute droite, j'aperçois le village, alors je rentre doucement en effeuillant des marguerites et en faisant des poupées de coquelicots.

C'est mal vu d'aller chez les Arabes, je les regarde. Le temps de la connaissance viendra plus tard.

Le maire habite une maison blanche et rose. Son épouse est une petite bonne femme dévote, habillée de mauve et de gris, à la permanente sévère.

Il porte des guêtres, un casque colonial et un ventre important. Il est célèbre par sa liaison avec l'institutrice et ses sorties à Alger avec les danseuses. Il est respecté aussi, à cause de ses bœufs amenés de France. Les plus beaux du village.

Il fait frais dans sa maison, pleine de livres et de tableaux. J'aime bien sa façon très vieille France de m'appeler "Mademoiselle". Quand je suis retournée le voir après l'Indépendance, sa femme était morte. Il vivait avec une gouvernante autrichienne. Il ne fut pas indifférent à mes robes d'été.

Les jours suivants, mes parents se sont installés ; moi, je suis allée à la découverte.
Au fond de la cour, dans une ancienne remise à grains, il y avait une famille arabe.
Les femmes m'ont accueillie près du canoun, je m'y suis sentie bien.
Je les regardais ; partout après, j'ai retrouvé ces gestes qu'elles ont pour pétrir la galette, pour laver le linge, pour bercer un enfant.

Si j'arrivais lorsque la galette cuisait, elle m'offraient un café dans une toute petite tasse blanche. Je m'installais contre le mur en torchis.
La plus vieille surveillait la cuisson, puis prenait la galette, la cassait en deux et me l'offrait dans un torchon noué.

J'aimais le bruit de leurs bracelets, leurs mains tatouées, leurs yeux bordés de khôl, les couvertures de laine où j'allais m'étendre.
Tout cela m'était offert avec en plus la couleur du ciel, le bleu du Bougahouden, l'ocre de la terre et le cri des chacals.

[...]


 

 

algérie, virginie buissonSe procurer l'ouvrage :

L'Algérie ou la mort des autres

Virginie Buisson

2000

Folio

96 pages

http://www.amazon.fr/LAlg%C3%A9rie-mort-autres-Virginie-B...

 

 

 

jeudi, 15 mai 2014

She waits XVII - Mon émouvant amour

 

formidable,charles aznavour

 

 
http://www.youtube.com/watch?v=KCZDIeBJZzQ

 


http://www.youtube.com/watch?v=S4EEMKyjblo

 

Tu vis dans un silence éternel et muet
où je traduis tes regards et lis dans tes sourires
interprétant les mots que tes mains veulent dire
dans ton langage étrange qui semble être un ballet
Un émouvant ballet que tu règles pour moi
de gestes fascinants qui ne sont jamais les mêmes
et quand du bout des doigts tu murmures je t'aime
j'ai l'impression parfois comme entendre ta voix
Mon amour, mon amour, mon amour
mon émouvant amour, mon merveilleux amour, mon déchirant amour

Comme pour te parler, je manquais de moyens
me trouvant près de toi
comme en terre étrangère
ne pouvant me servir d'aucun vocabulaire
à mon tour j'ai appris le langage des mains
tu ris un peu de moi
quand tu vois mes efforts
car je suis maladroit
et fais souvent des gaffes
je n'ai jamais été très fort en orthographe
mais j'ai tant à te dire et je t'aime si fort

 


http://www.youtube.com/watch?v=IZwfInylSrM

 

 You see, my lover makes no sound
His language is his hands
I watch his fingers danse
And try to understand
I try to understand his elegant ballet
In my heart I can hear
The words he longs to say

And so I've learnt to speak
A language he can hear
To tell him how I feel
Whenever he is near
He lives around the block
It's just a little walk
We'll meet tonight at eight
At eight tonight we'll talk

Oh my love, oh my love,
Quiet love, quiet love
I am calm whenever you are near
And somehow I can hear
What your heart wants to say

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mercredi, 14 mai 2014

She waits XVI - Dans mon coin

 

formidable,charles aznavour

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=IxoRU9LVM6Q

 

Lui, il t'observe, du coin de l’œil
Toi, tu t'énerves, dans ton fauteuil
Lui, te caresse, du fond des yeux
Toi, tu te laisses, prendre à son jeu
Et moi, dans mon coin, si je ne dis rien
Je remarque toute chose
Et moi, dans mon coin, je ronge mon frein
En voyant venir la fin.

Lui, il te couve, fiévreusement
Toi, tu l'approuves, en souriant
Lui, il te guette, et je le vois
Toi, tu regrettes que je sois là
Et moi, dans mon coin, si je ne dis rien
Je vois bien votre manège
Et moi, dans mon coin, je cache avec soin
Cette angoisse qui m'étreint.

Lui, te regarde, furtivement
Toi, tu bavardes, trop librement
Lui, te courtise, à travers moi
Toi, tu te grises, ries aux éclats
Et moi dans mon coin, si je ne dis rien
J'ai le cœur au bord des larmes
Et moi dans mon coin, je bois mon chagrin
Car l'amour change de main.

Oh ! ... non, c'est rien... rien, peut-être un peu de fatigue seulement
Mais pas du tout, mais qu'est-ce que tu vas chercher là, au contraire
J'ai passé une excellente soirée
Oui, oui une excellente soirée.

 

07:00 Publié dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 13 mai 2014

L'Algérie I

 

algérie,virginie buisson

 

Extraits de L'Algérie ou la mort des autres, Virginie Buisson, 2000, Folio :

[...]

Mon père nous attendait à Alger, il était pâle, défait, comme  lorsqu'il est ému ou en colère.
Nous avions beaucoup de bagages et un chat dans un panier d'osier, c'était le chat de Jean-Pierre.
Nous avons fait les courses rue d'Isly. Mon père nous a montré l'hôtel Aletti, la Grande Poste, le début de la Casba et la mosquée-cathédrale.

Puis nous avons rejoint notre taxi, une traction noire. Le chauffeur était du village où nous allions, il disait que là-bas c'était calme.

Nous avons quitté la mer et roulé le long des orangeraies de la Metidja jusqu'à Larba. Ensuite, nous nous sommes engagés entre ravins et montagnes.

Mon père avait sa main posée sur son pistolet. En France, on écoutait les informations ; on entendait souvent : "Des hors-la-loi ont été mis hors de combat." Et on pensait qu'il ne devait plus en rester beaucoup.

Nous avons croisé des convois militaires ; je ne sais plus à quel endroit, j'ai vu un car renversé.
Une automitrailleuse nous a escortés dans les gorges de Sakamodi jusqu'à Tablat.
Il faisait très chaud, mes frères étaient malades, nous nous arrêtions souvent.
Je m'asseyais au bord de la route, le chauffeur m'apprenait l'Algérie, celle des gestes quotidiens : la façon d'ouvrir une orange, de prendre de l'eau dans ses mains, de se laver le visage ; je pensais à mon grand-père, à sa manière de manger des oignons et du pain, ici, c'était de la galette, mais il y avait aussi le partage.

Après quatre heures de route, nous sommes arrivés à Bir-Rabalou.

Le chef de gendarmerie nous a accueillis et nous a appris que des voyageurs européens avaient été égorgés dans un car le matin.
Puis il nous a emmenés dans notre logement : une villa à partager avec deux autres familles de gendarmes.

C'était une maison du début du siècle, au crépi jaune, au carrelage patiné, presque une ferme.

Il y avait une cheminée dans chacune des six pièces. Nous avions : une cuisine qui donnait sur la terrasse et une chambre qui s'ouvrait sur la cour de l'écurie.
Des femmes sont venues parler avec Maman, la nuit tombait, nous avons fait du feu dans la cuisine, on voyait à peine les montagnes, les arbres cachaient les maisons.

Mon père m'a emmenée à l'épicerie, elle était tout en bas du village, signalée par une lampe à pétrole.

Ces hommes emmitouflés de blanc, ces paquets roulés dans un épais papier gris, ces odeurs, tout était neuf.

J'aurais voulu rester seule, respirer et remonter doucement la rue de Bir-Rabalou, mais je commençais sans le savoir l'apprentissage de la liberté surveillée et mon père m'a ramenée à la maison.
Nous avons fait connaissance avec les voisins ; ils nous ont offert l'apéritif. Après, ils sont venus à la maison, mon père avait acheté de l'anisette et des olives à Alger.

En France, nous allions au café quand mon père rencontrait un copain de régiment, mais jamais nous n'avions eu d'apéritif chez nous.

J'aimais bien qu'il y ait du monde à la maison.

[...]

 

 

algérie, virginie buissonSe procurer l'ouvrage :

L'Algérie ou la mort des autres

Virginie Buisson

2000

Folio

96 pages

http://www.amazon.fr/LAlg%C3%A9rie-mort-autres-Virginie-B...

 

 

 

 

lundi, 12 mai 2014

She waits XV - Comme une maladie

 

formidable,charles aznavour

 

 


http://www.youtube.com/watch?v=vDKZd8pNaVU

 

Comme une maladie
Une fièvre inconnue
Soudain s'est abattue
Sur ma vie
Pour me troubler l'esprit
Pour me crever le cœur
D'une sourde douleur
Infinie
Incurable, incurable
Qui me fait peur

Comme une maladie
Comme un mal ignoré
Une langueur teintée
De folie
S'est glissée sous ma peau
M'a ôté malgré moi
L'usage de mes joies
Et des mots
Que j'avais employés,
Sans qu'ils aient effleuré
Ma pensée

J'ai perdu mes forces et mes rires
Vu pâlir l'éclat de mes yeux
Rongé par ce mystérieux
Mal qui me déchire

Comme une maladie
Qui minerait mon corps
Qu'aucune science encor
Ne guérit
M'agite et m'envahit
M'enfièvre jour et nuit
Me laisse sans espoir, sans secours
Car je suis
Incurable, incurable
De ton amour

 

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dimanche, 11 mai 2014

Si le Père vous appelle

 

Si le Père vous appelle à aimer comme Il vous aime,
Dans le feu de son Esprit, bienheureux êtes-vous !

Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance,
A lui dire son salut, bienheureux êtes-vous !

Si l'Eglise vous appelle à peiner pour le Royaume,
Aux travaux de la moisson, bienheureux êtes-vous !

Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie !
Car vos noms sont inscrits
Pour toujours dans les cieux.

Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie !
Car vos noms sont inscrits
Dans le cœur de Dieu.

Si le Père vous appelle à la tâche des Apôtres,
En témoins du seul pasteur, bienheureux êtes-vous !

Si le monde vous appelle à l'accueil et au partage
Pour bâtir son unité, bienheureux êtes-vous !

Si l'Eglise vous appelle à répandre l'Evangile
En tout point de l'univers, bienheureux êtes-vous !

 

Metro_de_Paris_-_Ligne_10_-_Cluny_-_La_Sorbonne_03.jpg
Source : wikipedia

 

cluny sorbonne, signatures, plafond, métro
Source : http://32shadesofparis.wordpress.com/

 

la-station-de-metro--cluny-la-sorbonne_254399.jpg
Source : http://www.monnuage.fr/point-d-interet/la-station-de-metr...

 

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