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mardi, 25 décembre 2012

Joyau d'amour expédié à l'impatiente - Degas, Wagner, Chaplin

Edgar Degas
Femme à sa toilette, Degas

 

> A écouter à l'infini : 06_Piste_6 - LIED.mp3

> A la 2e minute : http://www.youtube.com/watch?v=pvTXJ06Nsoc

> Cordes :  http://www.youtube.com/watch?v=SNVBXL_oKmQ

> Version piano et partition : http://www.youtube.com/watch?v=x8DAP6TghDI

 

Wagner, Tannhäuser "O Du mein holder Abendstern" (O douce étoile feu du soir)


 

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Image du film "La ruée vers l'or", Chaplin

 

lundi, 24 décembre 2012

Etymologie - Amour - Fragonard, Blake, El Greco, Rubens

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Diane et Endymion, Fragonard

 

 

Extrait de La Croix, lundi 19 novembre 2012

"Les mots pour le dire", Elodie Maurot

 

Avant de tisser lettres, poèmes ou romans autour de l'amour, toute langue est au défi de choisir les quelques mots qui incarneront l'amour...

Tout juste un mot, "amour", pour le plus grand des sentiments, la plus grande des vertus ? Qu'on ne s'y trompe pas, la langue française a hérité là d'un mot multiple, un mot-tiroir, un mot-valise, plein de sous-entendus et de nuances, où chaque époque a inscrit ses interrogations et ses certitudes. Dans l'Antiquité, il fallait une triade - éros, philia et agapè -, pour déployer toutes les couleurs de l'amour.

"L'éros est l'amour conçu comme ardent désir d'être uni à quelqu'un", souligne Monique Canto-Sperber, philosophe et directrice du Dictionnaire d'éthique et de philosophie morale (PUF). La philia, elle, désigne "une relation empreinte de réciprocité et d'estime mutuelle". Ce terme, souvent traduit par "amitié", a une portée plus large, et consiste en une affection qui se caractérise par la volonté d'entretenir avec autrui des rapports où se manifeste une certaine excellence morale. "Enfin, l'agapè, est l'amour consacré à autrui, mais autrui considéré dans sa qualité fondamentale d'être humain et un prochain. C'est un sentiment sans attente de réciprocité et d'une certaine façon indépendant de ce qu'est l'aimé."

 

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L'amour d'Adam et Eve, William Blake

 

Comment les Grecs se rapportaient-ils à ces distinctions, quels usages en faisaient-ils ? "Une chose est sûre, les Grecs et les Romains séparaient plus fortement que nous ne le faisons le plaisir du désir, répond Paul Veyne, historien de l'Antiquité. Dans l'Antiquité, le plaisir est omnisexe - ce qui explique la fréquence de l'homosexualité - alors que le désir, lui, choisit un sexe." L'amitié, de son côté, pouvait y être ardente. "Les Romains étant capables d'en faire une véritable passion, alors que cette forme d'amitié est aujourd'hui peu populaire et toujours suspecte d'homosexualité", poursuit l'historien.

Le terme agapè connaît une gloire plus tardive. On sait que son usage était connu de la littérature païenne, on le retrouve dans l'oeuvre du philosophe juif hellénisé Philon d'Alexandrie (premier siècle avant l'ère chrétienne), mais le concept connus une promotion soudaine quand les auteurs du Nouveau Testament l'adoptèrent pour désigner l'amour chrétien. Dans ce contexte, agapè - traduit par amour ou charité - désigne la vertu des vertus, comme dans l'Hymne à l'amour de la première lettre de Paul aux Corinthiens (chapitre 13) et la première épître de Jean.

C'est au XIIe siècle que va surgir le mot "amor" pour désigner l'amour. "Les médiévaux ont un vocabulaire plus pauvre que les Grecs, ils ont "amour" et "charité", point final", résume Michel Zink, spécialiste de la littérature amoureuse du Moyen Âge. Le mot "charité", qui vient du grec, via le latin, s'est rapidement spécialisé pour désigner l'amour divin et l'amour se manifestant dans les oeuvres, d'où le sens moderne de "bienfait envers les pauvres" (Petit Robert) qu'il a pris par la suite. "Cette dichotomie imposée par le vocabulaire complique la tâche des médiévaux, poursuit Michel Zink. Ils doivent sans cesse rappeler que l'amour recouvre tout, et que la vraie charité, c'est l'amour !" Dans son vocabulaire, comme dans sa réflexion, le Moyen Âge se trouve donc dans une tension. "Il est à la fois le temps de l'invention d'une poésie de la passion amoureuse, de l'éros, et la première époque chrétienne qui réfléchit, plus que jamais, sur l'amour sous toutes ses formes, y compris l'amour de Dieu et du prochain."

 

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Pieta, El Greco

 

Dans ce contexte, les auteurs du Moyen Âge n'hésitent pas à utiliser le mot amor pour qualifier l'amour humain comme l'amour divin. Le Roman de la rose, best-seller du Moyen Âge, traduit cette double polarité. Dans sa première partie, il est un chant de la passion amoureuse, irrigué par la poésie des troubadours, dont est celui qui tient la plume, Guillaume de Lorris. Dans la seconde, rédigée par Jean de Mun, un clerc et un savant, il s'oriente vers une réflexion encyclopédique et théologique qui cherche à rassembler le tout de la connaissance de l'amour. Au "jardin de Déduit", jardin du plaisir, scène du coup de foudre initial, fait pendant la "prairie de l'Agneau", paradis final où l'Amour mène paître ses élus...

Les nuances de l'amor médiéval se dévoilent dans ses usages. On le voit être distingué d' "amar", l'amour bestial. "L'amor est le bon amour, l'amour exigeant, qui n'est pas obligatoirement chaste, mais qui est maîtrisé et noble", précise Michel Zink. Quant à la poésie, dont celle de Chrétien de Troyes, elle se plaît à des jeux de mots entre le verbe aimer (amer) et ses homophones "amer" ("amertume") et "la mer", car le sentiment amoureux est ambivalent, dangereux comme une mer immense et inconnue...

Le Moyen Âge élabore dans le même temps tout un corps de doctrines précisant les qualités que doit développer celui qui aime. Il vante la "mesure", la maîtrise de soi, et "le prix" ou le mérite. "Il faut aimer de façon à ce que cela augmente votre mérite, aimer une dame qui a du prix, aimer pour avoir soi-même du prix.", explique Michel Zink. Il valorise "joi" (nom masculin), la joie et "joven", la jeunesse. "Joi, c'est à la fois la joie et l'inquiétude de l'amour, précise Michel Zink. Et joven, c'est une sorte d'énergie, c'est l'élan vital de la jeunesse. Ce n'est pas seulement une question biologique mais une question morale. C'est, pourrait-on dire, la façon de vivre la jeunesse."

 

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Samson et Dalila, Rubens

 

Aujourd'hui, que reste-t-il de cette riche palette de vocabulaire et de concepts ? Trop souvent une simple opposition entre erôs et agapè, entre l'amour plaisir et l'amour désintéressé, durcie par l'héritage du jansénisme et du puritanisme. Fruit aussi du succès d'un traité philosophique, somme toute récent, Eros et agapè (1932), publié en France après-guerre, qui exerça une profonde influence dans les milieux philosophiques et ecclésiaux. Durcissant leur différence, Anders Nygren, théologien luthérien suédois, y faisait de la confrontation entre éros et agapè la clé de lecture de l'histoire occidentale de l'amour, opposant une vision grecque de l'amour, possessive et égocentrique, à une version chrétienne, oblative et désintéressée.

[...]

 

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Eros : divinité grecque, Eros désigne le désir amoureux, désir ardent d'union avec un autre singulier et déterminé. Dans la littérature grecque, Eros est tantôt une puissance inquiétante, qui trouble la raison, paralyse la volonté, tantôt un dieu malicieux, qui se plaît au jeu de l'amour, noue les intrigues ou les dénoue...

Philia, souvent traduite par "amitié", évoque un amour éprouvé pour ses semblables, au sein d'une famille ou pour les membres d'une communauté. C'est un sentiment défini par la tendresse, la générosité et la réciprocité. Pour Aristote, "aimer", au sens de philia, "c'est souhaiter pour quelqu'un ce que nous croyons être des biens, pour lui et non pour nous".

Agapè est l'amour consacré à autrui, considéré comme un prochain, à la suite du commandement de l'Evangile : "Tu aimerais le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et avec toutes tes forces et tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Mt 22, 37-40)? L'amour du prochain va au-delà de la demande de réciprocité et entend aimer ceux qui ne pourront rendre cet amour.

 

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> Pour davantage : http://fichtre.hautetfort.com/les-mots-francais.html

 

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Sapin de Noël gourmand, Trocadéro, Paris 2012
Crédits photographiques Jana Hobeika

  

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Pralines au chaudron
Crédits photographiques Jana Hobeika

 

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Vitrine de la pâtisserie "Aux Merveilleux", rue de l'Annonciation, Paris
Crédits photographiques Jana Hobeika

 

Et d'autres jours...
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Crédits photographiques Jana Hobeika

 

vendredi, 09 novembre 2012

Le cinéma est sur la place

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Paris, le 9 novembre 2012

 

Action ! Sort de l'église un cortège funéraire,

Portant un cercueil de bois clair.

 

Le cinéma est de retour par chez moi,

Précisément sous mes fenêtres,

Et tout à fait vraiment à ma porte,

A gauche, à droite, sur toute la place et dans les rues.

 

Tout le matériel s'étale là,

Tout ce qu'il faut pour offrir un beau paraître,

Un bataillon de bras qui des caisses transporte,

Et de l'éclairage artificiel à perte de vue. 

 

Jana Hobeika

 

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tracte tournage Joséphine.pdf

 

 

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C'était au mois de mai :

> http://fichtre.hautetfort.com/archive/2012/05/19/le-cinem...

 

 

mercredi, 07 novembre 2012

Etymologie - Pendre la crémaillère

 

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Source : Direct Matin, vendredi 19 octobre 2012

 

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Etoiles de mer comestibles et cœurs tombés à l'océan un mardi 6 novembre 2012
Crédits photographiques Jana Hobeika

 

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> Pour davantage : http://fichtre.hautetfort.com/les-mots-francais.html

 

 

mardi, 09 octobre 2012

La maison de Balzac

 

balzac, maison
La maison de Balzac, 47, rue Raynouard, Paris XVIe

 

Paris, le 9 octobre 2012

 

La jolie porte verte

est enfin de nouveau ouverte.

Il était question

de démolition,

en vue de loger beaucoup de monde

dans des immeubles forcément immondes.

Une pétition avait circulé,

pour cela empêcher.

Si la jolie porte verte a été fermée un temps,

ce fut pour travaux seulement.

Et la jolie porte verte

est donc de nouveau ouverte.

 

Jana Hobeika

 

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dimanche, 30 septembre 2012

Collection d'orgues

 

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Eglise Saint-Germain-des-Prés
Crédits photographiques Jana Hobeika

 

 

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Eglise Saint-Sulpice
Crédits photographiques Jana Hobeika


 

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Basilique du Sacré-Cœur, Montmartre
Crédits photographiques Jana Hobeika

 

 

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Salle Gaveau

 

vendredi, 28 septembre 2012

Le message oublié des fleurs - Philippe Sollers

Paris, le 28 septembre 2012

 

Le   message   oublié   des   F L E U R S

 

Les belles semblent insouciantes 

Dans leurs robes guillerettes

Déployant les mille éclats de leurs couleurs étincelantes ;

 

Les belles paraissent en état silencieux,

Elles sont pourtant loin d'être muettes ;

Les fleurs sont les délicates messagères de nos cœurs amoureux.

 

Jana Hobeika

 

philippe sollers, fleurs

  

 

Extrait de Fleurs, 2006, Philippe Sollers, Herrmann Littérature :

[...] 

Les fleurs ont, paraît-il, des intentions amoureuses. Il suffit de les faire parler (et, même si ce n'est pas le cas, le récipiendaire des fleurs et une femme). Voici comment on s'exprimait au dix-neuvième siècle :

Acacia, blanc ou rosé, désir de plaire.

Amandier, douceur, bonté.

Amarante, rouge brun, amour durable, rien ne pourra me lasser.

Aubépine, prudence, restons discrets, cachons notre amour.

Azalée, bleu ou rose, joie d'aimer, heureux de vous aimer, heureux d'être aimé.

Bouton d'or, joie d'aimer.

Camélia rouge ou rose, fidélité, je vous trouve la plus belle, je suis fier de votre amour.

Clématite blanche, désir, j'espère vous toucher.

Coquelicot, ardeur fragile, aimons-nous au plus tôt.

Cyclamen rouge, jalousie, votre beauté me désespère.

Dahlia, reconnaissance, merci, merci.

Gardénia blanc, sincérité.

Genêt, préférence.

Géranium, sentiments.

Giroflée rouge brun, jaune feu, constance, je vous aime de plus en plus.

Glaïeul rose ou orange, rendez-vous, le glaïeul au centre d'un bouquet indique, par le nombre de fleurs, l'heure de la rencontre (tout cela avant le téléphone, le portable, et pour déjouer les interceptions postales).

Glycine bleu violacé, tendresse.

Hortensia, caprice.

Iris, cœur tendre.

Jacinthe, joie du cœur.

Jasmin, amour voluptueux.

Laurier-rose, triomphe.

Lilas, amitié.

Lys, pureté.

Marguerite, extrême confiance.

Myosotis, souvenir fidèle.

Narcisse, froideur.

Mimosa, sécurité, personne ne sait que je vous aime.

OEillet, admiration.

Orchidée, ferveur (et même beaucoup plus).

Pavot, désigne l'heure, et complète la signification des glaïeuls (usage inconnu en Afghanistan).

Pensée, affection.

Pervenche, mélancolie.

Pétunia, obstacle, indiscrétion, surveillance.

Pivoine, vigilance, mon amour veille sur vous, veillez sur vous.

Réséda, tendresse.

Rose, amour, rose blanche : soupir, rose rose : serment, rose thé : galanterie, rose rouge vif : passion.

Scabieuse, tristesse.

Tulipe, toutes les couleurs, déclaration d'amour.

Violette, amour caché, clandestinité, secret, ambiguïté sexuelle, unisexualité, etc.

 

Philippe, Sollers, Fleurs

Philippe Sollers

 

Impossible avec la violette, de ne pas penser au bouquet introduit par Manet dans le corsage de sa belle-sœur Berthe Morisot, elle-même fleur noire et rose au regard vif de noirceur. Du même, le bouquet de violettes, près d'un éventail, petit roman érotique.

Ou bien cette provocation ; le 1er avril 1930, à Berlin, a lieu la première du film de Sternberg, L'Ange bleu, avec Marlène Dietrich. Le soir même, elle part pour New York où elle restera jusqu'en 1960. Elle s'avance sur scène dans un manteau de fourrure blanc, l'enlève et montre, épinglé sur sa robe, dans l'entrejambe, un bouquet de violettes. Rires, photos, rideau.

Tout cela semble loin, très loin, comme d'avant le Déluge. Ces signaux, ces récits de l'oisiveté sensible, nous racontent un monde où les femmes (du moins certaines) vivaient leur vie végétale en retrait, en serre, en marge centrale, en dissimulation, et comme en attente de fécondation. On envoie encore des fleurs, bien entendu, mais sans sous-entendus. Les lys ne filent toujours pas, mais les femmes, désormais, travaillent.

Violette, beau prénom féminin. Mot étrange : viol, viole, violon, violoncelle, voile, violette. "Ô, l'Oméga, rayon de violet de ses yeux". Rimbaud, encore : "L'araignée de la haie ne mange que des violettes."

[...]

  

 

Philippe, Sollers, FleursSe procurer l'ouvrage :

Fleurs

Philippe Sollers

2006

Hermann Littérature

121 pages

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