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samedi, 06 juin 2015

Florilège latin

 

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Extrait de "Quo vadis ?", éditorial, Laurent Joffrin, Libération, jeudi 23 avril 2015 :

 

Hic et nunc, Najat Vallaud-Belkacem s'apprête à expédier ad patres le latin et le grec. Les langues mortes vont bientôt mourir. Morituri te salutant... Faut-il, devant cette décision prise ex cathedra, se contenter d'un de profundis ? Ex ante comme ex post, en aucun cas. La ministre se trompe. Errare humanum est, dira-t-on. Certes, mais perseverare diabolicum... 

Ex abrupto, on croit que ces langues sont surtout prisées des élites, qu'elles servent surtout à désigner arbitrairement le nec plus ultra de la méritocratie, à se débarrasser du vulgum pecus. Notre enquête, de visu, tend à montrer le contraire. Outre qu'elles font vivre tant bien que mal - fluctuat nec mergitur - le souvenir utile des avantages de la pax romana, où les ethnies différentes accédèrent à la citoyenneté - e pluribus unum - elles sont aussi un exercice qui tend à mieux former les élèves, mutatis mutandis, à la pratique des langues en général.

Les réformes sont bienvenues et on ne saurait se contenter en tous temps du statu quo. Les programmes ne sauraient être reconduits ne varietur. Mais la tabula rasa n'est pas une politique. La protestation ad hoc des profs de grec et de latin est convaincante. Les missi dominici de la modernité n'ont pas toujours raison. Ni veto ni quiproquo : les langues mortes doivent survivre, le débat viendra ensuite. Primo vivere, deinde philosophare. La ministre entendra-t-elle l'appelle d'un passé honorable ? Alea jacta est.

 

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